"La Maison-Blanche ? Très peu pour moi" : le refus sans appel de Rousey
L’annonce a fait l’effet d’une douche froide pour les fans de MMA : Ronda Rousey, invitée sur le *Lapsed Fan Podcast*, a balayé d’un revers de main l’hypothèse d’un combat à la Maison-Blanche. *« Je n’ai pas l’intention de combattre là-bas »*, a-t-elle déclaré avec son franc-parler habituel, avant d’ajouter, malicieuse : *« Après le match de l’année avec Mike Tyson [contre Jake Paul], on ne dit jamais jamais… mais pas là. »* Une réponse qui en dit long sur son état d’esprit.
Pourtant, l’idée d’un tel événement avait de quoi faire rêver. Imaginer l’ancienne reine de l’UFC, pionnière du combat féminin, fouler le sol de la résidence présidentielle pour un retour en grande pompe… Les promoteurs en salivaient d’avance. Mais Rousey, elle, a d’autres chats à fouetter. *« J’ai mieux à faire »*, assène-t-elle, avant de lâcher sa désormais célèbre punchline : *« Mon gosse a besoin de pâtes. »* Une phrase qui, sous ses airs anodins, scelle son désintérêt pour les feux de la rampe.
Ce refus tranche avec l’attitude d’autres légendes du sport. Conor McGregor, par exemple, ne cache pas son envie de marquer l’Histoire dans un cadre aussi prestigieux. Même son de cloche du côté de Jon Jones, qui, malgré une année 2023 quasi blanche (un seul combat), cherche désespérément un adversaire à la hauteur de son statut. Rousey, elle, semble avoir tourné la page. Ou presque…
Entre les fourneaux et les gants : le dilemme d’une icône
Depuis sa défaite cingleante face à Amanda Nunes en décembre 2016 (un KO en 48 secondes lors de l’UFC 207), Ronda Rousey n’a plus jamais enfilé ses gants de combative. Pourtant, elle n’a jamais officiellement annoncé sa retraite. Un flou artistique qui alimente les spéculations à chaque vidéo d’entraînement postée sur ses réseaux sociaux. En 2021, des images la montrant s’entraîner au judo (sa discipline d’origine) avaient ainsi fait bondir les fans. En vain.
Car aujourd’hui, la vie de Rousey s’articule autour de deux pôles : sa famille et la WWE. Mariée à l’ancien combattant Travis Browne, mère de deux filles, elle assume un quotidien bien éloigné des cages de l’UFC. *« Je ne veux plus vivre comme avant »*, confiait-elle en 2022 à *ESPN*, évoquant les sacrifices extrêmes de sa carrière. Pourtant, son nom reste associé à une révolution : celle du MMA féminin, qu’elle a portée à bout de bras (et de *armbars*) entre 2012 et 2015.
Son refus de la Maison-Blanche n’est donc pas un simple caprice. C’est l’aboutissement d’une réflexion mûrie, celle d’une femme qui a tout donné au sport et qui, aujourd’hui, choisit de se recentrer. *« Je ne veux pas que mes filles grandissent en voyant leur mère se faire cogner dessus pour de l’argent »*, avait-elle un jour expliqué. Une position qui force le respect, surtout dans un milieu où les retours improbables (à l’image de ceux de Brock Lesnar ou Daniel Cormier) sont monnaie courante.
"Les pâtes avant les KO" : quand Rousey réinvente le statut de légende
Il y a quelque chose de profondément subversif dans le choix de Ronda Rousey. Dans un univers où les athlètes sont souvent jugés à l’aune de leurs performances et de leur capacité à "revenir", elle ose dire non. Non aux millions de dollars potentiels d’un combat à la Maison-Blanche. Non à la tentation d’un dernier feu d’artifice médiatique. Non, surtout, à l’idée que sa valeur dépendrait d’un retour dans l’Octogone.
Pourtant, les exemples de combatives ayant fait des come-back tardifs ne manquent pas. Holly Holm, 42 ans, enchaîne encore les combats. Cris Cyborg, 38 ans, domine toujours la division des poids plumes. Même Amanda Nunes, qui a pris sa retraite en 2023, a longtemps hésité avant de raccrocher. Rousey, elle, semble avoir tranché. *« Je ne veux plus être cette personne »*, avait-elle confié à *Sports Illustrated* en 2020, évoquant son passé de "machine à gagner".
Son refus prend aussi une dimension politique. La Maison-Blanche, symbole du pouvoir américain, est un lieu chargé d’Histoire. Y combattre aurait été un geste fort, presque patriotique. Mais Rousey, qui a pourtant incarné l’excellence sportive des États-Unis (médaille de bronze en judo aux JO de 2008), préfère rester à l’écart. *« Je ne suis plus dans cette dynamique »*, résume-t-elle. Une façon de rappeler que les légendes, parfois, s’écrivent en dehors des projecteurs.
Et si le vrai combat de Rousey était ailleurs ?
Alors, que reste-t-il de Ronda Rousey en 2024 ? Une mère de famille, une ancienne star de la WWE, une icône dont le nom résonne encore dans les salles de sport du monde entier. Ses vidéos d’entraînement, aussi brèves soient-elles, font toujours vibrer la communauté MMA. Preuve que son aura reste intacte, même sans combat.
Son refus de la Maison-Blanche pourrait bien être son dernier coup d’éclat. Un coup d’éclat silencieux, mais puissant : celui d’une femme qui, après avoir tout dominé, ose dire *« stop »*. *« Je ne veux plus être définie par mes combats »*, avait-elle déclaré en 2021. Aujourd’hui, elle le prouve. Et si c’était ça, la vraie victoire ?
Reste une question : et si, un jour, l’appel de la cage devenait trop fort ? *« On ne dit jamais jamais »*, avait-elle glissé en évoquant Mike Tyson. Mais pour l’heure, une chose est sûre : à la maison Rousey-Browne, ce sont les pâtes qui remportent le combat.
Rousey vs. Nunes : le combat qui a tout changé (et qu’elle n’a jamais digéré)
Pour comprendre le refus catégorique de Ronda Rousey, il faut revenir à ce 30 décembre 2016. Ce soir-là, au T-Mobile Arena de Las Vegas, l’inconcevable se produit : Amanda Nunes, alors challenger, pulvérise la reine incontestée en 48 secondes. Un KO brutal, suivi d’un regard vide, presque hagard, de Rousey vers les caméras. *« Ce soir, Amanda était simplement meilleure »*, avait-elle murmuré en conférence de presse, les larmes aux yeux.
Ce combat, c’était bien plus qu’une défaite. C’était la fin d’une ère. Celle d’une athlète invaincue (12-0 avant ce revers), qui avait porté le MMA féminin sur ses épaules. *« Après ce KO, j’ai réalisé que je ne voulais plus vivre comme ça »*, confiera-t-elle plus tard. Les mois qui suivront seront ceux d’une remise en question profonde. *« Je me suis demandée : ‘Qui suis-je, sans le MMA ?’ »*
Aujourd’hui, cinq ans après ce choc, Rousey semble avoir trouvé sa réponse. Elle est une mère, une épouse, une femme d’affaires (avec sa marque de vêtements, *Ronda Rousey’s Respect*), et surtout, une légende qui n’a plus rien à prouver. *« Je ne veux pas que mes filles voient leur mère se faire battre à la télé »*, avait-elle expliqué en 2022. Une phrase qui résume tout : son combat, désormais, se livre ailleurs.

