Un verdict sans appel : "Chimaev n’a aucune chance"
La défaite est encore fraîche dans les mémoires. À l’UFC 303, Khamzat Chimaev a dominé Dricus du Plessis par décision unanime, confirmant son statut de prétendant sérieux aux ceintures des poids moyens. Pourtant, malgré cette performance, le Sud-Africain ne croit pas une seconde aux chances de son bourreau face à Alex Pereira. Dans une déclaration sans détour, du Plessis a balayé l’idée d’un combat équilibré : "Khamzat contre Pereira ? Ce serait un désastre annoncé. Il n’a aucune chance réaliste. Aucun." Des mots durs, surtout venant d’un homme qui vient de subir la loi du Tchétchène.
Mais pourquoi une telle certitude ? Pour du Plessis, la réponse tient en un mot : gabarit. "Pereira est un monstre. Regardez ce qu’il a fait à Ankalaev à l’UFC 320 – 80 secondes, c’était fini. Khamzat est fort, mais il n’a pas cette envergure, cette puissance. C’est comme si un poids welter essayait de boxer en heavyweight," explique-t-il. Avec 1,98 m d’envergure et un palmarès impressionnant (double champion UFC, ancien glory kickboxing), Pereira incarne en effet une menace physique rare. À titre de comparaison, Chimaev mesure 1,83 m et, malgré son style de combat écrasant, n’a jamais affronté un adversaire de cette carrure.
Pourtant, Chimaev a annoncé vouloir monter en poids mi-lourds pour défier Pereira. Une stratégie que du Plessis qualifie de "pur hype". "Khamzat est un poids moyen naturel. Monter pour affronter un gars comme Pereira, qui est déjà énorme en mi-lourds, c’est du suicide. Il perdrait en vitesse, en puissance, en tout," assène-t-il. Une analyse qui contraste avec l’image invincible que cultive le Tchétchène, habitué à écraser ses adversaires avec une facilité déconcertante.
Pereira, le colosse aux ambitions démesurées
Si du Plessis enterre les espoirs de Chimaev, Alex Pereira, lui, voit bien plus loin. Après son KO foudroyant contre Magomed Ankalaev (un adversaire réputé pour sa résistance), le Brésilien a immédiatement visé un nouveau sommet : Jon Jones. "Je veux affronter Jon à la Maison Blanche. Ce serait historique," a-t-il déclaré après sa victoire. Un combat qui, s’il se concrétisait, ferait de Pereira le premier triple champion simultané de l’UFC (poids moyens, mi-lourds et lourds).
Mais est-ce réaliste ? Jon Jones, double champion et considéré comme le meilleur combattant de l’histoire du MMA, représente un défi d’une tout autre dimension. Avec 2,01 m d’envergure et une expérience inégalée, "Bones" a dominé les mi-lourds pendant près d’une décennie avant de monter en lourds. Pereira, malgré son aura, reste un outsider face à un tel monument. "Jon est une autre planète. Pereira a du talent, mais Jones est un génie du combat," tempère un analyste de ESPN MMA.
Pourtant, le Brésilien a un atout : sa puissance de frappe. Pereira détient l’un des meilleurs pourcentages de KO de l’UFC (80% de ses victoires par arrêt), et son style explosif pourrait troubler même un technicien comme Jones. "Si Pereira touche Jones comme il a touché Ankalaev, tout peut basculer. Mais Jon est trop intelligent pour se faire piéger comme ça," estime un ancien entraîneur de la Jackson Wink Academy.
Chimaev vs. Pereira : le combat que tout le monde veut voir… sauf du Plessis
Malgré les réserves de du Plessis, l’idée d’un Chimaev vs. Pereira fait saliver les fans. Deux styles opposés : d’un côté, le grappling écrasant et la pression incessante du Tchétchène ; de l’autre, la boxe destructrice et les coups de pied dévastateurs du Brésilien. "Ce serait le choc des titans. Même si je pense que Pereira gagnerait, ce combat serait un feu d’artifice," s’enthousiasme un journaliste de MMA Fighting.
Mais du Plessis reste sceptique. Pour lui, Chimaev n’a pas les armes pour rivaliser : "Khamzat est fort au sol, mais Pereira a une défense de takedown sous-estimée. Et s’il reste debout ? C’est fini en deux minutes. Regardez ce qu’il a fait à Israel Adesanya – deux KO en deux combats. Khamzat n’a pas ce niveau en striking." Une analyse qui rappelle que Pereira a déjà dominé des strikeurs d’élite, comme Sean Strickland ou Jared Cannonier, avant de les achever.
Pourtant, Chimaev a un argument : sa capacité à s’adapter. Contrairement à du Plessis, qui mise sur un combat debout, le Tchétchène pourrait tenter de ramener Pereira au sol, où son jiu-jitsu (ceinture noire) pourrait faire la différence. "Si Khamzat arrive à le faire tomber, Pereira est en danger. Mais c’est un gros ‘si’," nuance un coach de l’UFC Performance Institute.
Derrière les projecteurs : la stratégie médiatique de Chimaev
Au-delà des considérations sportives, ce potentiel combat soulève une question : Khamzat Chimaev a-t-il vraiment l’intention d’affronter Pereira, ou s’agit-il d’une manœuvre pour rester sous les projecteurs ? Depuis son arrivée à l’UFC, le Tchétchène a bâti sa réputation sur des déclarations choc et des performances spectaculaires. "Khamzat est un génie du marketing. Il sait que parler de Pereira fait vendre, même si le combat n’aura peut-être jamais lieu," analyse un expert en communication sportive.
Preuve en est : après sa victoire contre du Plessis, Chimaev a immédiatement évoqué une montée en mi-lourds, puis un retour en welter. "Il teste les réactions. Si les fans et l’UFC mordent à l’hameçon, il ira jusqu’au bout. Sinon, il passera à autre chose," poursuit la source. Une stratégie risquée, mais qui a jusqu’ici porté ses fruits, faisant de lui l’un des combattants les plus médiatisés de l’UFC.
Dana White, le président de l’UFC, n’a pas encore tranché. "On verra. Khamzat doit d’abord prouver qu’il peut monter en poids sans perdre en performance. Pereira, lui, a déjà montré qu’il était une menace dans deux catégories. Alors oui, ce combat intéresse, mais il faut que ce soit crédible," a-t-il déclaré en conférence de presse.
Et si du Plessis avait raison ?
Imaginons un instant que le scénario de du Plessis se réalise : Chimaev vs. Pereira a lieu, et le Brésilien l’emporte haut la main. Quelles seraient les conséquences ? Pour Pereira, ce serait une confirmation de son statut de meilleur frappeur de l’UFC, et une étape de plus vers un potentiel combat contre Jones. Pour Chimaev, en revanche, ce serait un coup d’arrêt brutal à une ascension fulgurante.
"Une défaite contre Pereira ne serait pas la fin pour Khamzat, mais ça le forcerait à redescendre en poids moyens, où la concurrence est féroce avec des gars comme Strickland ou Whittaker," estime un bookmaker de BetMGM. À l’inverse, une victoire (même improbable selon du Plessis) propulserait Chimaev au rang de légende instantanée, prouvant qu’il peut dominer dans plusieurs catégories.
Quant à du Plessis, son analyse tranchée pourrait bien être validée… ou lui valoir des critiques. "Si Pereira gagne, tout le monde dira que Dricus avait raison. Mais si Khamzat crée la surprise, on se souviendra qu’un champion a sous-estimé son adversaire," note un journaliste sud-africain. Une chose est sûre : dans le monde du MMA, les certitudes sont rares, et les retournements de situation, fréquents.

