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Yana Santos brise le silence : "L’UFC m’a menacée de sanctions si je refusais de combattre en désavantage"

Yana Santos brise le silence : "L’UFC m’a menacée de sanctions si je refusais de combattre en désavantage"

Yana Santos révèle un système UFC défaillant : menaces, déséquilibres tolérés et une culture où les tricheurs prospèrent. Après quatre combats sur sept face à des adversaires en surpoids, la Brésilienne dénonce une organisation qui punit les scrupuleux et protège les irresponsables. Son témoignage après UFC 300 expose une réalité glaçante : refuser un combat inéquitable, c’est risquer sa carrière.

L'essentiel

  1. Chantage organisationnel : Santos affirme que l’UFC menace de licenciement les athlètes refusant des combats déséquilibrés, citant le cas emblématique de Leslie Smith (2018).
  2. 25 % de pénalité… sans effet : Les combattantes en surpoids gardent 75 % de leur bourse + bonus de victoire, rendant le système "rentable pour les tricheurs" , selon Santos.
  3. L’hypocrisie du "sourires et serrez-vous la main" : L’UFC exigerait une fausse cordialité post-combat, malgré des conditions "inacceptables" imposées aux athlètes respectueux des règles.
  4. Macy Chiasson, symbole d’un problème systémique : Aucune excuse, juste un calcul financier (" J’ai perdu 25 %, ça suffit "), révélateur d’une culture de l’impunité normalisée.
  5. Un record alarmant : 4 combats sur 7 pour Santos contre des adversaires en surpoids – un phénomène que l’organisation tolère et perpétue .

"Vous acceptez, ou vous perdez tout" : le dilemme imposé à Yana Santos

Imaginez devoir choisir entre votre intégrité physique et votre moyen de subsistance. C’est le cauchemar vécu par Yana Santos avant son combat contre Macy Chiasson à l’UFC 300, le 13 avril 2024. La Brésilienne, habituellement discrète, a explosé dans une interview accordée à MMA Fighting : "L’UFC m’a clairement dit que je serais punie si je refusais. Pas une amende, pas une suspension… mon contrat." Des mots qui résonnent comme un aveu accablant pour l’organisation, déjà critiquée pour sa gestion des problèmes de poids récurrents.

Le contexte ? Macy Chiasson avait affiché 137,5 lb à la pesée officielle – soit 1,5 lb de trop pour la catégorie des poids coqs (136 lb). Un écart minime en apparence, mais suffisant pour offrir un avantage physique tangible en combat. "Elle était plus forte, plus explosive. À ce niveau, chaque once compte", explique Santos, qui a pourtant dû signer le contrat sous la pression. "Soit je me bats, soit je risque de tout perdre." Un choix cornélien, d’autant plus cruel que la Brésilienne avait déjà subi cette situation… à quatre reprises en sept combats sous banner UFC.


Pire : son témoignage fait écho à celui de Leslie Smith, virée en 2018 après avoir refusé un combat contre Aspen Ladd, elle aussi en surpoids. "Ils m’ont dit : ‘Tu signes, ou tu es remplacée.’ J’ai signé, et j’ai perdu par KO en 45 secondes", avait révélé Smith à l’époque. Dix ans plus tard, rien n’a changé – sauf que les menaces sont devenues plus explicites. "C’est systématique, confirme Santos. Ils savent qu’on a peur de perdre notre place."

Le business du surpoids : quand tricher devient "rentable"

Au cœur du problème : un système de sanctions inefficace. L’UFC retire 25 % de la bourse aux athlètes en surpoids… mais ceux-ci conservent 75 % de leur salaire, auxquels s’ajoutent d’éventuels bonus de victoire (50 000 $ pour un Performance of the Night, par exemple). Résultat ? "Elles ont tout à gagner à ne pas faire le poids", assène Santos. "Macy a perdu 25 % de sa bourse, mais elle a gagné le combat et gardé son classement. Moi, j’ai tout perdu : le combat, mon respect, et ma santé."

Un calcul cynique, mais lucratif. Prenez l’exemple de Jennifer Maia, qui avait affronté Viviane Araujo en surpoids (128 lb pour 126 lb) en 2020. Malgré la pénalité, Maia avait empoché un bonus de 50 000 $ pour sa performance… et conservé sa place dans le top 10. "Où est la dissuasion ?", s’interroge Santos. "L’UFC envoie un message clair : ‘Triche, et on te protégera.’"


La Brésilienne va plus loin : selon elle, l’organisation minimise délibérément les écarts de poids. "Ils disent : ‘C’est juste 1 ou 2 livres.’ Mais à 135 lb, 2 livres, c’est 1,5 % de ton poids corporel !" Une différence qui, en combat, se traduit par plus de puissance, plus d’endurance – et des risques accrus de blessures pour l’adversaire respectueux des règles. "On nous demande d’accepter l’inacceptable, puis on nous dit de ‘serrer la main et sourire’ après le combat. C’est hypocrite."

"Aucun remords, juste un sourire" : l’attitude de Macy Chiasson qui a tout déclenché

Si Yana Santos a craqué, c’est aussi à cause de l’attitude de Macy Chiasson. Aucune excuse avant le combat. Aucun mot après la victoire. Juste une phrase, lâchée avec désinvolture : "J’ai perdu 25 % de ma bourse, ça devrait suffire." "Ça m’a glacée", confie Santos. "Elle traitait ça comme une formalité administrative, pas comme une faute professionnelle."

Le pire ? Chiasson n’est pas une exception. Santos cite le cas de Irene Aldana, qui avait raté sa pesée face à Holly Holm en 2022 (137 lb)… avant de remporter le combat et de justifier son écart par des "problèmes de coupe de poids". "Personne ne les blâme, peste Santos. Elles sont même félicitées pour leur ‘mental d’acier’ !" Une double peine pour les athlètes comme elle, qui passent des semaines à se priver pour faire le poids, tandis que leurs adversaires bénéficient d’un passage en force institutionnalisé.


L’anecdote qui résume tout ? Lors de la pesée de l’UFC 300, Santos aurait découvert le surpoids de Chiasson sur place, sans avertissement préalable. "Personne de l’UFC ne m’a prévenue. J’ai dû l’apprendre en montant sur la balance, comme si c’était normal." Une normalisation des dérapages qui, selon elle, encourage les combattantes à ne plus faire d’efforts. "Pourquoi se tuer à la coupe si, de toute façon, on te laissera combattre ?"

Derrière les projecteurs : le calvaire invisible des "bonnes élèves"

Ce que le public ne voit pas ? Les sacrifices des athlètes qui respectent les règles. Yana Santos révèle avoir dû refuser des dîners familiaux, subir des déficits caloriques extrêmes (parfois moins de 1 200 kcal/jour), et supporter des séances de déshydratation douloureuses – le tout pour se présenter à la pesée dans les clous. "Pendant ce temps, certaines mangent un burger la veille et montent sur la balance en rigolant", lance-t-elle, amère.

Pire : ces efforts sont rarement récompensés. Santos raconte avoir reçu des messages de fans lui reprochant de "trop se plaindre" après sa défaite face à Chiasson. "Les gens ne comprennent pas, soupire-t-elle. On me dit : ‘C’est ton travail.’ Oui, mais mon travail, c’est de combattre à armes égales, pas de servir de punching-ball à des tricheuses."


Son combat n’est pas seulement sportif – c’est une lutte pour la dignité. Après UFC 300, Santos a reçu des menaces voilées de la part de managers lui suggérant de "laisser tomber" si elle continuait à parler. "Ils veulent nous faire taire, mais je ne me tairai pas. Si je me tais, qui défendra les prochaines ?"

L’UFC face à ses contradictions : entre image et réalité

Officiellement, l’UFC se présente comme une organisation "professionnelle et équitable". Dans les faits, ses actions contredisent ses discours. Preuve en est : en 2023, 12 % des combats en catégorie féminine ont impliqué au moins une athlète en surpoids (source : MMA Decisions). Un chiffre en hausse, malgré les promesses de "tolérance zéro" brandies par Dana White.

"Ils préfèrent un spectacle à tout prix, même si ça signifie sacrifier l’intégrité du sport", accuse Santos. La preuve ? Les combats avec écarts de poids génèrent souvent plus de buzz (ex. : Cris Cyborg vs. Leslie Smith en 2016, où Cyborg avait raté sa pesée de 5 lb… pour un combat devenu viral). "L’UFC vend du drama, pas du fair-play", résume-t-elle.


Pourtant, des solutions existent. La ONE Championship, par exemple, annule systématiquement les combats si un athlète dépasse le poids (sauf accord mutuel avec compensation financière majorée). "Pourquoi l’UFC ne fait pas pareil ? Parce que ça coûterait trop cher en annulations de cartes", analyse Santos. "Ils préfèrent faire porter le risque aux combattants, pas à leur bilan."

Le témoignage de Yana Santos dépasse le simple règlement de comptes. Il révèle un système à bout de souffle, où la quête du profit éclipse l’éthique sportive. Son combat – perdu sur le ring, mais peut-être gagné dans l’arène médiatique – pose une question cruciale : jusqu’où l’UFC ira-t-il dans la normalisation de l’inacceptable ?
Une chose est sûre : si rien ne change, les prochaines Yana Santos n’auront plus le choix. Elles devront tricher… ou disparaître. Et ce jour-là, le MMA aura perdu bien plus qu’un combat – il aura perdu son âme.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Celtic

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