Un main event en péril : les exigences de Costa font dérailler les plans de l'UFC
L’**UFC Vancouver**, prévu pour le 22 juin 2024, a failli perdre son clash principal quand **Anthony Hernandez** a déclaré forfait pour raisons médicales. La promotion s’est alors tournée vers **Paulo Costa**, un nom qui fait toujours vibrer les fans malgré ses récents déboires. Problème : le Brésilien, surnommé Borrachinha, n’a pas accepté les termes standards. Il exigeait un combat en catchweight (195 lbs, soit 8 lbs au-dessus de la limite des middleweights) et une limite à trois rounds – une demande inacceptable pour un main event, traditionnellement disputé en cinq manches.
**Reinier de Ridder**, contacté en urgence, n’a pas mâché ses mots. Dans une interview accordée à MMA Junkie, le Néerlandais a critiqué vertement l’attitude de Costa : "Si l’UFC te propose une tête d’affiche, tu fermes ta bouche et tu signes. Point final." Une déclaration qui résume sa philosophie : un vrai combattant ne négocie pas, il relève le défi. Avec un palmarès récent incluant des victoires contre **Gerald Meerschaert** (KO au 1er round), **Bo Nickal** (décision unanime), et **Kevin Holland** (soumission), de Ridder (17-3) incarne cette éthique du "sans concession".
À l’inverse, **Paulo Costa** (14-3) sort d’une victoire in extremis contre **Roman Kopylov** en mars 2024 – un succès qui a stoppé une série de deux défaites face à **Robert Whittaker** et **Sean Strickland**. Mais son approche prudente, déjà visible en 2021 quand il avait imposé un catchweight contre **Marvin Vettori**, interroge. D’autant que son prochain combat, prévu contre **Sharabutdin Magomedov** à l’UFC Qatar, a été annulé en raison d’une opération nasale de ce dernier. Une malchance pour Costa, mais aussi un nouveau signe de son incapacité à enchaîner les combats sans conditions particulières.
"Un combattant ne dicte pas les règles" : la réponse cinglante de de Ridder
La réaction de **Reinier de Ridder** n’est pas seulement une question de principe – c’est aussi une stratégie. À 33 ans, le Néerlandais sait que chaque combat compte pour conserver sa place dans le top 10 des middleweights. Accepter un catchweight ou un format réduit aurait pu être perçu comme un signe de faiblesse, alors qu’il vise des adversaires comme **Israel Adesanya** ou **Dricus Du Plessis**.
Dans une vidéo postée sur ses réseaux, de Ridder a enfoncé le clou : "Paulo veut un combat en trois rounds ? Très bien, qu’il aille en co-main event. Moi, je mérite cinq rounds, et je les aurai." Une déclaration qui a résonné comme un défi lancé à toute la division. D’autant que son adversaire de dernière minute, **Brendan Allen** (23-5), a immédiatement accepté les termes standards – un geste salué par les fans et les analystes.
**Allen**, 11e au classement UFC, arrive avec une série de trois victoires, dont un submission spectaculaire contre **Bruno Silva** en juin 2023. Moins médiatique que Costa, il représente pourtant un danger réel pour de Ridder, notamment au sol où il excelle en Brazilian Jiu-Jitsu. "Je ne suis pas là pour négocier, je suis là pour gagner", a-t-il déclaré à ESPN MMA, résumant l’état d’esprit qui plaît tant à de Ridder.
Costa dans la tourmente : entre prudence et déclin sportif
Le refus de **Paulo Costa** soulève des questions sur son avenir. Après avoir dominé la division en 2019-2020 (avec des KO contre **Yoel Romero** et **Uriah Hall**), le Brésilien semble désormais en retrait. Ses deux défaites contre **Whittaker** et **Strickland** ont révélé des lacunes en endurance et en stratégie, tandis que sa victoire contre Kopylov, bien que méritoire, n’a pas convaincu les sceptiques.
Son insistance pour des combats en catchweight ou en trois rounds alimente les critiques. "Paulo a peur de perdre à nouveau, et il cherche des échappatoires", a estimé l’analyste **Daniel Cormier** sur ESPN. Une accusation lourde, mais étayée par les faits : depuis 2021, Costa n’a combattu qu’une fois par an, avec des clauses spéciales à chaque fois. À 33 ans, l’urgence est pour lui de retrouver un rythme régulier – sous peine de sortir définitivement du top 15.
L’annulation de son combat contre **Magomedov** (en raison de la chirurgie nasale de ce dernier) aggrave la situation. Sans adversaire en vue, Costa risque de voir l’UFC lui tourner le dos, d’autant que des jeunes loups comme **Bo Nickal** ou **Khamzat Chimaev** montent en puissance. "Soit il accepte les règles du jeu, soit il disparaît", résume un promoteur sous couvert d’anonymat.
UFC Vancouver : un tournant pour de Ridder et Allen
Alors que **Paulo Costa** reste dans l’incertitude, **Reinier de Ridder** et **Brendan Allen** s’apprêtent à livrer un combat qui pourrait redéfinir le paysage des middleweights. Pour de Ridder, une victoire claire serait un message fort envoyé à la division : "Je suis prêt pour les cinq rounds, et je domine qu’importe l’adversaire."
**Allen**, de son côté, a tout à gagner. Une performance convaincante contre un top 10 comme de Ridder le propulserait vers les sommets – peut-être même vers un combat d’élimination pour le titre. "Je n’ai pas peur de Reinier. Je sais qu’il est dangereux debout, mais je vais le ramener au sol et lui montrer ce que signifie un vrai grappler", a-t-il promis lors de la conférence de presse.
Les enjeux dépassent le simple classement. Ce combat est aussi une **bataille de philosophies** : d’un côté, l’approche "sans filet" de de Ridder ; de l’autre, la prudence calculée de Costa, désormais incarnée par Allen comme contre-exemple. "Dans ce sport, tu ne choisis pas tes combats. Tu les prends, et tu donnes tout. Sinon, tu finis oublié", rappelle l’entraîneur **Firas Zahabi**, qui a coaché des légendes comme **Georges St-Pierre**.
Derrière les coulisses : les négociations qui ont fait trembler l'UFC
Peu de fans le savent, mais les négociations entre l’UFC et **Paulo Costa** ont frôlé le scandale. Selon des sources proches de la promotion, le Brésilien aurait initialement demandé un **catchweight à 200 lbs** – soit 15 lbs au-dessus de la limite des middleweights ! Une exigence immédiatement rejetée par **Dana White**, qui aurait menacé de le retirer de la carte si il persistait.
"Paulo a cru qu’il pouvait dicter ses termes parce qu’il est un 'draw' [attraction]. Mais l’UFC a besoin de combats crédibles, pas de caprices", révèle un initié. Finalement, Costa a réduit ses prétentions à 195 lbs, mais le mal était fait : **Reinier de Ridder** avait déjà refusé toute discussion, et **Brendan Allen** était dans les starting-blocks.
Autre détail croustillant : **Anthony Hernandez**, forfait pour Vancouver, aurait en réalité souffert d’une blessure au genou bien plus grave que annoncé. Des rumeurs évoquent une indisponibilité de **6 à 8 mois**, ce qui explique pourquoi l’UFC a dû se tourner vers des solutions de dernière minute. Une aubaine pour Allen, qui préparait déjà un combat contre **Chris Curtis** avant que l’opportunité ne se présente.
Et maintenant ? Les scénarios possibles pour Costa et de Ridder
Pour Reinier de Ridder :
- Victoire contre Allen → Un pas de plus vers un combat d’élimination pour le titre, probablement contre **Dricus Du Plessis** ou **Jared Cannonier**.
- Défaite → Un recul dans le classement, mais une revanche possible grâce à son style spectaculaire.
Pour Paulo Costa :
- Retour en septembre → L’UFC pourrait lui proposer un combat contre **Jack Hermansson** ou **Brad Tavares**, des adversaires moins exigeants.
- Refus des conditions standards → Risque de voir son contrat non renouvelé, comme ce fut le cas pour **Randy Brown** en 2022 après des négociations similaires.
- Changement de division → Une montée en light heavyweight (205 lbs) est évoquée, mais la concurrence y est féroce (avec des noms comme **Jamahal Hill** ou **Jan Blachowicz**).

