Un Final en Apothéose : La Saison 9 du DWCS S’achève sur des Combats à Haut Risque
La Dana White’s Contender Series (DWCS), souvent décrite comme le tremplin ultime vers l’UFC, a bouclé sa saison 9 avec une 10ᵉ semaine aussi intense qu’inattendue. Dans l’arène du UFC Apex à Las Vegas, deux combats ont captivé l’attention : un duel en poids mi-lourds entre Freddy Vidal et Levi Rodrigues, et une opposition en bantamweight où Juan Diaz a confirmé son ascension fulgurante. Avec des contrats UFC en jeu, la pression était à son comble.
Pour les combattants, cette soirée représentait bien plus qu’un simple combat. C’était une audition en direct devant Dana White, où une performance convaincante pouvait changer une carrière du tout au tout. Et cette fois, les enjeux étaient d’autant plus élevés que la saison 9 avait déjà vu des athlètes comme Brandon Martin (poids légers) ou Jack Della Maddalena (poids mi-moyens) décrocher leur sésame pour l’UFC. Qui allait les rejoindre ?
"The Barbarian" contre "Baby Monster" : Vidal et Rodrigues dans un Duel Sans Pitié
Le main event de la soirée opposait deux hommes aux parcours radicalement différents. D’un côté, Freddy Vidal (8-2), surnommé "The Barbarian", revenait avec une seconde chance après avoir raté la limite de poids en septembre (3,5 livres au-dessus des 205 lbs). Une erreur qui lui avait coûté 20% de sa bourse et, surtout, une partie de sa crédibilité. Face à lui, Levi Rodrigues (5-0), alias "Baby Monster", arrivait avec un palmarès 100% KO et une réputation de frappeur dévastateur. À 26 ans, le Brésilien incarnait la nouvelle génération de finisseurs, tandis que Vidal, 34 ans, misait sur son expérience pour survivre à l’assaut.
Dès les premières secondes, Rodrigues a imposé un rythme effréné, cherchant à écraser Vidal avec des low kicks puissants et des combinaisons de poings. Mais "The Barbarian" a tenu bon, répondant avec des contre-attaques précises et une défense solide. Le combat a basculé au 2ᵉ round, lorsque Vidal a réussi à amener Rodrigues au sol et à dominer les échanges en grappling. Malgré une fin de round serrée, les juges ont finalement accordé la victoire à Freddy Vidal par décision unanime (29-28, 29-28, 29-28).
Une décision qui a suscité des réactions partagées. Certains observateurs, comme le commentateur Michael Bisping, ont estimé que Rodrigues méritait le gain, pointant ses frappes plus impactantes et son agressivité constante. Dana White, lui, est resté évasif : "Freddy a montré qu’il pouvait gérer la pression, mais Levi a prouvé qu’il avait le niveau. On va voir…". Une réponse qui laisse planer le doute : aucun contrat UFC n’a été annoncé dans l’immédiat pour les deux hommes.
Diaz vs. Kwon : Quand un Spinning Back Elbow Scelle un Destin
En co-main event, le duel entre Won Il Kwon (14-6) et Juan Diaz (15-1-1) promettait un choc de styles. Kwon, vétéran de ONE Championship et ancien prétendant au titre, apportait son expérience internationale, tandis que Diaz, double champion Lux Fight League, surfait sur une série de 7 victoires consécutives. Avec un contrat UFC presque à portée de main, les deux hommes savaient qu’une erreur serait fatale.
Le combat a débuté de manière équilibrée, avec Kwon utilisant sa boxe longue pour tenir Diaz à distance. Mais ce dernier a progressivement pris l’ascendant, multipliant les feintes et les attaques en angle. Puis, à 4:58 du 2ᵉ round, Diaz a placé un spinning back elbow d’une précision chirurgicale, envoyant Kwon au tapis. Le KO a été immédiat et spectaculaire, scellant la 8ᵉ victoire d’affilée pour Diaz et une performance qui a fait vibrer le public.
Contrairement au main event, la réaction de Dana White a été sans équivoque : "Ce gars-là [Diaz], il a tout ce qu’il faut. Le contrat est à lui !". Une récompense méritée pour Diaz, qui rejoint ainsi les rangs de l’UFC avec un palmarès impressionnant (15-1-1) et une réputation de finisseur créatif. Kwon, malgré la défaite, a montré des qualités qui pourraient lui valoir une nouvelle opportunité ailleurs.
Dans les Coulisses du DWCS : Ce Que les Caméras Ne Montrent Pas
Derrière les projecteurs et les KO spectaculaires, le DWCS est aussi une machine bien huilée où chaque détail compte. Saviez-vous que :
- Les combattants ne sont payés que 1 500 $ pour leur participation, mais peuvent empocher un bonus de 10 000 $ en cas de victoire (sans compter le contrat UFC, qui rapporte bien plus). Une somme dérisoire comparée aux gains en UFC, mais un investissement nécessaire pour percer.
- Dana White ne décide pas seul des contrats. Il s’appuie sur les retours de Hunter Campbell (vice-président des opérations de combat) et de Sean Shelby (matchmaker), qui analysent les performances sous tous les angles (statistiques, potentiel médiatique, style de combat).
- Certains combattants, comme Levi Rodrigues, sont repérés via les réseaux sociaux. Son KO viral contre un adversaire en 2022 a attiré l’attention des recruteurs du DWCS. Preuve que dans le MMA moderne, une stratégie de contenu agressive peut payer.
- Le taux de finition du DWCS saison 9 a atteint 62%, un record depuis 3 ans. Une tendance qui reflète l’évolution du MMA vers des combats plus explosifs et moins décisionnels, répondant aux attentes des fans.
Et Maintenant ? Qui a Réellement Gagné Cette Soirée ?
Si Juan Diaz est le grand gagnant de cette 10ᵉ semaine avec son contrat UFC en poche, la question reste entière pour Freddy Vidal et Levi Rodrigues. Vidal a prouvé qu’il pouvait gérer la pression et rebondir après une erreur, mais son manque de finition pourrait jouer contre lui. Rodrigues, malgré la défaite, a confirmé son statut de prodigie des KO, un profil que l’UFC adore.
Du côté des observateurs, les avis divergent. Daniel Cormier, commentateur pour ESPN, a déclaré : "Diaz a fait ce qu’il fallait, mais Vidal a montré un mental d’acier. Rodrigues, lui, a le potentiel pour devenir une star… s’il travaille son grappling." Un constat qui résume bien les enjeux : dans le DWCS, le talent ne suffit pas – il faut aussi savoir saisir sa chance au bon moment.
Enfin, cette soirée a aussi révélé un détail intrigant : l’absence de femmes dans le main event ou le co-main event de cette saison 9. Une anomalie alors que des athlètes comme Brooke Mayo (poids coqs) ou Jacqueline Amorim (poids pailles) avaient marqué les esprits plus tôt dans la saison. Un sujet qui pourrait alimenter les débats sur la parité dans le DWCS.

