"Un combat où tout le monde gagne" : Quand Pereira défie la logique du MMA
Imaginez un sport où deux des plus grands athlètes de leur génération s’affrontent… et où la défaite n’existe pas. C’est la philosophie surprenante qu’Alex Pereira applique à un potentiel combat contre Jon Jones. Après sa victoire contre Magomed Ankalaev à l’UFC 320 en février 2025, le Brésilien a récupéré sa ceinture des mi-lourds avec une performance dominante, prouvant qu’à 38 ans, il était toujours au sommet. Pourtant, c’est vers un défi bien plus grand que se tourne son regard : un superfight contre "Bones", un homme considéré comme le plus grand combattant de l’histoire du MMA.
"Nous sommes deux monstres. Peu importe qui gagne, ce combat marquera l’histoire", déclare Pereira, une déclaration qui résume l’audace de sa démarche. Dans un univers où chaque revers peut signifier la fin d’une carrière ou une chute dans les classements, le Brésilien ose voir plus loin. Avec un palmarès déjà impressionnant – double champion du monde en kickboxing (Glory), titres UFC à 185 et 205 lbs, et des victoires par KO contre des légendes comme Israel Adesanya et Jiri Prochazka – Pereira n’a plus rien à prouver. Pourtant, il veut plus. Il veut l’impossible : battre Jon Jones, un homme invaincu en combat régulier depuis 2009 (seules une disqualification et un no contest entachent son record).
Mais voici le paradoxe : en acceptant ce combat, Pereira prend un risque colossal. Une défaite contre Jones, même "glorieuse", pourrait freiner son élan vers un troisième titre UFC. À l’inverse, une victoire le propulserait dans une dimension mythique, faisant de lui le premier homme à vaincre Jones sans controverse. Un pari qui rappelle celui de Conor McGregor en 2016, quand il avait osé affronter Eddie Alvarez pour devenir double champion – mais avec un adversaire bien plus coriace.
"Je pense à ma carrière, à mon héritage. Un combat contre Jones, même si je perds, sera un moment historique. Mais croyez-moi… je ne compte pas perdre." – Alex Pereira, mars 2025.
Jon Jones : La Retraite qui n’en est pas une
De l’autre côté du ring, Jon Jones joue un jeu dangereux avec les attentes. Après avoir annoncé sa retraite en 2024, le voici qui tease un retour pour un événement UFC à la Maison-Blanche en juin 2025 – un cadre prestigieux qui mérite un combat d’exception. Et quel combat serait plus exceptionnel que celui contre Pereira ? Jones, âgé de 37 ans, a tout gagné : le titre des mi-lourds (qu’il a dominé pendant près d’une décennie), une victoire chez les lourds contre Ciryl Gane, et un statut de GOAT ("Greatest Of All Time") quasi incontesté.
Pourtant, il manque quelque chose à son héritage : une dernière grande victoire, un combat qui effacerait les doutes sur sa fin de carrière. Après des performances en dents de scie (une victoire laborieuse contre Gane, des blessures à répétition), Jones a besoin d’un adversaire qui réveille l’étincelle. Et Pereira, avec son style explosif et son aura de "tueur de légendes" (il a battu Adesanya deux fois, dont un KO monstrueux), est l’homme idéal.
Le problème ? Le temps presse. Jones a toujours eu des difficultés face aux strikers puissants (son combat contre Santos en 2019 l’a prouvé), et Pereira est peut-être le pire cauchemar stylistique qui soit pour lui. D’un autre côté, "Bones" a une capacité unique à démanteler les gameplans de ses adversaires, comme il l’a fait contre Daniel Cormier ou Rashad Evans. Un affrontement entre les deux promettrait un choc de philosophies : la précision chirurgicale de Jones contre la violence brute de Pereira.
"Le Dilemme de Pereira" : Rester roi ou tout risquer ?
Alex Pereira se trouve à un carrefour. Deux options s’offrent à lui :
1. Défendre son titre des mi-lourds contre Carlos Ulberg : Un choix "safe". Ulberg, en pleine ascension, représente un adversaire dangereux mais beatable. Une victoire permettrait à Pereira de consolider son règne et d’envisager d’autres défis dans la catégorie. Mais est-ce suffisant pour un homme qui a déjà tout gagné ?
2. Monter chez les lourds pour affronter Jon Jones : Un choix folle. Pereira devrait prendre du poids, affronter un adversaire plus grand, plus expérimenté dans cette catégorie, et risquer sa réputation. Mais s’il réussit… il entrerait dans l’histoire comme le premier triple champion UFC (moyens, mi-lourds, lourds), un exploit inégalé.
Derrière cette décision se cache une question plus profonde : que veut vraiment Pereira ? Veut-il être un grand champion, ou le combattant qui a osé défier l’impossible ? Son entraîneur, Glauco Shield, confie : "Alex n’a pas peur de perdre. Il a peur de ne pas avoir essayé. Jones est une obsession pour lui depuis des années." Une obsession qui remonte à leurs jours en kickboxing, où Pereira suivait la carrière de Jones avec admiration… et une pointe d’envie.
"Dans le MMA, on nous apprend à éviter les risques. Moi, je cours vers eux. Jones est le seul combat qui me fait vraiment peur… et c’est pour ça que je veux le faire." – Alex Pereira.
Pourquoi ce combat est bien plus qu’un simple superfight
Au-delà des enjeux sportifs, un affrontement entre Pereira et Jones aurait une dimension culturelle. Voici pourquoi :
• Un choc de générations : Jones, le vétéran qui a dominé les années 2010, contre Pereira, la star montante des années 2020. Un passage de témoin en direct.
• Un duel de styles : Le muay thaï destructeur de Pereira vs. le jeu de jambes et le grappling élégant de Jones. Un contraste qui garantit un spectacle à la fois technique et explosif.
• Un enjeu historique : Le vainqueur pourrait prétendre au titre (officieux) de "meilleur combattant de tous les temps". Pereira deviendrait le premier à battre Jones proprement ; Jones, lui, confirmerait sa suprématie en battant un double champion en pleine gloire.
• Un défi pour l’UFC : Dana White adore les superfights, mais celui-ci est ultra-risqué. Et si Jones perd ? Et si Pereira se blesse en montant chez les lourds ? L’organisation doit peser le pour et le contre… avant que l’opportunité ne disparaisse.
Pour les fans, c’est simple : ce combat est un rêve éveillé. Sur les réseaux, les comparaisons vont bon train. Certains évoquent Ali vs. Frazier en boxe, d’autres Fedor vs. Cro Cop en MMA. Une chose est sûre : si ce fight a lieu, le monde s’arrêterá de tourner le temps d’une soirée.
Les obstacles qui pourraient tout faire capoter
Malgré l’enthousiasme, plusieurs facteurs pourraient empêcher ce combat de voir le jour :
1. Le poids : Pereira devrait prendre 10 à 15 kg pour affronter Jones chez les lourds. Une transformation risquée, surtout à 38 ans. Son équipe médicale surveille de près ses genoux (opérés en 2020) et son dos, qui a déjà montré des signes de faiblesse.
2. La santé de Jones : "Bones" a accumulé les blessures ces dernières années (épaule, genou). Un combat contre Pereira, connu pour sa puissance, pourrait aggraver ces problèmes… ou pire, mettre fin à sa carrière.
3. Les ego et les contrats : Jones est connu pour ses exigences financières (il a touché plus de 10 millions de dollars pour son dernier combat). Pereira, lui, commence à réclamer sa part du gâteau. Un accord sera-t-il possible ?
4. L’UFC et ses priorités : Dana White pourrait privilégier d’autres matchs, comme Jones vs. Stipe Miocic 2 (un combat plus "vendeur" aux États-Unis) ou Pereira vs. Ulberg (plus sûr pour la ceinture des mi-lourds).
Enfin, il y a la question de la légitimité. Certains critiques, comme Joe Rogan, estiment que Pereira n’a pas assez d’expérience chez les lourds pour affronter Jones. D’autres, comme Daniel Cormier, pensent que c’est "le seul combat qui a du sens pour Bones en 2025". Un débat qui divise… et qui rend le fight encore plus intrigant.
Et si le combat avait déjà eu lieu ? Le scénario du "What If"
Imaginons un instant que l’UFC ait osé organiser ce fight en 2024. Comment se serait-il déroulé ? Voici une analyse tactique :
Round 1 : Pereira, comme à son habitude, aurait cherché le KO dès les premières secondes. Jones, lui, aurait utilisé son reach supérieur (210 cm d’envergure contre 198 cm pour Pereira) pour garder ses distances. Le Brésilien aurait probablement marqué avec des low kicks, tandis que Jones aurait tenté des takedowns pour amener le combat au sol.
Round 2 : Si Pereira n’avait pas réussi à terminer Jones rapidement, la fatigue aurait commencé à jouer. Jones, maître des combats en 5 rounds, aurait accéléré le rythme, multipliant les clinch et les coups de coude. Pereira, lui, aurait dû adapter son jeu, peut-être en utilisant davantage son jab pour contrer les avancées de Jones.
Round 3 et au-delà : Ici, l’expérience de Jones aurait pu faire la différence. Pereira a déjà montré des signes d’essoufflement dans des combats longs (comme contre Jan Blachowicz). Jones, lui, est un maître des fins de combat (voir ses victoires contre Gustafsson ou Cormier 2).
Verdict probable : Une victoire de Jones par décision unanime, après avoir survécu aux assauts initiaux de Pereira et dominé les rounds suivants. Mais – et c’est là que ça devient intéressant – si Pereira arrivait à toucher Jones proprement au premier round, le combat pourrait basculer en sa faveur. Un scénario qui rappelle Poirier vs. McGregor 2 : un favori qui sous-estime la puissance de son adversaire… et qui paie le prix fort.

