Aller au fil

UFC6 min

Charles Oliveira, l’émotion à vif avant UFC Rio : "Le rêve de 2011 enfin réalité, les larmes ont coulé"

Charles Oliveira, l’émotion à vif avant UFC Rio : "Le rêve de 2011 enfin réalité, les larmes ont coulé"

Le retour triomphal de "Do Bronxs" : quand 14 ans d’attente explosent en une ovation historique

L'essentiel

  1. L’ovation historique : Charles Oliveira, 14 ans après ses débuts, réalise son rêve de 2011 en étant acclamé comme une légende brésilienne à Rio, sous les cris de " O campeão voltou! "
  2. Un adversaire inattendu, un défi assumé : Face à Mateusz Gamrot, remplacé de dernière minute, Oliveira minimise les provocations mais promet un combat " sans pitié " – un duel de styles entre le roi des soumissions (16) et le spécialiste des décisions (13)
  3. Pereira vs. Jones ? Le Brésilien tempère l’engouement : " Compliqué à organiser ", tout en reconnaissant que " Poatan " incarne " une nouvelle ère " aux côtés des Silva et Aldo
  4. Records et symboles : Avec 20 bonus de performance (record UFC) et 35 combats sous la bannière, Oliveira détient aussi le plus long règne brésilien en titre léger (2021-2022)
  5. La leçon d’Anderson Silva : L’émotion du combattant de Guaruja, qui évoque " les larmes retenues " en repensant à l’entrée triomphale de son idole en 2011

"Je n’ai pas pu retenir mes larmes" : quand le Brésil entier vibre pour son roi

Rio de Janeiro, 2 février 2024 – La scène est presque irréelle. Sous les lumières aveuglantes du Barra Shopping, plus grand centre commercial de la ville, des centaines de fans scandaient "O campeão voltou!" ("Le champion est de retour !") alors que Charles Oliveira, 35 ans, foulait le tapis pour une séance d’entraînement ouverte. Quatorze ans. C’est le temps qu’il a fallu à "Do Bronxs" pour vivre ce moment, celui qu’il imaginait enfant en regardant Anderson Silva entrer sous une pluie d’acclamations en 2011. "Depuis ce jour, je rêvais de ça. Aujourd’hui, j’ai failli craquer… J’ai retenu mes larmes, mais c’était dur", a-t-il confié, la voix tremblante, à Combate.

Pour comprendre l’ampleur de l’émotion, il faut remonter à ses débuts. Originaire de Guaruja, une ville côtière de l’État de São Paulo, Oliveira a construit sa légende malgré les doutes. 35 combats en UFC (un record pour un Brésilien), 16 victoires par soumission (autre record absolu), et surtout, 20 bonus de performance – personne n’a jamais dominé ainsi les statistiques de la promotion. Pourtant, jusqu’à ce jour, quelque chose manquait : l’adoubement populaire. "Au Brésil, on a eu Wanderlei, Anderson, Aldo… Mais Oliveira, c’est différent. Lui, il a tout conquis sans jamais abandonner, même après les défaites", analyse Fernando Rodriguez, journaliste pour Sherdog Brésil.

Le symbole est fort : les billets pour UFC Rio (prévu le 10 février 2024) se sont arrachés en moins de 24 heures, un record pour un événement hors PPV. "Les gens viennent pour lui, pas pour la carte. C’est du jamais vu depuis l’ère Silva", confirme un promoteur local sous couvert d’anonymat. Et Oliveira le sait : "Ce n’est pas juste un combat. C’est l’aboutissement d’une vie."


Gamrot, l’épée de Damoclès : "Il veut finir ma carrière ? Je vais lui montrer pourquoi j’ai 16 soumissions"

Ironie du sort : le combat tant attendu contre Michael Chandler (annulé pour blessure) a laissé place à un duel encore plus intrigant. Mateusz Gamrot, 33 ans, n’est pas un simple remplaçant. L’ancien double champion du KSW (2018-2021) arrive avec un palmarès impressionnant : victoires contre Jalin Turner (soumission) et Rafael Fiziev (décision unanime), et une réputation de "terminator" pour son grappling étouffant. "Oliveira a accepté ce combat à 10 jours de préavis. Ça en dit long sur son mental", souligne Dayne Fox, analyste pour ESPN MMA.

Pourtant, "Do Bronxs" semble serein. "Je ne me soucie pas de ce qu’il dit. Mon respect pour lui reste intact… mais dans la cage, c’est une autre histoire", a-t-il lancé lors de la conférence de presse, un sourire en coin. Derrière cette calme apparente se cache une stratégie bien huilée. Gamrot, avec 13 victoires par décision en 23 combats, est un maître pour étirer les rounds. Oliveira, lui, détient le ratio de finitions le plus élevé de l’histoire des poids légers UFC (78%). "Il veut jouer avec le temps ? Moi, je joue avec les articulations", glisse son entraîneur Eric Albarracin.

Le contraste de styles promet un choc tactique :

  • Gamrot : 4,25 soumissions tentées par 15 minutes, précision de frappe à 52%
  • Oliveira : 3,8 soumissions réussies par 15 minutes, 60% de précision en clinch
"Si Charles attrape un bras ou un cou, c’est fini. Mais si Mateusz le colle au grillage, ça peut devenir un cauchemar", prédit Daniel Cormier. Un pari à haut risque pour les deux hommes, d’autant que le vainqueur pourrait se retrouver propulsé vers… Islam Makhachev.


"Poatan" vs. Jones : le combat que tout le monde veut, mais que personne n’osera faire ?

Alors que Alex Pereira vient d’écraser Magomed Ankalaev en 80 secondes (UFC 295), les spéculations sur un affrontement contre Jon Jones enflamment les réseaux. Tout le monde, sauf… Charles Oliveira. "Ce serait compliqué à organiser. Jon est une légende, mais il a ses exigences. Et Pereira, lui, il est en mode ‘je détruis tout’", tempère-t-il, lucide.

Pourtant, l’histoire entre ces trois hommes est inextricablement liée. Oliveira se souvient : "Jon était là, en 2021, quand j’ai battu Chandler pour le titre. Il m’a dit : ‘Tu mérites ça, petit.’ Deux ans plus tard, il m’a pris ma ceinture…" (référence à sa défaite face à Islam Makhachev à UFC 280, où Jones était commentateur). Quant à Pereira, "Do Bronxs" le voit comme "l’héritier de Silva et Aldo". "Il a ce même mélange de puissance et de spectacle. Mais attention : si tu le laisses te toucher, tu dors. Regarde ce qu’il a fait à Ankalaev…"

Le problème ? Les poids. Pereira (93 kg) contre Jones (113 kg en poids lourd) nécessiterait un catchweight improbable. "L’UFC ne prendra pas ce risque. Sauf si Dana White voit un chèque à 10 millions de dollars", raille un manager sous le couvert de l’anonymat. Oliveira, lui, préfère en rire : "Moi, je reste en 70 kg. Mais si jamais ça arrive… je paierai ma place pour voir ça !"


Derrière les gants : le Charles Oliveira que personne ne connaît

Saviez-vous que "Do Bronxs" doit son surnom… à un jeu vidéo ? "Quand j’étais gamin, je jouais à ‘Street Fighter’ en choisissant toujours Dhalsim, le combattant indien. Mes potes m’appelaient ‘Bronxs’ parce que je venais d’un quartier pauvre, comme les héros des films américains. Le nom est resté", révèle-t-il. Une origine humble qui contraste avec son statut actuel.

Autre détail méconnu : sa phobie des avions. "Je prends des médicaments avant chaque vol. Une fois, j’ai failli annuler un combat à cause de ça", avoue-t-il. Pourtant, il a voyagé plus que quiconque pour l’UFC : 12 pays en 3 ans, dont des escales au Kazakhstan et en Arabie Saoudite. "Ma femme rit en disant que je suis ‘le champion du monde… des aéroports’."

Enfin, il y a sa fille, Tayla, 10 ans, sa "plus grande motivation". "Elle me dit toujours : ‘Papa, tu es mon super-héros.’ Mais c’est elle, ma force. Quand je perds, c’est à elle que je pense pour me relever". Une confession rare qui explique peut-être pourquoi, malgré 9 défaites en UFC, il a toujours rebondi. "Les records, les ceintures… tout ça s’efface. Mais l’amour des fans, ça, personne ne peut te l’enlever."

Le 10 février, quand Charles Oliveira entrera dans l’octogone du Jeunesse Arena à Rio, ce ne sera pas qu’un combat. Ce sera l’aboutissement d’une quête débutée en 2010, quand un jeune homme de 20 ans, tremblant, faisait ses premiers pas en UFC. Entre-temps, il a tout vécu : la gloire, les chutes, les records, et surtout, cette reconnaissance tardive qui rend sa histoire si unique. Face à Gamrot, il n’aura pas seulement un adversaire, mais l’opportunité de prouver que les légendes ne meurent pas – elles se réinventent. Et si jamais, un jour, Pereira affronte Jones, souvenez-vous de ses mots : "Une nouvelle ère". Celle où le Brésil, encore une fois, écrit l’histoire du MMA.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

Les autres en parlent

Sur le même sujet