Un no-contest qui arrange bien Jon Jones
L’UFC 321 restera dans les annales pour son final controversé : un no-contest entre Tom Aspinall et Ciryl Gane, provoqué par un coup de doigt involontaire. Pourtant, pour Mike Perry – figure emblématique du BKFC et promoteur de Dirty Boxing –, ce résultat inattendu a un gagnant inattendu : Jon Jones. L’ancien champion des poids lourds, officiellement à la retraite depuis mars 2024, voit son héritage renforcé par les incertitudes de ses anciens rivaux.
Perry, jamais avare de provocations, y voit une preuve supplémentaire de la suprématie de Jones : "Quand tes deux principaux prétendants ne parviennent même pas à se départager, comment pourraient-ils prétendre à ton trône ?"*. Une question rhétorique qui résume son analyse.
Gane vs Jones : un KO qui pèse encore lourd
Pour étayer son propos, Perry revient sur le duel entre Jones et Gane à l’UFC 285, en mars 2023. Un combat qui s’était soldé par une victoire éclair de "Bones" – un étranglement en 1 minute et 55 secondes. "Ciryl est un excellent combattant, mais Jon l’a démonté en moins de temps qu’il n’en faut pour faire chauffer un café"*, lance Perry, non sans ironie.
Selon lui, cette performance reste un marqueur indépassable : "Même avec un an de plus et une retraite annoncée, personne n’a prouvé qu’il pouvait faire mieux. Aspinall ? Il n’a même pas eu l’occasion de le tenter." Perry rappelle que Jones a dominé la division pendant plus de vingt ans, un record absolu qui, à ses yeux, le place au-dessus des débats actuels.
Aspinall dans la tourmente : stratégie ou abandon ?
La décision de Tom Aspinall de ne pas reprendre le combat après le coup de doigt a suscité des critiques virulentes. Certains y ont vu un abandon déguisé, d’autres une faiblesse mentale. Perry, lui, prend la défense du Britannique : "Les gens qui jugent Aspinall n’ont jamais mis les pieds dans l’octogone. Un coup comme ça, ça peut briser une carrière. Prendre soin de sa santé, c’est aussi ça, être un professionnel."
Il compare la situation à celle de Diego Sanchez, contraint à l’arrêt après un coup interdit en 2016 : "Personne n’a traité Sanchez de lâche. Alors pourquoi Aspinall ? Parce qu’il est champion ? Les standards changent selon les noms, et c’est ça, le problème." Pour Perry, cette polémique révèle surtout l’hypocrisie du milieu – et accessoirement, l’absence de vrai successeur à Jones.
"Bones" Jones : l’ombre qui plane toujours sur les lourds
Au-delà des débats techniques, Perry insiste sur l’aura psychologique de Jones. "Ce type a terrifié une génération de combattants. Même à la retraite, son nom suffit à faire douter les autres. Gane l’a vécu, Aspinall le vit… Et les autres ? Ils attendent leur tour."
Il évoque aussi les polémiques qui ont émaillé la carrière de Jones (dopage, comportements hors octogone) pour mieux les relativiser : "Oui, il a eu des problèmes. Mais montre-moi un champion parfait. Ce qui compte, c’est ce qu’il a accompli dans la cage. Et là, personne ne rivalise."
Perry conclut avec une comparaison audacieuse : "Jon Jones, c’est le Mike Tyson des années 2010-2020. Un mélange de talent pur, de mental d’acier et d’un physique adapté à toutes les époques. Les autres ? Ils jouent dans une autre catégorie."
Le paradoxe Jones : retired but still reigning
Ironie de l’histoire : Jon Jones a officiellement raccroché les gants en mars 2024, après une dernière victoire contre… Ciryl Gane. Pourtant, son nom revient systématiquement dans les discussions sur les poids lourds. Pour Perry, c’est la preuve ultime de son statut de GOAT (Greatest Of All Time) : "Quand tu domines une division au point que ton absence crée un vide, c’est que tu as marqué l’histoire."
Il souligne aussi que les prétendants actuels – Aspinall, Gane, ou même Stipe Miocic – peinent à s’imposer durablement : "Regardez les résultats : no-contest, défaites, blessures… Jones, lui, a régné pendant deux décennies. La comparaison s’arrête là."
Et de lancer une prédiction : "Si Jon décidait de revenir demain, il serait favori contre n’importe qui. Même à 37 ans. Ça, c’est la marque d’une légende."
Derrière les projecteurs : le Jones que peu connaissent
Perry, qui a croisé Jones à plusieurs reprises, révèle un aspect méconnu du champion : sa préparation mentale obsessionnelle. "Avant un combat, Jon s’isolait pendant des semaines. Pas de réseaux sociaux, pas de distractions. Juste lui, ses coachs, et une focus à toute épreuve. Les autres parlent de 'zone', lui, il y vivait."
Il évoque aussi son rôle de mentor auprès de jeunes combattants, loin des caméras : "Il passe des heures à analyser des vidéos avec des débutants. Pas pour l’argent, pas pour la gloire… Juste par passion. Ça, les médias n’en parlent jamais."
Une facette qui, selon Perry, explique pourquoi Jones reste respecté malgré les controverses : "Les gens voient le showman, mais pas l’homme derrière. Et c’est ça qui fait les vraies légendes."
Que l’on partage ou non son avis, une chose est sûre : tant que la division des poids lourds cherchera son nouveau roi, l’ombre de "Bones" continuera de planer. Et ça, même un coup de doigt malencontreux ne pourra pas l’effacer.

