L’audace d’un champion : quand Chimaev bouscule les codes
Le monde du MMA retient son souffle. À peine la ceinture des poids moyens enroulée autour de sa taille après sa victoire unanime face à Dricus du Plessis à l’UFC 304, Khamzat Chimaev a déjà les yeux rivés sur un nouveau défi : Alex Pereira et son titre des mi-lourds. *"Si on me demande, j’aimerais bien me battre pour une deuxième ceinture"*, a-t-il lancé sur le Badaev Podcast, confirmant ses provocations post-combat sur les réseaux après le KO spectaculaire de Pereira face à Magomed Ankalaev.
Une déclaration qui sonne comme un coup de tonnerre. Car si les doubles champions existent (Daniel Cormier, Amanda Nunes), ils restent l’exception. Et Chimaev, avec son style explosif et son aura grandissante, semble déterminé à rejoindre ce cercle très fermé. *"Pereira est un bon adversaire, mais je ne vois personne qui peut me battre"*, assure-t-il, mélange d’arrogance calculée et de confiance inébranlable.
Pourtant, le défi est de taille. Pereira, avec son gabarit (1,93 m pour 93 kg) et sa puissance de frappe légendaire, représente une montagne à gravir. Mais Chimaev, lui, voit plutôt une opportunité : *"On dit qu’il frappe fort, mais moi, je n’ai jamais été dominé dans ce domaine. À 185 livres, on était compatibles. Pourquoi pas à 205 ?"* Un argument qui fait grincer des dents chez les puristes, mais qui révèle une stratégie bien huilée.
"Je ne suis pas là pour faire plaisir" : la philosophie cash de Borz
Ce qui frappe chez Chimaev, c’est son honnêteté brutale. Là où d’autres champions évoquent la "glory" ou l’héritage, lui assume sans détour : *"Je me bats pour l’argent, pas pour les noms. Si tu te considères comme le meilleur, tu ne dois pas te soucier de l’adversaire. Juste du chèque."* Une philosophie qui tranche avec les discours habituels, mais qui colle parfaitement à son parcours.
Originaire de Tchétchénie, élevé en Suède, le combattant de 30 ans a toujours affiché une relation transactionnelle avec le sport. *"Quand j’ai commencé, c’était pour nourrir ma famille. Aujourd’hui, c’est pour bâtir un empire"*, confie-t-il. Et les chiffres suivent : selon Sports Illustrated, son combat contre Du Plessis lui aurait rapporté près de **2 millions de dollars** (sponsors inclus), sans compter les bonus de performance.
Alors, quand l’UFC tergiverse sur un éventuel combat contre Pereira, Chimaev a déjà un plan B. *"Qu’ils me donnent Imavov, de Ridder ou Hernandez, peu importe. Payez-moi bien, et je signe"*, déclare-t-il. Une liste de prétendants qui n’est pas anodine :
- Nassourdine Imavov : Le Français, victorieux contre Ihor Potieria à Paris, enchaîne les performances et rêve d’un combat "maison" contre Chimaev.
- Robert Whittaker : L’Australien, ancien champion, reste une valeur sûre malgré sa récente défaite face à Du Plessis.
- Marvin Vettori : L’Italien, déjà battu par Chimaev en 2022, réclame une revanche.
Mais attention : ces noms ne sont que des pis-aller. *"Pereira, c’est le combat qui fait sens. Pour l’histoire, pour les fans, et surtout... pour mon compte en banque"*, glisse-t-il, malicieux.
L’UFC face au dilemme Chimaev : stratégie vs spectacle
Reste une question cruciale : l’UFC acceptera-t-il ce scénario ? Historiquement, l’organisation privilégie les défenses de titre avant les montées de catégorie. Dana White, le président, a d’ailleurs tempéré les ardeurs de Chimaev : *"On verra. Il vient à peine de gagner la ceinture, il faut d’abord qu’il la défende."*
Un avis partagé par les experts. Michael Bisping, ancien champion et désormais commentateur, estime que *"Chimaev a le talent, mais il sous-estime Pereira. À 205 livres, la puissance, c’est une autre dimension."* De son côté, Daniel Cormier, double champion UFC, voit dans cette demande *"un coup de poker typique de Borz. Soit il devient une légende, soit il se brûle les ailes."*
Les enjeux sont colossaux :
- Pour Chimaev : Une victoire contre Pereira ferait de lui le **premier double champion européen** de l’histoire, avec un impact médiatique inégalé.
- Pour l’UFC : Un combat entre deux strikeurs explosifs comme Chimaev et Pereira garantirait des **records d’audience** (le KO de Pereira contre Ankalaev a généré **1,2 million de PPV**).
- Pour les fans : Un choc de styles entre le *grappling* agressif de Chimaev et le *muay thaï* dévastateur de Pereira.
Mais il y a un hic : Islam Makhachev, son compatriote tchétchène et champion des légers, a déjà exprimé des réserves. *"Khamzat est fort, mais Pereira est un monstre. Il faut y aller progressivement"*, a-t-il conseillé. Un avis qui pèse lourd, venant du combattant le plus dominant de l’UFC.
Derrière les projecteurs : le calcul qui change tout
Ce que peu de gens savent, c’est que cette demande cache un calcul bien plus large. Selon des sources proches de son équipe, Chimaev aurait **trois objectifs cachés** :
- Diversifier ses revenus : Un combat en mi-lourds ouvrirait la porte à des sponsors plus lucratifs (marques de nutrition, équipementiers spécialisés).
- Éviter l’usure à 185 livres : Les coupes de poids répétées commencent à peser sur son corps. *"À 205, je me sens plus libre"*, avoue-t-il.
- Préparer l’après-carrière : Une victoire contre Pereira lui donnerait un argument massif pour lancer sa propre académie ou une marque de vêtements, à l’instar de Conor McGregor.
Et puis, il y a l’aspect psychologique. Chimaev sait perturber ses adversaires avant même le combat. Ses provocations contre Pereira (*"Tu es juste un kickboxeur, pas un vrai combattant MMA"*) visent à le sortir de sa zone de confort. *"La guerre commence bien avant le cage"*, explique Ali Abdelaziz, son manager, connu pour ses stratégies médiatiques agressives.
Scénarios possibles : entre rêve et réalité
Alors, à quoi s’attendre dans les mois à venir ? Plusieurs pistes se dessinent :
Scénario 1 : L’UFC dit oui (30% de chances)
Si Chimaev insiste et que Pereira accepte, le combat pourrait avoir lieu **d’ici mars 2025**, probablement en tête d’affiche d’un PPV. Les bookmakers donnent déjà Chimaev outsider (cote à **2.50** contre **1.50** pour Pereira). *"Ce serait le combat de l’année"*, s’enthousiasme Joe Rogan.
Scénario 2 : Une défense de titre imposée (50% de chances)
L’UFC pourrait exiger un combat contre Imavov (pour un choc franco-suédois) ou Whittaker (pour un duel de styles). *"Chimaev devra prouver qu’il mérite de sauter une catégorie"*, estime Sean O’Malley.
Scénario 3 : L’impasse (20% de chances)
Si ni Pereira ni l’UFC ne cèdent, Chimaev pourrait **quitter la promotion** pour un combat en PFL ou ONE Championship, où les contrats sont plus flexibles. *"On a déjà eu des discussions"*, lâche Abdelaziz, évasif.
Une chose est sûre : avec Chimaev, l’imprévu est la seule certitude. *"Je ne suis pas là pour suivre les règles. Je suis là pour les réécrire"*, conclut-il, un sourire en coin. Et si l’histoire lui donne raison ?

