"Je vais le casser" : Morales assume son ambition face à Prates
Quand Michael Morales monte dans l’Octogone, quelque chose a changé. Ce n’est plus le jeune combattant prometteur qui découvrait l’UFC en 2021 – c’est un homme déterminé, conscient de sa force, et surtout, affamé. Après son KO retentissant contre Sean Brady à l’UFC 322 le 2 mars 2024, où il a envoyé son adversaire au tapis d’un crochet du gauche d’une précision chirurgicale, Morales a envoyé un message clair à la division : "Je suis là pour rester, et je veux tout rafler."
Pourtant, avant de rêver à la ceinture, un obstacle se dresse : Michel Prates. Le Brésilien, 7ᵉ mondial et spécialiste du jiu-jitsu, représente un défi de taille. Mais Morales, jamais à court de confiance, a déjà tranché : "Prates est un bon combattant, mais je vais le dominer. Ce combat, c’est une formalité avant le vrai objectif." Une déclaration qui en dit long sur son état d’esprit. Contrairement à beaucoup, il ne cache pas ses ambitions – il les clame haut et fort.
Son coach, Fernando Lopez (ancien entraîneur de Georges St-Pierre), tempère cependant : "Michel Prates n’est pas un adversaire à prendre à la légère. Il a soumis 6 de ses 12 victoires, et son grappling est redoutable. Michael devra être parfait." Un avis que partage l’analyste Daniel Cormier, qui souligne : "Si Morales sous-estime Prates, il pourrait se faire surprendre. Mais s’il garde cette même intensité que contre Brady… ça pourrait être un massacre."
Alors, bluff ou réalité ? Une chose est sûre : Morales n’a pas l’intention de jouer la prudence. "Je ne suis pas là pour faire des combats serrés. Je veux des KOs, des performances qui marquent. Prates va comprendre ça très vite."
UFC 322 : Le KO qui a tout changé
Revenons en arrière. 2 mars 2024, UFC 322, Las Vegas. Morales entre en favori léger face à Sean Brady, un grappler réputé invaincu jusqu’alors. Les pronostics sont serrés, mais personne ne s’attend à ce qui va suivre.
Dès les premières secondes, Morales impose son rythme. Un low kick pour tester la distance, puis BAM – un crochet du gauche qui atterrit pile sur la tempe de Brady. L’Américain s’écroule comme une masse. 3 minutes et 17 secondes : c’est le temps qu’il aura fallu à Morales pour sceller son destin. La foule explose, Dana White bondit de son siège, et les réseaux sociaux s’embrasent : "Le KO de l’année !", "Morales est le futur champion !"
Mais au-delà de la performance, c’est la maturation tactique de Morales qui impressionne. Là où il était autrefois critiqué pour son manque de défense au sol, il a cette fois-ci évité les prises, géré la distance à la perfection, et surtout, frappe avec une précision diabolique. "J’ai travaillé mon jeu de jambes avec un ancien boxeur cubain, explique-t-il. Maintenant, je frappe là où ça fait mal, et je sors avant qu’on puisse me toucher."
Les statistiques confirment cette évolution :
- 85% de précision sur ses coups significatifs contre Brady (contre 62% en moyenne avant 2024).
- 0 tentative de soumission subie (alors qu’il en avait encaissé 3 dans ses 5 combats précédents).
- 100% de réussite sur ses takedowns défensifs (4/4).
Des chiffres qui font de lui l’un des strikeurs les plus dangereux de la division. Et qui donnent du crédit à ses ambitions face à Makhachev.
Prates, Makhachev… et après ? La feuille de route de Morales
Si tout se passe comme prévu, Michael Morales vs. Michel Prates devrait avoir lieu en septembre 2024, probablement en tête d’affiche d’un UFC Fight Night en Europe (Paris ou Londres sont évoqués). Un combat qui, sur le papier, oppose deux styles radicalement différents :
- Morales : Strikeur explosif, jeu de jambes ultra-rapide, puissance dans les poings.
- Prates : Grappler technique, spécialiste des soumissions (6 victoires par tapout), endurance à toute épreuve.
Pour Morales, la clé sera d’éviter le sol à tout prix. "Je ne vais pas me laisser entraîner dans son jeu. Si je le touche proprement en debout, il ne tiendra pas 5 minutes." Une stratégie risquée, mais qui a fait ses preuves contre Brady. À l’inverse, Prates mise sur sa capacité à "user" ses adversaires : "Morales est fort, mais il gaspille beaucoup d’énergie. Je vais le faire courir, et quand il sera fatigué… je le soumettrai."
Mais au-delà de Prates, c’est bien Islam Makhachev qui hante les pensées de Morales. Le champion, invaincu depuis 2019, semble intouchable avec son grappling de niveau olympique et sa maîtrise du combat au sol. Pourtant, Morales voit une faille : "Il n’a jamais affronté quelqu’un comme moi. Quelqu’un qui frappe aussi fort ET qui bouge aussi vite. Les gros welters comme Edwards ou Covington l’ont mis en difficulté en debout. Moi, je vais le finir."
Un optimisme qui divise. Khabib Nurmagomedov, mentor de Makhachev, a réagi sur Instagram : "Morales est bon, mais il ne connaît pas la pression d’un combat pour le titre. Islam va le briser mentalement avant même le premier round." À l’inverse, Tyron Woodley (ancien champion des poids mi-moyens) voit en Morales "le seul qui peut vraiment menacer Makhachev" : "Sa puissance + son mental = un cocktail explosif."
Reste une question : Morales sera-t-il patient ? Car même avec une victoire contre Prates, Leon Edwards (champion intérimaire) et Colby Covington sont devant lui dans la course au titre. "Je ne vais pas attendre indéfiniment, prévient-il. Si l’UFC ne me donne pas ma chance d’ici mi-2025, je vais devoir forcer les choses… peut-être en changeant de division." Une menace à peine voilée envers Dana White.
Dans les coulisses : La préparation secrète de Morales
Pour affronter Prates, puis visuellement Makhachev, Morales a radicalement changé sa préparation. Exit les entraînements classiques – place à une méthode "hybride", mélangeant :
- Boxe cubaine (avec Yuriorkis Gamboa, médaillé d’or olympique).
- Jiu-jitsu "anti-grappler" (technique développée par John Danaher pour contrer les spécialistes du sol).
- Préparation mentale avec un ancien SEAL américain pour gérer la pression.
Mais le plus surprenant ? Son régime alimentaire. Morales a adopté un régime "cétogène cyclique", alternant phases de glucides et phases sans sucre pour optimiser son énergie. "Je pèse 84 kg en dehors des combats, mais le jour J, je suis à 100% de mes capacités sans perdre en puissance. C’est un énorme avantage."
Autre détail intriguant : il s’entraîne désormais avec un casque de réalité virtuelle pour simuler les combats. "Je revois mes erreurs en 3D, comme si j’y étais. Ça change tout." Une technologie encore rare dans le MMA, mais qui pourrait faire la différence.
Enfin, Morales a recruté un sparring-partner surprise : Benoît Saint-Denis, le Français montant des poids légers. "Il a un style similaire à Makhachev, explique Morales. Si je peux le dominer en sparring, je saurai que je suis prêt pour le vrai combat."
Et si tout dérape ? Les risques d’une ascension trop rapide
Malgré son assurance, Morales n’est pas à l’abri d’un échec. Une défaite contre Prates le renverrait directement hors du Top 10, et anéantirait ses espoirs de titre à court terme. "Le MMA est un sport impitoyable, rappelle son manager. Un mauvais jour, et tout peut s’écrouler."
De plus, certains observateurs pointent un manque d’expérience contre l’élite. Avant Brady, ses adversaires étaient soit des vétérans en fin de carrière (Santiago Ponzinibbio), soit des combattants en reconstruction (Adam Fugitt). Prates sera son premier vrai test contre un Top 10.
Enfin, il y a la pression médiatique. Depuis l’UFC 322, Morales est sous les projecteurs. Sponsors, interviews, réseaux sociaux… Une exposition qui peut distraire. "Je gère ça comme un pro, assure-t-il. Mais oui, c’est nouveau pour moi. Avant, je pouvais me concentrer à 100% sur l’entraînement. Maintenant, il faut apprendre à dire non."
Pour Ariel Helwani, journaliste MMA, le vrai danger est ailleurs : "Morales a un ego énorme. S’il sous-estime Prates, il va se faire punir. Et dans ce sport, une seule erreur suffit."
À suivre en septembre 2024 – le combat qui pourrait tout changer.

