Gautier Ateba Abega : l’ascension fulgurante d’un phénomène
1 minute 41. C’est le temps qu’il a fallu à Gautier Ateba Abega pour réduire Treston Vines en miettes lors de l’UFC 320. À seulement 23 ans, le Français d’origine camerounaise, formé au prestigieux Manchester Top Team, a offert une masterclass de strike en enchaînant elbows et ground-and-pound avec une précision digne d’un vétéran. Son palmarès parle pour lui : 9 victoires, 8 par KO/TKO, dont 7 en moins d’un round. Une statistique qui rappelle étrangement les débuts d’un certain Israel Adesanya, autre prodige devenu champion du monde.
Ce qui frappe chez Gautier, c’est son explosivité et sa capacité à lire les ouvertures en un clin d’œil. Contre Vines, il a exploité la moindre faille : un crochet du gauche pour déséquilibrer, suivi d’une descente en enfer avec des coups de coude qui ont forcé l’arrêt de l’arbitre. "Je savais qu’il allait tomber tôt ou tard. J’ai juste attendu le bon moment", a-t-il déclaré, sobre, après le combat. Une maturité rare pour son âge, qui laisse présager un avenir radieux.
Son entraîneur, Michael Bisping (ancien champion UFC), n’y va pas par quatre chemins : "Gautier a le potentiel pour dominer cette division. Il a tout : la puissance, la technique, et surtout, une intelligence de combat hors norme". Prochaine étape ? Un adversaire classé dans le Top 15 d’ici 2025. Les fans de MMA ont déjà coché son nom dans leur calendrier.
Daniel Santos : l’arme secrète brésilienne
Moins sous les projecteurs que ses compatriotes comme Charles Oliveira ou Alex Pereira, Daniel Santos (30 ans, Chute Boxe) est pourtant en train de s’imposer comme l’un des punchers les plus redoutables des poids légers. Sa victoire en 21 secondes contre Joo Sang Yoo – un crochet du gauche suivi d’une volée de directs – porte son bilan à 4 victoires d’affilée en UFC, avec un taux de finition ahurissant : 86% (12 KO/TKO en 14 combats).
Ce qui rend Santos si dangereux, c’est sa capacité à masquer ses intentions. Son lunging left hook (un crochet du gauche en avancée) a déjà envoyé deux adversaires au tapis en carrière, dont un KO en 9 secondes en 2022. "Je ne cherche pas le KO, mais quand je vois l’ouverture, je frappe sans hésiter", explique-t-il. Une philosophie qui paie : ses adversaires n’ont souvent même pas le temps de réaliser ce qui leur arrive.
Avec ce style, Santos pourrait bien devenir le cauchemar des grapplers du Top 15. Son prochain combat sera un test : affrontera-t-il un adversaire classé, comme Rafael Fiziev ou Mateusz Gamrot ? Une chose est sûre : quiconque sous-estime ce Brésilien discret le paiera cash.
"Le Mur" polonais : Jakub Wiklacz résiste et domine
Face à Patrick Mix, un vétéran du grappling, Jakub Wiklacz a prouvé que la technique polonaise était bien vivante. Malgré un troisième round difficile, où Mix a tenté de le soumettre à plusieurs reprises, Wiklacz a su garder son sang-froid et imposer son jeu : des front kicks répétitifs au corps, des elbows dévastateurs en clinch, et une gestion du tempo digne d’un champion.
Son passage en montée au premier round a été décisif : une série d’elbows depuis la position dominante a marqué les juges, lui valant un score de 29-28. "Je savais qu’il allait essayer de m’emmener au sol, alors j’ai travaillé mes frappes au corps pour le ralentir", a-t-il confié. Une stratégie payante, qui prolonge sa série à 8 combats sans défaite en UFC.
Ancien roi du KSW (16 défenses de titre en Europe de l’Est), Wiklacz a confirmé son adaptation à l’Octogone. Son prochain défi ? Peut-être un duel contre Merab Dvalishvili ou Petr Yan, deux des meilleurs grapplers des poids coqs. Un combat qui promettrait des étincelles.
Shahbazyan : le retour du "Golden Boy"
Edmen Shahbazyan a longtemps été présenté comme le futur visage des middleweights. Après des passages en dents de scie (notamment une défaite face à Derek Brunson en 2020), le combattant de 26 ans a rappelé pourquoi on l’appelait le "Golden Boy" en écrasant Andre Muniz en 4 minutes 58.
Malgré un takedown concédé en fin de round, Shahbazyan a retourné la situation avec un crochet du gauche derrière l’oreille, suivi d’une pluie d’elbows en ground-and-pound. Une 13ᵉ finition en premier round de sa carrière (16 victoires, 11 avant la limite), qui relance sa dynamique. "J’ai travaillé dur pour revenir plus fort. Ce KO, c’est pour tous ceux qui ont cru en moi", a-t-il lancé, ému, après le combat.
Son style, mêlant boxe explosive et défense au sol améliorée, pourrait lui valoir un adversaire classé prochainement. Jack Hermansson ou Roman Dolidze ? Les options ne manquent pas. Pour Muniz, en revanche, c’est la 4ᵉ défaite en 5 combats… Son avenir dans l’élite de la division est désormais incertain.
Dans les coulisses de l’UFC 320 : ce que vous n’avez pas vu
Saviez-vous que Gautier Ateba Abega avait failli rater son vol pour Abu Dhabi ? Une erreur administrative dans son visa a été résolue in extremis, à 48h du combat. "J’ai cru que j’allais devoir me battre depuis mon canapé", a-t-il plaisanté en conférence de presse.
Autre anecdote : Daniel Santos a célébré sa victoire en appelant sa mère au Brésil… depuis la cage. "Elle me dit toujours de ne pas trop frapper, alors je lui ai montré que je sais aussi gagner vite", a-t-il raconté, sourire aux lèvres.
Enfin, Jakub Wiklacz a révélé avoir étudié 15 heures de vidéos de Patrick Mix pour préparer ce combat. "Je savais qu’il allait essayer de me soumettre, alors j’ai travaillé mes sorties de prise avec mon coach chaque jour pendant 3 mois". Un travail qui a payé.

