UFC Vegas 110 : le TKO qui a tout changé
46 secondes. C’est le temps qu’il a fallu à Steve Garcia pour envoyer David Onama au tapis lors de l’UFC Vegas 110, le 1ᵉʳ juin 2024. Un TKO aussi rapide qu’implacable, qui a scellé sa 19ᵉ victoire en carrière – et surtout, qui a déclenché une déclaration de guerre. Dès la fin du combat, Garcia n’a pas hésité : "Je veux Max Holloway. Je veux ce titre BMF. Donnez-moi ce combat, et je vais choquer le monde." Des mots qui résonnent comme un coup de semonce dans la division des plumes.
Ce n’est pas la première fois que Garcia, 30 ans, fait parler de lui pour son style offensif. Avec 15 victoires par KO ou TKO sur ses 19 succès, il détient l’un des taux de finition les plus élevés de l’UFC. Son approche ? Une pression constante, des enchaînements explosifs, et une capacité à sentir le moment où l’adversaire flanche. Contre Onama, il a une fois de plus prouvé qu’il ne recule jamais. "Je ne cherche pas les décisions. Je veux détruire, point final," avait-il confié en conférence de presse. Une philosophie qui plaît aux fans, mais qui pose question face à un adversaire comme Holloway.
Pourtant, derrière cette agressivité se cache une intelligence tactique souvent sous-estimée. Garcia a su adapter son jeu contre Onama, évitant les échanges risqués pour frapper là où ça fait mal. Son coach, Eric Nicksick (également entraîneur de Sean O’Malley), insiste : "Steve n’est pas qu’un bourreau. Il lit les combats comme peu de gens." Un atout crucial si le combat contre Holloway voit le jour.
Max Holloway : le mur infranchissable ?
Affronter Max Holloway, c’est affronter une légende. Ancien champion des plumes, détenteur du record du plus grand nombre de victoires en UFC (25), et surtout, un combattant connu pour son volume de frappe inégalé et son endurance surhumaine. Holloway, 32 ans, a survécu à des guerres épiques contre des noms comme Alexander Volkanovski (à trois reprises), Brian Ortega, ou encore Conor McGregor. Son style, basé sur une cadence folle et une résistance à toute épreuve, a brisé plus d’un prétendant.
Alors, Garcia a-t-il une chance ? Les statistiques donnent raison à la prudence : Holloway a une moyenne de 10,5 coups significatifs par minute (l’un des meilleurs ratios de l’UFC), et une défense solide malgré son approche offensive. À l’inverse, Garcia, bien que puissant, a déjà montré des failles face à des adversaires capables de gérer la distance – comme lors de sa défaite contre Calvin Kattar en 2022.
"Garcia a le punch pour mettre K.O. n’importe qui, mais Holloway n’est pas n’importe qui," analyse Daniel Cormier, commentateur et ancien double champion UFC. "Max a une chin en acier et une expérience que Steve n’a pas encore. Ce serait un suicide tactique de sous-estimer son endurance." Un avis partagé par d’autres experts, qui soulignent que Garcia devra perfectionner sa gestion d’énergie s’il veut tenir trois rounds contre Holloway.
"Je ne reculerai pas" : la réponse de Garcia aux sceptiques
Conscient des doutes, Garcia assume pleinement son ambition. "On me dit que c’est trop tôt, que je devrais attendre. Mais moi, je sens que c’est maintenant. Je ne veux pas être un gars qui attend sa chance – je veux la prendre," a-t-il déclaré sur ESPN MMA. Une détermination qui rappelle celle des grands champions, prêts à sauter dans l’arène avant même que le public ne les y attende.
Son argument ? Le titre BMF ("Baddest Motherf*cker") n’est pas qu’une ceinture – c’est une reconnaissance de style, de mental, et de spectacle. Et Garcia en a, du spectacle. Ses combats sont parmi les plus regardés de l’UFC, avec une moyenne de plus de 800 000 téléspectateurs par événement. "Les fans veulent me voir contre Holloway. Dana White veut des combats qui vendent. Alors pourquoi attendre ?" lance-t-il, faisant référence au président de l’UFC, connu pour privilégier les affrontements médiatisés.
Derrière cette confiance affiché se cache aussi un travail acharné. Depuis sa défaite contre Kattar, Garcia a peaufiné son jeu au sol avec des spécialistes comme Henry Cejudo, et amélioré sa condition physique pour tenir la distance. "Je ne suis plus le même combattant. Holloway va le découvrir," promet-il.
Le scénario idéal… et les risques
Si l’UFC accepte ce combat, le scénario est simple : un choc de styles explosif. D’un côté, Garcia, avec sa puissance et son agressivité, cherchera à terminer le combat tôt. De l’autre, Holloway, maître du "volume striking", tentera d’user son adversaire pour le dominer en fin de rounds. Les bookmakers, déjà, donnent Holloway favori (cote à 1.65 contre 2.20 pour Garcia), mais les surprises existent – surtout quand un combattant a "rien à perdre".
Une victoire de Garcia serait un séisme. Non seulement il entrerait dans le top 5 des plumes, mais il deviendrait instantanément l’homme à battre dans la division. À l’inverse, une défaite pourrait le renvoyer plusieurs rangs en arrière, avec la réputation d’un "trop pressé". "C’est un pari risqué, mais c’est ça, le MMA. Parfois, il faut sauter dans le vide pour voler," philosophie Joe Rogan, commentateur historique de l’UFC.
Reste une question : l’UFC osera-t-il organiser ce combat ? Avec Ilia Topuria (champion actuel des plumes) et Alexander Volkanovski (en convalescence), la division est en pleine recomposition. Un Garcia vs. Holloway pour le titre BMF pourrait être la solution parfaite pour maintenir l’intérêt – d’autant que Holloway, après sa récente défaite contre Topuria, cherche un combat de rebond spectaculaire.
Derrière les gants : l’homme qui veut écrire sa légende
Peu de gens le savent, mais Steve Garcia a failli abandonner le MMA après une série de défaites en début de carrière. "J’avais 22 ans, je travaillais la nuit comme videur, et je me demandais si ça valait le coup. Puis j’ai rencontré mon équipe actuelle, et tout a changé," confie-t-il. Aujourd’hui, il s’entraîne à Xtreme Couture à Las Vegas, aux côtés de stars comme Francis Ngannou (avant son départ) ou Sean O’Malley.
Son surnom, "The Gentleman", vient de son attitude en dehors de l’octogone : poli, respectueux, presque timide. "Je ne cherche pas les clashs. Mais quand je monte dans la cage, je deviens un autre homme," explique-t-il. Une dualité qui intrigue – et qui pourrait bien devenir sa marque de fabrique si le combat contre Holloway a lieu.
Son rêve ? "Que les gens se souviennent de moi comme d’un gars qui n’a jamais reculé. Qui a osé affronter les meilleurs, même quand tout le monde disait que c’était impossible." Avec Holloway en ligne de mire, il est sur le point de prouver qu’il ne bluffe pas.

