Le règne éphémère et les blessures : le parcours chaotique de Prochazka
Jiri Prochazka a marqué l’histoire de l’UFC en 2022 en arrachant le titre des mi-lourds à Glover Teixeira (UFC 275), après une performance d’anthologie où il a survécu à un étrangleur au 5ᵉ round avant de l’achever par soumission. Un couronnement qui semblait annoncer une ère dominante… jusqu’à ce que les blessures ne viennent tout gâcher. Une déchirure de l’épaule l’a contraint à abandonner sa ceinture sans combat, un scénario douloureux pour ce guerrier tchèque habitué à écraser ses adversaires.
Son retour en 2023 contre Alex Pereira (UFC 295) a tourné au cauchemar : un KO au 2ᵉ round qui a révélé les limites de son jeu face à un strikeur aussi explosif. La revanche, six mois plus tard à l’UFC 299, n’a rien arrangé : Pereira l’a de nouveau dominé, cette fois par décision unanime. Deux défaites qui ont semé le doute : Prochazka était-il encore un prétendant crédible ?
La réponse est venue à l’UFC 302, en juin 2024. Face à Khalil Rountree, un adversaire redoutable, Prochazka a livré une masterclass de striking, le mettant KO en moins de 5 minutes. *« C’était vital pour moi, mentalement »*, a-t-il confié en post-combat. Une victoire qui a relancé les spéculations : et si le "Deniska" (son surnom) était de retour pour de bon ?
Pereira, l’ombre qui plane : « Je crois être le prochain »
Malgré ce succès, Prochazka reste hanté par Alex Pereira. Le Brésilien, désormais champion incontesté après sa victoire contre Magomed Ankalaev à l’UFC 302 (le même soir que le KO de Prochazka), semble intouchable. Pourtant, le Tchèque n’a pas renoncé : *« Oui, je crois être le prochain [à affronter Pereira]. Mars ou avril 2025, pourquoi pas ? »*, a-t-il lancé lors d’une récente interview.
Un optimisme qui contraste avec les réalités du classement. Avec deux défaites consécutives face à Pereira, l’UFC hésiterait à organiser une trilogie, d’autant que d’autres prétendants comme Jamahal Hill ou Nikita Krylov attendent leur chance. *« Les fans veulent me voir contre Pereira, mais l’UFC a ses propres plans »*, reconnaît Prochazka, lucide. Alors, que faire ?
84 kg : le pari fou d’un ancien champion des mi-lourds
C’est ici que l’idée d’une descente en poids moyen (84 kg) prend tout son sens. *« Je connais bien mon corps, je peux y arriver »*, assure Prochazka, qui avoue avoir déjà testé des réductions de poids par le passé. Un choix audacieux, car rares sont les combattants qui descendent d’une catégorie après un règne (même bref) en mi-lourds.
Les avantages ? Éviter les monstres des lourds comme Jon Jones (champion actuel) ou Tom Aspinall, et prolonger sa carrière dans une division où son style explosif pourrait faire des ravages. *« À 84 kg, je serais plus rapide, sans perdre en puissance »*, estime-t-il. Les risques ? Une adaptation difficile, et des adversaires comme Israel Adesanya ou Dricus Du Plessis qui ne lui feraient aucun cadeau.
*« C’est un calcul stratégique »*, explique son entraîneur, Filip Macek. *« Jiri a 32 ans, il ne peut pas se permettre d’attendre indéfiniment. Si l’UFC ne lui donne pas Pereira, il doit bouger. »* Une descente qui rappellerait celle de Lyoto Machida, passé des mi-lourds aux moyens en 2013 – avec des résultats mitigés.
Entre revanche et nouveau départ : quel avenir pour Prochazka ?
Alors, revanche contre Pereira ou saut dans l’inconnu à 84 kg ? La réponse dépendra de l’UFC. Dana White, le président, a déjà laissé entendre que Prochazka méritait une nouvelle chance contre le champion… mais sans garantie. *« Si Pereira accepte, on fera le combat. Sinon, Jiri devra se réinventer »*, a-t-il déclaré.
En République tchèque, les fans rêvent d’un troisième acte contre Pereira. *« Ce serait un combat pour l’histoire du MMA tchèque »*, confie Martin Solc, journaliste pour MMAunkie.cz. *« Mais si ça n’arrive pas, voir Jiri dominer en poids moyen serait tout aussi excitant. »*
Prochazka, lui, reste philosophique : *« Je veux des combats qui ont du sens. Que ce soit Pereira ou un nouveau défi, je serai prêt. »* Une chose est sûre : après des années de hauts et de bas, le "Deniska" n’a pas fini de surprendre.
Derrière les gants : le Prochazka que personne ne connaît
Saviez-vous que Jiri Prochazka était ancien pompier avant de se lancer dans le MMA ? Une expérience qui, selon lui, lui a appris à *« gérer le stress comme personne »*. *« Quand tu cours dans un bâtiment en feu, un combat de MMA semble moins effrayant »*, plaisante-t-il.
Autre détail méconnu : il est passionné de musique classique et écoute du Dvořák (compositeur tchèque) avant ses combats. *« Ça me calme et me concentre »*, explique-t-il. Un contraste saisissant avec son style de combat ultra-agressif.
Enfin, Prochazka est un adepte de méditation, une pratique qu’il a adoptée après sa première défaite contre Pereira. *« Le MMA, c’est 80% mental. Si tu ne contrôles pas ton esprit, ton corps suivra. »* Une approche qui pourrait bien lui servir, qu’il affronte Pereira ou qu’il tente l’aventure en poids moyen.

