Jon Jones n’y est pas allé par quatre chemins. Après la performance laborieuse de Tom Aspinall contre Ciryl Gane à l’UFC 321, la légende du MMA a sorti l’artillerie lourde. Pour lui, le Britannique, pourtant champion des poids lourds, est tout simplement "surévalué" – un terme qu’il a répété à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, accompagnés d’emojis moqueurs. Mais au-delà de la provocation, l’analyse de Jones soulève une question brûlante : et si Aspinall n’était pas à la hauteur de son statut ?
"Il ne touchait même pas Gane" : l’analyse impitoyable de Jones
Le combat contre Ciryl Gane était censé être le sacre définitif de Tom Aspinall. Pourtant, ce qui s’est joué dans l’Octogone a plutôt ressembler à une leçon de boxe pied-poing… donnée par le Français. Jones n’a pas manqué de le souligner : "Gane le dominait debout comme s’il jouait avec un sparring-partner. Aspinall ne touchait presque rien, et quand il essayait, c’était mal placé ou trop lent." Une critique qui pique, surtout quand on sait que le Britannique a finalement remporté le combat… grâce à un arrêt prématuré de l’arbitre après une blessure au genou de Gane.
Pour Jones, le problème va bien au-delà d’un simple mauvais soir. Il pointe du doigt deux faiblesses majeures :
1. Un wrestling inexistant : "Il n’a même pas essayé de mener le combat au sol. Contre un striker comme Gane, c’est du suicide."
2. Une défense en boxe défaillante : "Il encaisse des coups qu’un débutant ne devrait pas prendre. Et il ne contre pas, il subit."
Des lacunes qui, selon l’Américain, seraient "impardonnables pour un champion".
Le duel fantôme : pourquoi Jones vs. Aspinall n’aura jamais lieu
Ironie du sort : alors que les deux hommes se sont échangés des piques pendant des mois, leur affrontement est désormais impossible. Après avoir abandonné son titre en 2023, Jon Jones a officiellement pris sa retraite… avant de faire un retour surprise pour affronter Alex Pereira en novembre. Un combat qu’il présente comme son "dernier baroud d’honneur". "Je ne remettrai plus les gants après ça, peu importe le résultat", a-t-il déclaré en conférence de presse.
Une décision qui enterre définitivement l’espoir des fans de voir le "GOAT" (Greatest Of All Time) défier le champion britannique. Pourtant, les provocations continuaient encore il y a quelques semaines, avec Aspinall qui traitait Jones de "vieux qui a peur de perdre". Réponse cinglante de l’intéressé : "Si tu veux un combat, va chercher un miroir et regarde-toi bien. Parce que ton niveau, c’est ça : tu te bats contre toi-même."
Et maintenant ? Le règne d’Aspinall en question
La critique de Jones arrive à un moment charnière pour Tom Aspinall. Malgré sa ceinture, beaucoup estiment qu’il n’a pas encore prouvé qu’il était l’homme à battre chez les poids lourds. Son palmarès manque de noms prestigieux (mis à part Gane, blessé), et ses victoires reposent souvent sur des arrêts précoces ou des performances inégales.
Certains, comme l’analyste Daniel Cormier, tempèrent : "Aspinall a un énorme potentiel, mais il est encore en construction. Comparer un champion en devenir à un Jon Jones, c’est comme comparer un étudiant en médecine à un chirurgien chevronné." Pourtant, la question persiste : dans une division où les Stipe Miocic, Francis Ngannou (parti à la PFL) et Ciryl Gane (blessé) brillent par leur absence, Aspinall est-il vraiment le meilleur ? Ou simplement le moins mauvais ?
Derrière les critiques : la stratégie de Jones
Jon Jones n’est pas du genre à parler pour ne rien dire. Ses critiques envers Aspinall pourraient bien cacher une stratégie médiatique. En discréditant le champion en titre, il :
- Affaiblit l’UFC : en remettant en cause la légitimité de ses champions, il crée un climat d’incertitude.
- Prépare son héritage : en se positionnant comme le seul "vrai" champion, il renforce son statut de légende.
- Fait monter les enchères : si jamais il revenait (ce qu’il nie), un combat contre un Aspinall "diminué" serait encore plus lucratif.
Petite confidence : selon des sources proches de Jones, il aurait regardé le combat d’Aspinall en compagnie de Dominick Reyes (qu’il a dominé en 2020). Les deux hommes auraient "ri comme des fous" devant certaines séquences, notamment quand Aspinall a tenté un takedown raté en troisième round. "C’était pathétique, mais drôle", aurait glissé Jones. De quoi enrager un peu plus les fans britanniques…
Que retenir de cette polémique ?
Au-delà des ego et des provocations, cette affaire révèle deux réalités :
1. Les poids lourds de l’UFC sont en crise : entre blessures, départs (Ngannou) et performances mitigées (Aspinall, Gane), la division manque cruellement de profondeur.
2. Jon Jones reste un maître du jeu mental : même à la retraite, il influence le narrative du MMA, forçant les champions à se remettre en question.
Quant à Tom Aspinall, il a répondu sobrement aux critiques : "Les gens parlent. Moi, je gagne. On verra qui rit le dernier." Une réplique classique… mais qui sonne creux quand on sait que sa prochaine défense de titre pourrait bien être contre Sergei Pavlovich, un adversaire bien plus redoutable que Gane sur le papier.

