"Un futur champion" : comment Ian Garry a conquis le UFC en moins de 2 ans
Le 1er mars 2024, sous les projecteurs du UFC Qatar, Ian Machado Garry a offert une masterclass de strike contre Belal Muhammad, un adversaire aguerri et ancien 5ème mondial. En à peine 1 minute 53 secondes au 2ème round, l’Irlandais a scellé sa victoire par KO technique, après une série de coups de poing d’une précision chirurgicale. Une performance qui a fait vibrer Dana White : "Ce gars-là, c’est du pur talent. Il a tout pour devenir champion, et rapidement."
Ce succès retentissant a propulsé Garry de la 6ème à la 2ème place du classement officiel des welters (77 kg), un bond rare dans l’histoire récente de l’UFC. Seul Jack Della Maddalena – récemment dominé par Islam Makhachev en poids légers – le devance désormais. Mais derrière ces chiffres se cache une réalité plus complexe : à seulement 26 ans et avec 12 combats professionnels (dont 8 au UFC), Garry incarne à la fois l’espoir et l’inconnue de la division.
Son parcours est celui d’un métiorite. Originaire de Dublín, passé par la SBG Ireland (le célèbre gym de Conor McGregor), Garry a enchaîné les victoires depuis ses débuts en 2019, avec un style hybride mêlant boxe anglaise, muay thaï et un jiu-jitsu défensif redoutable. Son taux de strikes réussis (58% en carrière) et sa capacité à dominer ses adversaires debout (7 KOs en 12 combats) en font une menace constante. Pourtant, des voix s’élèvent pour tempérer l’enthousiasme...
Le débat : Garry est-il prêt pour un "title shot" dès 2024 ?
La question agite les réseaux sociaux et les experts. D’un côté, ses supporters pointent son palmarès impeccable (12-0), son age jeune (26 ans), et son potentiel marketing – un atout majeur pour le UFC, en quête de nouvelles stars. De l’autre, les sceptiques, comme l’analyste Robin Black, soulignent un détail crucial : "Garry n’a jamais combattu en 5 rounds. Comment réagira-t-il face à un champion comme Leon Edwards, capable de tenir la distance et de retourner un combat ?"
Un argument renforcé par le précédent de Jack Della Maddalena : malgré sa 1ère place, ce dernier a été écrasé par Islam Makhachev en poids légers (UFC 294, octobre 2023), révélant des lacunes en gestion d’énergie. Garry, lui, n’a jamais dépassé le 3ème round. Kamaru Usman, double ex-champion des welters, a d’ailleurs lancé un défi sur X (Twitter) : "Donne-moi un combat de 5 rounds, petit. On verra si t’es vraiment prêt."
Le UFC semble privilégier la prudence. Selon les rumeurs de MMA Fighting, un combat contre Shavkat Rakhmonov (3ème, 17-0) ou un retour de Kamaru Usman (en négociation) serait envisagé pour l’été 2024. Une étape logique pour tester sa résistance sur la distance, avant d’envisager un affrontement contre Leon Edwards (champion en titre). Dana White a d’ailleurs glissé : "On ne va pas brûler les étapes. Mais s’il gagne son prochain combat de manière aussi convaincante... les choses pourraient aller très vite."
Derrière les projecteurs : le mental d’acier de l’Irlandais
Ce que peu de gens savent, c’est que Ian Garry a failli abandonner le MMA en 2020, après une série de blessures et de doutes. Dans une interview accordée à The Mac Life (podcast de Conor McGregor), il a révélé : "J’étais à deux doigts de tout arrêter. Je me disais que je n’avais pas le niveau. Puis j’ai rencontré [son coach] John Kavanagh, et il m’a dit : 'T’as le feu sacré. Juste, t’as besoin de structure.'"
Aujourd’hui, ce feu sacré est visible à chaque combat. Garry a développé une routine mentale implacable, incluant méditation, visualisation et travail avec un psychologue sportif. Une approche qui rappelle celle de Israel Adesanya, autre star du UFC connue pour sa préparation mentale. "Je vois chaque combat comme un échiquier. Je dois anticiper les coups de mon adversaire avant même qu’il ne les pense," explique-t-il.
Son équipe, basée à la SBG Ireland, mise aussi sur un détail souvent sous-estimé : l’analyse vidéo. Avant chaque combat, Garry étudie plus de 50 heures d’images de son adversaire, à la recherche de patterns. Contre Belal Muhammad, cette préparation a payé : il a exploité une faille dans la garde de l’Américain, visible dans ses 3 derniers combats.
2024, l’année de toutes les ambitions (et des pièges)
Avec sa nouvelle position, Ian Garry entre dans une zone dangereuse : celle des "contenders", où chaque combat peut le propulser vers la gloire... ou le faire chuter brutalement. Trois scénarios se dessinent pour les prochains mois :
1. Le combat "test" contre Rakhmonov ou Usman (été 2024) : Un affrontement en 5 rounds qui servirait de "final eliminator" pour le titre. Rakhmonov, invaincu et redoutable en grappling, représenterait un défi stylistique majeur. Usman, lui, offrirait un test d’expérience et de gestion de pression.
2. Un "title shot" direct contre Leon Edwards (fin 2024) : Peu probable, mais pas impossible si Garry impressionne à nouveau. Edwards, champion depuis 2022, cherche des adversaires vendeurs – et l’Irlandais, avec son charisme, coche cette case. "Je veux affronter le meilleur. Si c’est Garry, qu’il vienne," a déclaré Edwards à ESPN.
3. L’imprévu : une blessure ou un changement de division : Garry a déjà évoqué la possibilité de monter en poids moyens (84 kg) à terme. Une option risquée, mais qui pourrait lui éviter les réductions de poids extrêmes (il pèse naturellement autour de 82 kg).
Quoi qu’il advienne, une chose est sûre : 2024 sera l’année où Ian Garry passera du statut de "promesse" à celui de "légende"... ou de simple "footnote" dans l’histoire du UFC. Comme le résume son coach John Kavanagh : "Le talent, il l’a. Maintenant, il doit prouver qu’il a la tête sur les épaules. Et ça, seul l’octogone peut le dire."

