"Fermez-la et attendez de voir !" : Dana White monte au créneau
Si l’UFC a l’habitude de faire parler, les prochains événements de l’organisation, UFC Vegas 110 (5 octobre) et UFC Vegas 111 (8 novembre), suscitent des réactions plus mitigées que d’ordinaire. Certains fans et analystes pointent du doigt un manque de "star power" dans les combats principaux, avec des noms comme Steve Garcia, David Onama, ou encore Gabriel Bonfim et Randy Brown – des athlètes talentueux, mais loin d’être des têtes d’affiche habituelles comme Conor McGregor ou Israel Adesanya.
Face à ces critiques, Dana White n’a pas mordu sa langue. Lors d’une conférence de presse récente, le président de l’UFC a balayé les remarques d’un revers de main, avec ce ton direct qui le caractérise : "Comment pouvez-vous dire que c’est mauvais alors que ça n’a même pas encore eu lieu ? Fermez-la et attendez de voir le spectacle !" Une réponse qui rappelle son approche sans filtre, mais qui soulève aussi une question : et si ces événements, moins médiatisés, réservaient finalement des surprises ?
White a raison sur un point : l’histoire de l’UFC regorge de combats "sous-estimés" qui ont fini par marquer les esprits. Qui aurait parié sur Leon Edwards avant son KO historique contre Kamaru Usman à l’UFC 278 ? Ou sur Alex Pereira avant qu’il ne devienne champion des poids moyens ? Pour le président de l’UFC, c’est précisément dans ces moments que naissent les légendes : "Les meilleurs combats ne sont pas toujours ceux qu’on attend. Parfois, ce sont ceux qu’on n’a pas vus venir qui changent tout."
UFC Vegas 110 : des enjeux cachés derrière des noms moins clinquants
Le premier événement incriminé, UFC Vegas 110, met en avant un combat principal entre Steve Garcia (14-6) et David Onama (12-2) chez les poids plumes. Deux combattants en pleine progression, mais qui ne font pas encore vibrer les foules comme un Volkanovski ou un Holloway. Pourtant, ce match a bel et bien des implications : une victoire pourrait propulser le vainqueur dans le top 10 de la catégorie, une division ultra-compétitive où chaque combat compte.
Et ce n’est pas tout. La carte complète de l’événement compte quatre athlètes classés dans le top 15 :
- Ketlen Vieira (#4 des poids coqs féminins) vs. Norma Dumont (#5) – un duel crucial pour la course au titre.
- Waldo Cortes-Acosta (#13 des poids lourds) vs. Ante Delija (#14) – un choc entre deux géants en quête de reconnaissance.
Pour White, c’est là que réside la vraie valeur de l’événement : "Les gens regardent juste le combat principal et oublient le reste. Mais si vous aimez le MMA, vous savez que les meilleurs moments arrivent souvent dans les combats qu’on ne voit pas venir." Un argument difficile à contredire, surtout quand on se souvient de cartes comme l’UFC Fight Night 165, où Edson Barboza et Dan Hooker avaient offert un combat de l’année en préliminaires.
UFC Vegas 111 : Bonfim vs. Brown, un test pour la relève brésilienne
Une semaine plus tard, l’UFC Vegas 111 proposera un combat principal entre Gabriel Bonfim (16-1), jeune prodige brésilien des poids mi-moyens, et Randy Brown (17-5), un vétéran expérimenté. Là encore, les critiques pointent un manque de "star power", mais le match a un enjeu clair : Bonfim, invaincu depuis 2019, pourrait bien s’imposer comme le nouveau visage de la division si il parvient à dominer Brown, un adversaire bien plus aguerri.
Les préliminaires ne sont pas en reste, avec des affrontements comme :
- Mayra Bueno Silva (#11 des poids coqs féminins) vs. Jacqueline Cavalcanti – un duel explosif entre deux Brésiliennes déterminées.
- Tecia Pennington (ancienne challengere au titre) vs. Denis Gomes – un retour attendu pour "The Tiny Tornado".
White insiste sur le fait que ces combats, même s’ils ne font pas la une des médias, sont "exactement ce qui fait la beauté du MMA : des athlètes qui se battent pour leur place, pour leur famille, pour leur rêve. C’est ça, l’UFC. Pas juste les gros noms."
"Les fans oublient d’où viennent les stars" : le rappel de White
Derrière cette défense acharnée des prochains événements, il y a aussi une leçon d’histoire. Dana White n’a pas manqué de rappeler que les plus grandes stars de l’UFC ont souvent commencé dans l’ombre : "Vous vous souvenez de Khabib Nurmagomedov avant qu’il ne devienne champion ? Non. De Jon Jones avant ses premiers combats à l’UFC ? Non plus. Les fans oublient d’où viennent ces mecs."
Un argument qui trouve écho dans les parcours de combattants comme Islam Makhachev ou Sean O’Malley, qui ont dû prouver leur valeur combat après combat avant d’accéder à la gloire. Pour White, c’est une question de patience : "Donnez une chance à ces gars. Un jour, vous direz : ‘Putain, je me souviens de Bonfim quand il a combattu Brown !’"
Bien sûr, les critiques ont aussi leur part de vérité. Dans un monde où l’UFC doit rivaliser avec des organisations comme le PFL ou le ONE Championship, et où les fans sont habitués à des cartes chargées en stars (comme l’UFC 300 avec Pereira vs. Hill et Volkanovski vs. Topuria), il est difficile de vendre des événements sans noms connus. Mais White semble prêt à prendre ce risque, convaincu que "le vrai fan de MMA ne regarde pas que les noms. Il regarde les combats."
Et si les critiques avaient (un peu) raison ?
Pourtant, tous les observateurs ne partagent pas cet optimisme. Certains, comme le journaliste Luke Thomas (MMA Fighting), soulignent que l’UFC a parfois tendance à surestimer l’attrait de combats "de développement" : "Dana a raison sur un point : on ne peut pas juger un combat avant qu’il n’ait lieu. Mais on peut juger une stratégie. Et là, l’UFC semble miser sur des cartes faibles en espérant que l’action sauve la mise. Ça peut marcher… ou pas."
Un autre point de friction : le prix des Pay-Per-View (PPV). Alors que les événements "numérotés" (comme l’UFC 300) justifient leur tarif élevé par des combats de champions, les Fight Night comme Vegas 110 et 111 restent payants sur ESPN+, sans toujours offrir le même niveau de spectacle. Une frustration que White balaye d’un geste : "Si vous ne voulez pas payer, ne payez pas. Mais ne venez pas pleurnicher après en disant que vous avez raté un combat de malade."
Reste une question : et si ces événements étaient finalement… bons ? L’histoire de l’UFC regorge d’exemples où des cartes jugées "faibles" ont offert des combats mémorables. UFC Fight Night 46 (avec Conor McGregor vs. Poirier I) en est un parfait exemple. Alors, critiques prématurées ou réel manque d’attrait ? La réponse viendra ce week-end, et le 8 novembre. En attendant, une chose est sûre : Dana White, lui, n’a pas l’intention de s’excuser.

