"Je veux ma revanche, mais je veux surtout cette ceinture" : la déclaration choc de Prochazka
Jiri Prochazka n’a jamais été du genre à tourner autour du pot. Quand le Tchèque parle, ses mots résonnent comme ses coups de pied : avec une précision chirurgicale et une intention claire. Dans une récente interview, l’ancien champion des mi-lourds de l’UFC a lâché une bombe : "Si je ne combats pas Alex Pereira, je passerai à la catégorie moyenne." Une annonce qui a fait trembler les fans, mais aussi les observateurs, tant elle révèle les tensions sous-jacentes dans la division des 93 kg.
Pourtant, derrière cette menace se cache une stratégie bien huilée. Prochazka, actuellement n°1 du classement, n’a qu’un objectif en tête : reconquérir la ceinture qu’il a perdue face à Pereira en 2022. "Ma priorité, c’est le titre. Je veux affronter Pereira pour la ceinture, pas pour une troisième confrontation sans enjeu. Si l’UFC ne me donne pas cette chance, alors je devrai prendre une décision radicale," explique-t-il, le regard déterminé. Une position qui en dit long sur son état d’esprit : celui d’un guerrier prêt à tout pour laisser son empreinte dans l’histoire du MMA.
Mais voici le hic : l’UFC semble envisager un combat entre Alex Pereira et Jon Jones en poids lourds, un affrontement qui ferait saliver les promoteurs, mais qui laisserait Prochazka sur le carreau. "Si Pereira monte chez les lourds, qu’est-ce qui me reste ? Attendre indéfiniment ? Non. Je dois avancer," confie-t-il. Et avancer, pour lui, pourrait signifier un saut dans l’inconnu : la catégorie des poids moyens (84 kg), soit près de 10 kg de moins que son poids de combat actuel.
Un défi physique titanesque : perdre du poids sans perdre sa puissance
Descendre d’une division n’est jamais une mince affaire, surtout pour un athlète comme Prochazka, connu pour son gabarit imposant et sa puissance de frappe dévastatrice. "Je sais que ce sera difficile, mais je connais mon corps. J’ai déjà combattu à 86 kg par le passé, alors 84 kg, c’est faisable. Le vrai défi, ce sera de garder ma force et mon explosivité," analyse-t-il avec lucidité.
Les experts sont partagés. Certains, comme le coach Eugene Bareman (entraîneur d’Israel Adesanya), estiment que Prochazka pourrait "devenir un monstre en poids moyens", grâce à sa taille (1,93 m) et son allonge exceptionnelle. D’autres, plus sceptiques, rappellent les échecs de combattants comme Anthony Johnson, qui avait tenté une transition similaire avant de rebondir en poids lourds. "Le MMA est un sport de détails. Perdre du muscle peut affecter ta résistance aux soumissions ou ta capacité à encaisse," tempère Daniel Cormier, double champion UFC.
Prochazka, lui, semble confiant. Il mise sur sa discipline de fer et son expérience pour réussir là où d’autres ont échoué. "Je ne suis pas du genre à me fixer des limites. Si je décide de le faire, ce sera pour dominer, pas pour survivre," assure-t-il. Une philosophie qui résume bien l’homme : un compétiteur pur, prêt à prendre des risques calculés pour atteindre ses objectifs.
"L’artiste des KO" : un palmarès qui parle pour lui
Avec 32 victoires en 38 combats (dont 31 par KO), Jiri Prochazka est une machine à finitions. Son style, à mi-chemin entre le karaté et le muay thaï, a subjugué les fans du monde entier. Ses victoires contre Dominick Reyes (KO au 2ᵉ round) ou Glover Teixeira (soumission en 2021 pour remporter le titre) sont entrées dans la légende. Même ses défaites – deux fois face à Pereira – n’ont pas entaché son aura. "Pereira est un grand champion, mais je sais que je peux le battre. Mes erreurs étaient tactiques, pas physiques," admet-il sans fard.
Ses récents succès contre Khalil Rountree Jr. (victoire par décision unanime en 2023) et Jamahal Hill (KO technique en 2024) ont confirmé qu’il était toujours au sommet de son art. Classé n°1 ex æquo avec Magomed Ankalaev, il partage la tête d’une division où chaque combat est une poudre. Carlos Ulberg (n°3), Alexandre Rakic (n°4), ou encore Jan Blachowicz (n°5) sont autant de prétendants prêts à en découdre. "La compétition est féroce, et c’est ce qui me motive. Je veux affronter les meilleurs, peu importe la division," déclare Prochazka, un sourire carnassier aux lèvres.
Derrière les gants : l’homme qui défie les limites
Ce que beaucoup ignorent, c’est que Jiri Prochazka est bien plus qu’un simple combattant. Ancien étudiant en philosophie, il aborde le MMA comme une quête spirituelle autant que sportive. "Pour moi, le combat, c’est une métaphore de la vie. Tu tombes, tu te relèves, tu apprends. Pereira m’a appris l’humilité, mais aussi la résilience," confie-t-il, pensif.
Son entraînement est tout aussi atypique. Entre les sessions de sparring avec des partenaires comme Petr Yan et les stages en altitude dans les montagnes tchèques, Prochazka pousse son corps à l’extrême. "Je m’entraîne comme un moine : discipline, sacrifice, et une obsession du détail. Si je descends en poids moyens, ce sera avec la même rigueur," promet-il. Une rigueur qui lui a déjà permis de surmonter des blessures graves, comme sa déchirure de l’épaule en 2022, qui l’avait éloigné des cages pendant près d’un an.
Son équipe, basée à Prague, est un mélange d’anciens champions et de jeunes talents. "On travaille comme une famille. Quand tu vois Jiri s’entraîner, tu comprends pourquoi il est différent. Il ne cherche pas juste à gagner : il veut écraser ses adversaires, les dominer psychologiquement," explique Tomas Kucera, son coach principal. Une approche qui rappelle celle d’un autre Tchèque légendaire : Ivan Drago… enfin, presque.
Et si l’UFC jouait contre lui ? Le scénario catastrophe
Le problème, c’est que l’UFC a ses propres plans. Avec la possible montée de Alex Pereira en poids lourds pour affronter Jon Jones, Prochazka se retrouverait dans une impasse. "Si Pereira part, qui me reste-t-il ? Ankalaev ? Ulberg ? Ce sont de grands combattants, mais ce n’est pas le combat que les fans veulent voir," s’agace-t-il.
Certains observateurs, comme le journaliste Ariel Helwani, pensent que l’UFC pourrait "sacrifier Prochazka pour un combat plus lucratif">. "Business is business. Pereira vs. Jones, c’est un PPV monstrueux. Prochazka, lui, n’a pas le même poids médiatique," analyse Helwani. Une réalité cruelle, mais que Prochazka semble avoir intégrée. "Je ne peux pas contrôler les décisions de l’UFC. Je peux juste contrôler ma réaction. Et ma réaction, ce sera de me battre, où que ce soit," assène-t-il.
Reste une question : et si Prochazka perdait en poids moyens ? "Je ne pense pas à l’échec. Je pense à la victoire. Si je descends, ce sera pour devenir double champion, comme Conor McGregor ou Daniel Cormier," répond-il, catégorique. Un objectif ambitieux, mais qui colle parfaitement à l’image de l’homme : un rêveur pragmatique, prêt à tout pour marquer l’histoire.
Entre l’espoir d’une revanche contre Pereira et la menace d’un changement de division, Jiri Prochazka se trouve à un carrefour. Quel que soit son choix, une chose est sûre : il ne prendra pas la décision à la légère. Avec son palmarès, son charisme et sa détermination sans faille, il a déjà prouvé qu’il était l’un des strikeurs les plus excitants de sa génération. Maintenant, il doit prouver qu’il peut aussi être un stratège.
Une chose est certaine : si Prochazka descend en poids moyens, la division va trembler. Et si l’UFC lui donne enfin sa chance contre Pereira, le monde du MMA assistera à l’un des combats les plus explosifs de l’année. Dans les deux cas, les fans y gagneront. Car quand "Denisa" (son surnom, en hommage à sa fille) entre dans la cage, le spectacle est toujours garanti.

