Tokyo sous le choc : ONE 173, une soirée où les légendes se sont réinventées
Le 16 novembre 2025 restera gravé dans les annales des sports de combat. ONE 173: Superbon vs. Noiri, organisé dans l’Ariake Arena de Tokyo, a tenu toutes ses promesses : un mélange explosif de MMA, de Muay Thaï, de kickboxing et de grappling, où chaque combat semblait plus intense que le précédent. Dès les préliminaires, le public a été traité à une succession de performances dominatrices, de retours inattendus et de victoires qui ont fait trembler les fondations de plusieurs divisions. Mais c’est bel et bien les stars locales et internationales qui ont volé la vedette, transformant cette soirée en un véritable festival d’émotions et de technique.
Avec quatre titres mondiaux en jeu plus tard dans la soirée, les combats préliminaires avaient une saveur particulière : celle d’une scène où les prétendants devaient marquer les esprits pour espérer monter dans la hiérarchie. Et ils l’ont fait. Entre les KO foudroyants, les soumissions techniques et les décisions unanimes, ONE 173 a prouvé une fois de plus pourquoi la franchise est devenue la référence absolue en matière de spectacles de combat en Asie – et bien au-delà.
Takeru Segawa : le "Natural Born Krusher" de retour en force
Si un combat a électrisé l’Ariake Arena dès les premières minutes, c’est bien celui de Takeru Segawa. Le triple champion K-1, absent des rings depuis plusieurs mois, a fait un retour fracassant sous la bannière ONE Championship. Face à Denis Puric, un adversaire redoutable mais moins expérimenté, Takeru a imposé un rythme infernal dès le premier round. Ses enchaînements de coups de poing et de pied, d’une précision chirurgicale, ont envoyé Puric au tapis à quatre reprises en seulement deux rounds. L’arbitre n’a eu d’autre choix que d’arrêter le combat à 2:49 du deuxième round, offrant à Takeru une victoire par TKO – et une prime de 50 000 $ pour la "Performance de la Soirée".
"Je voulais montrer au monde que je suis toujours là, et que le kickboxing japonais est plus fort que jamais", a déclaré Takeru après sa victoire, sous les ovations d’un public en délire. Ce succès marque un tournant dans sa carrière : après des années de domination au K-1, il prouve qu’il peut aussi briller sur la scène internationale de ONE Championship. Une question persiste désormais : qui osera affronter ce monstre de puissance et de technique ?
Yuki Yoza vs. Superlek : quand la stratégie écrase la réputation
Il y avait un avant et un après ce combat. Yuki Yoza, ancien champion K-1, avait face à lui l’un des frappeurs les plus redoutés de la planète : Superlek, une machine à KO réputée pour sa puissance et son agressivité. Pourtant, contre toute attente, c’est le Japonais qui a dicté le tempo pendant trois rounds. Avec des coups de pied dévastateurs et une défense quasi imparable, Yoza a déstabilisé Superlek à chaque échange. Les juges n’ont eu aucun doute : victoire à l’unanimité pour Yoza, qui porte désormais son palmarès à 22 victoires pour seulement 2 défaites.
Cette performance n’est pas seulement une victoire, c’est une déclaration de guerre. Après la défaite de son coéquipier Takeru face à Rodtang en 2024, Yoza a pris sa revanche symbolique en dominant un autre Thaïlandais de haut niveau. "Je voulais prouver que le style japonais peut rivaliser avec le Muay Thaï, et même le surpasser", a-t-il lancé, visiblement ému. Avec cette victoire, les portes d’un combat pour le titre mondial des coqs en kickboxing s’ouvrent grandes. Et si Yoza parvenait à décrocher la ceinture, il deviendrait le premier Japonais à réaliser cet exploit sous la bannière ONE.
Marat Grigorian : l’expérience qui défie le temps
À 34 ans, Marat Grigorian n’est plus à présenter. Triple champion du monde de kickboxing Glory, le combattant arménien a une fois de plus prouvé que l’expérience compte plus que l’âge. Face à Rukiya Anpo, triple champion K-1 et idole locale, Grigorian a livré une masterclass. Pendant trois rounds, il a martelé son adversaire avec des coups de corps dévastateurs et des enchaînements d’une précision diabolique. Les juges ont été unanimes : Grigorian l’emporte et consolide son statut de prétendant n°1 pour un troisième assaut vers le titre mondial des plumes en kickboxing.
"Je ne suis pas venu ici pour perdre. Je veux ce titre, et je ferai tout pour l’obtenir", a-t-il déclaré, le regard déterminé. Avec un record de 69 victoires pour 14 défaites, Grigorian envoie un message clair à la division : il n’a pas fini de faire parler de lui. Son prochain combat pourrait bien être pour la ceinture, et si c’est le cas, les fans peuvent s’attendre à un spectacle explosif. Car Grigorian ne sait pas faire autrement : il frappe fort, il frappe vite, et il ne recule jamais.
Nabil Anane et Tye Ruotolo : la relève du grappling frappe un grand coup
Si le kickboxing et le Muay Thaï ont dominé les conversations, le grappling n’a pas été en reste. Nabil Anane, jeune prodige marocain, a une fois de plus impressionné en soumettant son adversaire en moins de deux minutes. Sa technique au sol, d’une fluidité rare, a laissé les spectateurs bouche bée. "Je veux être le meilleur, et je travaille chaque jour pour y parvenir", a-t-il confié, modeste malgré l’exploit.
De son côté, Tye Ruotolo, déjà considéré comme l’un des meilleurs grapplers de sa génération, a confirmé son statut en dominant un adversaire bien plus expérimenté. Sa victoire par soumission a été saluée par les experts comme l’une des plus techniques de la soirée. "Le grappling est un art, et je veux le porter au plus haut niveau", a-t-il déclaré, sous les applaudissements nourris du public.
Ces deux athlètes représentent l’avenir de la discipline. Leurs performances à ONE 173 ont non seulement captivé les fans, mais aussi attiré l’attention des promoteurs. Un combat entre eux deux ? L’idée fait déjà saliver les amateurs de jiu-jitsu et de submission wrestling.
Derrière les projecteurs : les coulisses d’un événement historique
Ce que le public ne voit pas, c’est l’énorme travail en amont pour organiser un tel spectacle. Dès 5h du matin, les équipes de ONE Championship étaient sur le pont pour finaliser les derniers préparatifs. Les combattants, eux, avaient commencé leur camp d’entraînement des semaines, voire des mois à l’avance. Takeru Segawa, par exemple, s’est isolé dans les montagnes japonaises pour peaufiner sa condition physique et sa technique. "J’ai tout donné, chaque jour, pour être prêt", a-t-il confié.
Et puis, il y a ces moments magiques, improvisés. Comme lorsque Yuki Yoza et Superlek se sont croisés dans les coulisses avant leur combat. Un regard, un hochement de tête, et chacun est reparti se concentrer. Pas de trash-talk, pas de provocation – juste deux guerriers prêts à en découdre. "C’est ça, le respect dans les sports de combat", a commenté un membre de l’équipe de ONE.
Enfin, il y a eu cette ambiance électrique dans l’arène. Les fans japonais, connus pour leur passion et leur fair-play, ont porté leurs idoles tout au long de la soirée. Les chants, les drapeaux, les cris de soutien – tout cela a créé une atmosphère unique, presque palpable. "C’est pour ça que je me bats", a murmuré Takeru, les yeux brillants, après sa victoire.
Et maintenant ? Les conséquences de ONE 173 sur les divisions
Les répercussions de ONE 173 se feront sentir pendant des mois, voire des années. Dans le kickboxing, Yuki Yoza est désormais en pole position pour un combat de titre. Une victoire contre le champion en titre, Chingiz Allazov, le propulserait au sommet de la division des coqs. De son côté, Marat Grigorian pourrait bien obtenir sa chance pour un troisième règne mondial, surtout si Superbon (qui affronte Noiri plus tard dans la soirée) conserve sa ceinture.
En grappling, Nabil Anane et Tye Ruotolo ont envoyé un message fort : ils sont prêts à dominer leur discipline. Un affrontement entre les deux pourrait être organisé en 2026, et ce serait sans doute l’un des combats les plus attendus de l’année. "Je suis prêt à affronter n’importe qui, n’importe quand", a lancé Ruotolo, défiant presque son jeune rival marocain.
Enfin, pour les fans japonais, cette soirée a été bien plus qu’un simple événement sportif. C’est une fierté nationale qui a été célébrée, avec des athlètes comme Takeru et Yoza portant haut les couleurs du pays. "Nous avons montré au monde entier que le Japon est une puissance dans les sports de combat", a déclaré un responsable de la fédération japonaise de kickboxing. Et après ONE 173, difficile de le contredire.
Tokyo a vibré, les légendes ont frappé, et les étoiles montantes ont brillé. ONE 173 n’était pas qu’un événement, c’était un tremblement de terre dans le paysage des sports de combat. Entre les retours triomphaux, les victoires stratégiques et les performances qui défient l’imaginable, cette soirée a tout eu. Les combats de titres à venir ne feront que confirmer ce que tout le monde sait déjà : ONE Championship est aujourd’hui la vitrine incontournable des arts martiaux, où chaque combat peut écrire l’histoire. Et si Takeru, Yoza ou Grigorian décrochent bientôt une ceinture mondiale, une chose est sûre : le monde entier sera aux aguets. Car après une soirée comme celle-ci, plus rien ne sera jamais comme avant.

