Le Qatar tremble : le KO qui a tout changé
Le 22 novembre 2023, sous les lumières aveuglantes de l’UFC Qatar, Volkan Oezdemir a offert une masterclass de puissance et de précision. Face à Alonzo Menifield, un adversaire connu pour sa résistance, le Suisse n’a eu besoin que de 2 minutes et 37 secondes pour sceller le combat d’un crochet du gauche dévastateur. Un KO si net qu’il a instantanément relancé les discussions : et si Oezdemir était de retour pour de bon ?
Ce succès n’était pas qu’une simple victoire. C’était une déclaration d’intention. Après des hauts et des bas – une défaite cuisante contre Carlos Ulberg en mars 2023, mais des victoires contre Johnny Walker (2022) et Bogdan Guskov (2021) –, le combattant de 34 ans a prouvé qu’il pouvait encore dominer l’octogone avec l’efficacité qui l’a rendu célèbre. Pourtant, malgré cette performance, les classements UFC sont restés de marbre : 9ᵉ place, comme avant le combat. Une stagnation qui en dit long sur la férocité de la division des poids mi-lourds, où chaque victoire doit être exceptionnelle pour espérer progresser.
« Je veux le titre. Je ne suis pas là pour faire de la figuration. » Ces mots, prononcés par Oezdemir en conférence de presse, résument son état d’esprit. Mais dans un univers où des noms comme Jamahal Hill, Alex Pereira ou Jiri Prochazka trustent les premières places, la route est semée d’embûches. Son prochain combat sera-t-il celui qui le propulsera enfin vers le sommet ?
Derrière le KO : l’histoire d’un combattant qui refuse d’abandonner
Volkan Oezdemir n’est pas un inconnu pour les fans de MMA. Né en Suisse de parents turcs, il a débuté les arts martiaux mixtes sur le tard, après une jeunesse marquée par le football et le kickboxing. Son parcours est celui d’un outsider : peu médiatisé au début, il a explosé en 2017 avec une série de victoires éclair (dont un KO en 28 secondes contre Misha Cirkunov), le propulsant vers un combat de titre contre Daniel Cormier en 2018. Une défaite, mais une consécration.
Depuis, son histoire est un rollercoaster : des victoires contre des légendes comme Anthony Smith ou Ilir Latifi, mais aussi des défaites qui l’ont fait reculer dans la hiérarchie. Ce qui frappe chez Oezdemir, c’est sa capacité à se réinventer. Après sa défaite contre Ulberg, beaucoup le donnaient pour fini. Pourtant, il est revenu plus fort, avec un jeu de jambes amélioré et une frappe plus précise – comme en témoigne son KO contre Menifield.
« Volkan a toujours eu ce quelque chose en plus : une détermination à toute épreuve. Même quand il perd, il revient avec une réponse. », confie Fernando Lopez, son entraîneur à la Sanford MMA en Floride. Une résilience qui, couplée à son expérience (25 combats pros), en fait un adversaire redoutable pour quiconque ose le sous-estimer.
Le paradoxe du classement : pourquoi Oezdemir ne progresse pas ?
Voici l’énigme : malgré des victoires convaincantes, Volkan Oezdemir reste bloqué à la 9ᵉ place. La raison ? La division des poids mi-lourds est aujourd’hui la plus compétitive de l’UFC. Entre les anciens champions comme Jan Blachowicz, les stars montantes comme Magomed Ankalaev, et les phenomènes comme Alex Pereira, chaque place est âprement disputée.
Son problème ? Le manque de constance contre l’élite. Oezdemir bat des top 15, mais trébuche face aux top 5. Sa défaite contre Ulberg (classé 6ᵉ à l’époque) a montré ses limites contre des strikeurs explosifs. Pour percer, il lui faut désormais une série de victoires contre des noms plus prestigieux – et vite. À 34 ans, le temps n’est plus un allié.
« Volkan a le niveau pour être champion, mais il lui manque ce combat signature, celui qui fait dire : "Lui, c’est le prochain." », analyse Nicolas Dalby, commentateur MMA. Un avis partagé par beaucoup : Oezdemir a le talent, mais doit maintenant choisir ses combats avec intelligence pour maximiser son impact.
2024 : l’année de la dernière chance ?
Avec cette victoire au Qatar, Oezdemir a envoyé un message clair : il n’a pas dit son dernier mot. Mais pour prétendre au titre, il doit enchaîner – et vite. Plusieurs scénarios se dessinent :
- Un combat contre un top 5 : Affronter un nom comme Jamahal Hill ou Jiri Prochazka serait un risque, mais une victoire le propulserait directement dans la course au titre.
- Une revanche contre Carlos Ulberg : Effacer sa défaite récente enverrait un signal fort aux classements.
- Un duel contre un outsider dangereux : Un combat spectaculaire contre un strikeur comme Ryan Spann ou Nikita Krylov pourrait lui offrir une vitrine médiatique.
« Je ne cherche pas les combats faciles. Je veux ceux qui me mènent au titre. Point. », a-t-il déclaré après sa victoire. Une philosophie qui force le respect, mais qui comporte des risques. Dans un sport où une seule défaite peut vous faire reculer de plusieurs places, Oezdemir joue gros. Pourtant, c’est cette même audace qui a fait de lui un favori des fans.
Une chose est sûre : son prochain combat sera le plus important de sa carrière. S’il l’emporte de manière convaincante, il pourrait enfin briser le plafond de verre qui le maintient hors du top 5. Sinon, il risque de rejoindre la longue liste des talents qui, malgré leur potentiel, n’ont jamais touché la ceinture.

