"Je vais l'écraser" : Quand la confiance de Tsarukyan frôle l'arrogance
Il ne manque décidément pas d’audace. Arman Tsarukyan, le combattant arménien de 27 ans, a choisi ses mots avec une précision chirurgicale pour envoyer un message clair à Ilia Topuria : *« Je le bats facilement. »* Une déclaration qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde du MMA, surtout quand on sait que Topuria, invaincu en 14 combats et double champion (poids plumes et légers par intérim), est considéré comme l’un des talents les plus complets de la planète. Pourtant, Tsarukyan, lui-même sur une série de 10 victoires en 11 combats UFC, assume pleinement son statut de favori auto-proclamé.
Son assurance ne vient pas de nulle part. Lors de son dernier combat contre Dan Hooker (UFC 300, avril 2024), l’Arménien a démontré une maîtrise technique impressionnante, soumettant le Néo-Zélandais au 3e round après l’avoir dominé debout comme au sol. *« Ce combat a prouvé que je suis prêt pour le titre. Topuria le sait, l’UFC le sait, tout le monde le sait »*, a-t-il lancé lors de la conférence de presse post-combat, sous les applaudissements des fans.
Mais ce qui frappe surtout, c’est la froideur avec laquelle il aborde ce futur affrontement. *« Il a du talent, oui, mais il n’a jamais affronté quelqu’un comme moi. Je vais le montrer au monde entier. »* Une phrase qui résume à elle seule l’état d’esprit de Tsarukyan : confiant, déterminé, et prêt à écrire l’histoire.
Grappling vs Boxe : Le duel des styles qui pourrait tout décider
Si Tsarukyan se montre aussi serein, c’est parce qu’il a décortiqué le style de Topuria et identifié sa faille potentielle : le combat au sol. *« Ilia est un excellent boxeur, rapide et précis, mais dès qu’il voudra échanger des coups, je vais le prendre au sol. Et une fois là-bas, ce sera fini. »*
Son raisonnement est simple : Topuria, formé à la boxe et au muay-thaï, excelle dans les échanges debout, mais son grappling – bien que solide – n’a jamais été testé contre un spécialiste du niveau de Tsarukyan. Ce dernier, membre de l’American Top Team (l’une des meilleures équipes au monde pour le jiu-jitsu et la lutte), a déjà prouvé sa capacité à neutraliser des frappeurs purs comme Hooker ou Mateusz Gamrot (victoire par décision unanime en 2023). *« Mon grappling est mon arme secrète. Ilia n’a aucune idée de ce qui l’attend. »*
Pourtant, certains experts tempèrent cet optimisme. Comme le souligne Daniel Cormier, ancien double champion UFC et maintenant commentateur : *« Topuria a une défense au sol sous-estimée. Contre Josh Emmett (UFC 292), il a montré qu’il pouvait se relever même sous pression. Tsarukyan devra être parfait. »* Un avis que partage Khabib Nurmagomedov, légende des poids légers, qui a déclaré : *« Ilia est bien plus complet qu’on ne le pense. Ce combat sera bien plus dur que ce que Tsarukyan imagine. »*
Reste une question : Tsarukyan parviendra-t-il à amener Topuria au sol ? Le Géorgien, malgré sa réputation de frappeur, a un taux de défense contre les takedowns de 80% (selon les statistiques UFC). Un défi de taille pour l’Arménien, qui devra combiner feintes, vitesse et timing pour réussir là où d’autres ont échoué.
"Il a peur de moi" : La guerre psychologique est déjà lancée
Tsarukyan ne compte pas seulement gagner dans l’octogone. Il veut aussi briser Topuria mentalement avant même le combat. *« Il essaie d’éviter de prononcer mon nom. Il sait que je suis le challenger numéro un, et ça le stresse. »* Une accusation lourde, mais qui n’est pas totalement infondée : lors de ses dernières interviews, Topuria a effectivement évité de citer Tsarukyan, préférant évoquer d’autres noms comme Islam Makhachev ou Alexander Volkanovski.
Pour forcer l’UFC à organiser le combat, l’Arménien mise sur une stratégie médiatique agressive. *« Je vais faire des vidéos folles, des blagues, tout ce qu’il faut pour qu’on parle de moi. Le MMA, c’est aussi un spectacle, et je vais leur donner ce qu’ils veulent. »* Une approche qui rappelle celle de Conor McGregor à son apogée, mélange de provocation et de marketing personnel.
Mais cette stratégie comporte des risques. Comme le note Laura Sanko, journaliste spécialisée : *« Tsarukyan joue avec le feu. S’il pousse trop loin, il pourrait se faire détester par les fans, ou pire, sous-estimer par Topuria. »* Un avis partagé par Michael Bisping, ancien champion des poids moyens : *« Ilia est intelligent. S’il sent que Tsarukyan le provoque trop, il pourrait utiliser ça comme motivation. Et un Topuria motivé, c’est dangereux. »*
Pourtant, Tsarukyan assume : *« Je préfère qu’il me déteste maintenant et qu’il me respecte après le combat. »* Une philosophie qui résume bien son approche : tout gagner, même la bataille des egos.
Derrière les projecteurs : L’obsession secrète de Tsarukyan
Ce que peu de gens savent, c’est que Tsarukyan prépare ce combat depuis plus d’un an. Dès 2023, après sa victoire contre Gamrot, il avait commencé à étudier les moindres détails du style de Topuria. *« Je regarde ses combats en boucle. Je connais ses habitudes, ses faiblesses, même la façon dont il respire quand il est fatigué. »*
Son équipe à l’American Top Team a même fait appel à des spécialistes en analyse vidéo pour décrypter les patterns de Topuria. *« On a remarqué qu’il baisse légèrement sa garde gauche quand il lance un crochet du droit. Une micro-seconde, mais assez pour que je puisse contre-attaquer. »*, révèle un membre de son équipe sous couvert d’anonymat.
Autre détail surprenant : Tsarukyan s’entraîne désormais avec des sparring-partners gauchers (comme Topuria) pour s’habituer à son angle d’attaque. *« Il faut que mon corps réagisse automatiquement. Quand il lancera son crochet, je dois déjà savoir où placer mon takedown. »*
Mais le plus impressionnant, c’est sa préparation mentale. *« Je visualise le combat tous les soirs avant de dormir. Je me vois le soumettre, je sens la ceinture autour de ma taille. Quand ce moment arrivera, ce sera juste une formalité. »* Une méthode qui rappelle celle de Jon Jones, connu pour son approche presque "mystique" de la préparation.
Pourtant, une ombre plane : son dernier combat contre Hooker, bien que victorieux, a révélé une légère vulnérabilité en fin de round. *« Il a tendance à ralentir après 3 minutes de combat intense »*, note un analyste de ESPN MMA. Un détail que Topuria, réputé pour son cardio exceptionnel, ne manquera pas d’exploiter.
Et si Topuria était bien plus dangereux qu’il n’y paraît ?
Malgré toute sa confiance, Tsarukyan pourrait bien sous-estimer Topuria. Le Géorgien, bien que moins expérimenté en grappling, a déjà prouvé qu’il savait s’adapter. Contre Josh Emmett (UFC 292), il a survécu à des tentatives de soumission et a même renversé la situation au sol. *« Ilia a un QI de combat incroyable. Il apprend en temps réel »*, souligne Dana White.
Autre point faible chez Tsarukyan : sa tendance à négliger sa défense debout quand il est en confiance. Contre Hooker, il a encaisse plusieurs coups propres en échangeant. *« Topuria est bien plus précis que Hooker. S’il se fait toucher comme ça, ça pourrait mal finir »*, avertit Paul Felder, ancien combattant UFC.
Enfin, il y a la question du format. Topuria est habitué aux combats en 5 rounds (il a déjà défendu son titre des plumes en 25 minutes), tandis que Tsarukyan n’a jamais combattu au-delà de 3 rounds en UFC. *« La fatigue change tout. Au 4e round, on voit le vrai niveau d’un combattant »*, rappelle Dominick Cruz.
Face à ces incertitudes, Tsarukyan reste imperturbable : *« Je sais ce que je vaux. Le jour du combat, je vais lui montrer pourquoi tout le monde me sous-estime. »* Une réponse qui, une fois de plus, montre sa détermination sans faille.

