Luana Carolina : une carrière en péril après un nouveau fiasco pondéral
Le monde du MMA retient son souffle ce vendredi 19 juillet 2025, alors que l'UFC Londres est ébranlé par un énième scandale de poids. Luana Carolina, combattante brésilienne de 31 ans, a une fois de plus échoué à respecter les limites pondérales imposées par l'organisation. Avec un poids enregistré de 144 livres – soit 8 livres au-dessus de la limite des poids coq (135 lbs) –, son combat contre Melissa Mullins a été purement et simplement annulé. Une décision qui sonne comme un coup de massue pour une athlète dont la carrière au sein de l'UFC est désormais en sursis.
Ce n'est malheureusement pas la première fois que Carolina défraie la chronique pour des problèmes de poids. En 2023, elle avait déjà manqué deux pesées dans la catégorie des poids mouches (125 lbs), avec des écarts de 2,5 et 3 livres. Plus récemment, en mars 2025, son combat contre Montana De La Rosa avait été annulé après qu'elle eut brillé par son absence aux pesées officielles. Selon Mike Heck, journaliste spécialisé chez MMA Fighting, un membre de l'équipe de De La Rosa avait alors révélé que Carolina "n'arrivait même pas à se rapprocher à moins de cinq livres des 126 livres requises". Des déclarations qui jettent une lumière crue sur l'ampleur de ses difficultés à gérer son poids.
Pourtant, en septembre 2024, Carolina avait semblé tirer les leçons de ses échecs en remontant dans la catégorie des poids coq pour affronter Michelle Montague à l'UFC Perth. Une décision qui s'était soldée par une défaite aux points, mais qui avait au moins permis d'éviter un nouveau scandale pondéral. Las, son retour dans cette catégorie n'aura été qu'un feu de paille : avec ce nouvel échec, son avenir au sein de l'UFC apparaît plus incertain que jamais.
Les coulisses d'une annulation : entre régulation et impuissance de l'UFC
L'annulation du combat Carolina-Mullins n'est pas seulement une question de discipline individuelle : elle révèle les limites structurelles de l'UFC face aux récidivistes du poids. Melissa Mullins, qui avait elle-même manqué deux pesées par le passé, a cette fois-ci respecté les règles en se présentant à 136 livres – soit dans la marge d'une livre autorisée pour les combats non-titrés. Pourtant, c'est bien son combat qui a été annulé, une décision motivée par des "raisons réglementaires" selon le communiqué officiel de l'UFC.
Cette situation met en lumière un paradoxe récurrent dans le MMA : comment concilier flexibilité pour les athlètes et crédibilité pour le sport ? Les règles actuelles permettent une marge d'erreur d'une livre pour les combats non-titrés, mais cette tolérance se retourne souvent contre l'organisation lorsque des combattantes comme Carolina en abusent. "Le problème, c'est que l'UFC n'a pas vraiment de levier pour sanctionner ces athlètes au-delà de l'annulation des combats", explique un ancien responsable de la commission athlétique du Nevada, sous couvert d'anonymat. "Les amendes existent, mais elles sont rarement appliquées, et les suspensions pour problèmes de poids sont quasi inexistantes."
Pourtant, des solutions existent. Certaines organisations, comme l'Invicta FC, imposent des pesées surprises en amont des événements officiels, ou des contrats de poids qui engagent financièrement les athlètes à respecter leurs limites. L'UFC, de son côté, semble privilégier une approche plus réactive, comme en témoigne la récente introduction de pesées supplémentaires pour les combattantes à risque. Mais face à des cas comme celui de Carolina, ces mesures apparaissent comme des pansements sur une jambe de bois.
La question se pose désormais avec acuité : l'UFC doit-elle durcir ses règles, au risque de perdre des athlètes talentueuses mais indisciplinées ? Ou continuer à tolérer ces écarts, au prix d'une image écornée et de combats annulés à la dernière minute ? Une chose est sûre : avec quatre incidents en deux ans, Luana Carolina pourrait bien servir de cas d'école pour repenser la gestion du poids dans le MMA.
Movsar Evloev vs. Lerone Murphy : un duel de titans pour le trône des poids plumes
Alors que le scandale Carolina-Mullins monopolise l'attention, l'UFC Londres propose un combat bien plus réjouissant en tête d'affiche : l'affrontement entre Movsar Evloev (146 lbs) et Lerone Murphy (145 lbs), deux poids plumes invaincus qui se disputent une place au sommet de la catégorie. Evloev, actuel n°2 du classement MMA Fighting Global Rankings, affiche un palmarès impressionnant de 18 victoires sans défaite, dont 12 sous la bannière UFC. Murphy, n°6 du même classement, n'est pas en reste avec 15 victoires et aucune défaite, et une série de 10 succès consécutifs depuis ses débuts dans l'organisation.
Ce combat s'annonce comme un véritable choc des styles. Evloev, originaire de la République d'Ingouchie (Russie), est réputé pour son grappling destructeur et sa capacité à dominer ses adversaires au sol. Murphy, quant à lui, mise sur une boxe précise et un jeu de jambes élégant pour tenir ses adversaires à distance. "C'est un combat qui va définir la hiérarchie des poids plumes pour les années à venir", analyse le commentateur français Benjamin Sarfati. "Si Murphy l'emporte, il s'impose comme un prétendant sérieux au titre. Si Evloev gagne, il devient le challenger n°1 incontestable."
Les enjeux dépassent largement le cadre sportif. Pour Evloev, une victoire serait l'aboutissement d'une ascension fulgurante dans les rangs de l'UFC, lui qui a débuté sa carrière en tant que remplaçant de dernière minute. Pour Murphy, c'est l'occasion de prouver qu'il mérite sa place parmi l'élite, après des débuts difficiles marqués par deux défaites en 2019. "Je me suis entraîné comme jamais pour ce combat", a déclaré Murphy lors de la conférence de presse d'avant-combat. "Evloev est un monstre, mais je suis prêt à tout pour lui prendre sa place."
Au-delà des individualités, ce duel illustre aussi l'évolution tactique des poids plumes. Longtemps dominée par des athlètes comme Alexander Volkanovski ou Max Holloway, adeptes d'un striking agressif, la catégorie voit émerger une nouvelle génération de combattants plus complets, capables de mêler boxe, lutte et jiu-jitsu. Evloev et Murphy en sont les parfaits représentants : le premier avec son grappling implacable, le second avec son approche plus technique et calculée.
Les poids coq en crise : pourquoi les combattantes peinent-elles à faire le poids ?
Le cas de Luana Carolina n'est malheureusement pas isolé. Ces dernières années, les problèmes de poids se sont multipliés dans la catégorie des poids coq féminins (135 lbs), au point de devenir un fléau récurrent pour l'UFC. En 2024, pas moins de 12 combats ont été annulés ou modifiés en raison de pesées ratées, un chiffre en hausse constante depuis 2020. Mais pourquoi cette catégorie semble-t-elle particulièrement touchée ?
Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. D'abord, la coupure de poids (le processus de déshydratation extrême avant la pesée) est particulièrement difficile à gérer pour les femmes, dont la masse graisseuse est naturellement plus élevée que celle des hommes. "Les combattantes ont moins de marge de manœuvre pour perdre du poids rapidement", explique Dr. Emily Kraus, spécialiste en médecine sportive à l'Université de Stanford. "Une déshydratation trop agressive peut avoir des conséquences graves sur leur santé, notamment au niveau hormonal et cardiovasculaire."
Ensuite, la catégorie des poids coq est l'une des plus compétitives de l'UFC, avec un réservoir de talents toujours plus profond. Résultat : les athlètes sont souvent contraintes de descendre d'une catégorie pour affronter des adversaires à leur mesure, au risque de se retrouver en difficulté lors des pesées. "Beaucoup de combattantes passent des poids mouches aux poids coq pour avoir plus d'opportunités, mais elles sous-estiment la difficulté de la transition", souligne Julie Kedzie, ancienne combattante UFC et analyste pour ESPN. "Le corps ne s'adapte pas du jour au lendemain."
Enfin, il y a un problème culturel au sein du MMA féminin. Pendant des années, les combattantes ont été incitées à descendre en catégorie pour affronter des adversaires plus légères, dans l'espoir de décrocher des combats plus médiatisés. Cette pratique, encouragée par les promoteurs, a créé une norme toxique où le poids devient un enjeu de performance plutôt qu'un critère de santé. "On a longtemps fermé les yeux sur ces problèmes parce que les combats étaient plus excitants", reconnaît un ancien cadre de l'UFC. "Aujourd'hui, on paie le prix de cette négligence."
Face à cette crise, l'UFC a commencé à prendre des mesures. En 2023, l'organisation a introduit des pesées supplémentaires pour les athlètes à risque, ainsi que des contrôles médicaux renforcés avant les combats. Certaines combattantes, comme Amanda Nunes ou Valentina Shevchenko, ont également plaidé pour la création d'une nouvelle catégorie de poids entre les poids coq et les poids plumes (145 lbs), afin de réduire la pression sur les athlètes. Mais pour l'instant, ces initiatives restent insuffisantes pour endiguer le phénomène.
UFC Londres : les autres combats à ne pas manquer
Si l'annulation du combat Carolina-Mullins et le duel Evloev-Murphy volent la vedette, la carte de l'UFC Londres regorge d'autres affrontements prometteurs. Voici les combats à suivre de près :
Michael Page vs. Sam Patterson (171 lbs) : Le "Venom" Page, star britannique du MMA, affronte un adversaire coriace en la personne de Sam Patterson. Page, connu pour son style spectaculaire et ses KO dévastateurs, tentera de rebondir après une défaite controversée contre Kevin Holland en 2024. Patterson, quant à lui, arrive avec une série de trois victoires consécutives et une détermination sans faille. "Je sais que tout le monde attend un KO, mais je suis là pour gagner, pas pour faire le spectacle", a-t-il déclaré.
Nathaniel Wood vs. Losene Keita (146 lbs) : Wood, ancien champion des poids coq de la Cage Warriors, affronte Keita dans un duel de poids plumes. Wood, qui a récemment remonté dans cette catégorie, cherche à prouver qu'il peut rivaliser avec les meilleurs. Keita, invaincu en 12 combats, représente un test de taille pour le Britannique. "Je me sens plus fort et plus rapide que jamais", a assuré Wood lors de la pesée.
Roman Dolidze vs. Christian Leroy Duncan (186 lbs) : Dolidze, spécialiste du grappling, affronte Duncan dans un combat de poids moyens. Dolidze, qui a récemment battu Marvin Vettori par KO, cherche à confirmer son statut de prétendant au titre. Duncan, quant à lui, arrive avec une série de quatre victoires et une réputation de combattant explosif. "Je veux montrer au monde que je mérite ma place parmi l'élite", a-t-il déclaré.
Enfin, le combat entre Mason Jones et Axel Sola (156 lbs) promet d'être un feu d'artifice. Jones, connu pour son striking puissant, affronte Sola, un combattant complet qui a récemment battu Joe Duffy. "Je suis prêt à tout donner pour offrir un spectacle mémorable", a promis Jones.
Malgré l'absence de Carolina et Mullins, l'UFC Londres s'annonce donc comme un événement riche en émotions, avec des combats à tous les étages. Reste à savoir si les organisateurs sauront tirer les leçons de ce nouveau scandale pondéral pour éviter que de telles situations ne se reproduisent à l'avenir.
L'UFC Londres restera dans les mémoires comme l'événement où Luana Carolina a une fois de plus franchi la ligne rouge, scellant peut-être définitivement son sort au sein de l'organisation. Son cas, bien que extrême, n'est que la partie émergée d'un iceberg bien plus large : celui d'un sport où la gestion du poids reste un défi permanent, tant pour les athlètes que pour les promoteurs. Alors que l'UFC tente de trouver des solutions, une question persiste : jusqu'où les combattants sont-ils prêts à aller pour respecter les limites, et à quel prix ?
Sur le plan sportif, le duel Evloev-Murphy a rappelé que le MMA reste avant tout un sport de haut niveau, où talent et détermination font la différence. Mais derrière les performances, c'est toute la crédibilité de l'organisation qui est en jeu. Entre scandales pondéraux et annulations de dernière minute, l'UFC doit impérativement repenser sa gestion des catégories de poids, sous peine de voir son image se dégrader davantage.
Enfin, cet événement a mis en lumière les défis spécifiques auxquels sont confrontées les combattantes, notamment dans les catégories intermédiaires. Si l'UFC veut éviter de nouveaux fiascos comme celui de Carolina, elle devra prendre des mesures radicales : pesées surprises, contrats de poids, voire la création de nouvelles catégories. Une chose est sûre : le statu quo n'est plus une option.

