Il y a 338 jours
UFC Vegas 111 : Raoni Barcelos domine Ricky Simon malgré une blessure spectaculaire, une victoire qui fait mal
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Un choc tactique et sanglant à Las Vegas
L’UFC Vegas 111 a offert un duel contrasté entre l’expérience brésilienne et la résistance américaine. Ricky Simon a quitté l’octogone avec une entaille spectaculaire au menton, immortalisée par Dana White, tandis que Raoni Barcelos, 38 ans, a enchaîné une quatrième victoire consécutive par décision unanime. Une performance qui consolide sa place dans la division des poids coqs et interroge : jusqu’où peut aller ce vétéran en pleine forme ?
A retenir :
- Blessure impressionnante : Ricky Simon subit une entaille profonde au menton, nécessitant des points de suture, partagée par Dana White sur les réseaux.
- Quatrième victoire d’affilée pour Raoni Barcelos, qui domine Simon avec précision et endurance, malgré ses 38 ans.
- Stratège des décisions unanimes : Barcelos maîtrise l’art des combats serrés, un atout pour son ascension vers le top 15 des 61 kg.
- Un style qui défie l’âge : Le Brésilien prouve que l’expérience et la tactique peuvent surpasser la jeunesse dans l’octogone.
- Portes du classement : Cette victoire pourrait propulser Barcelos dans le classement officiel, une première depuis son retour en forme.
Un combat qui marque les corps… et les esprits
L’UFC Vegas 111 restera gravé dans les mémoires pour deux raisons : la résilience de Ricky Simon et la maîtrise tactique de Raoni Barcelos. Dès les premières minutes, les échanges ont été intenses, avec Simon, connu pour son grappling agressif, tentant de porter le combat au sol. Mais Barcelos, toujours mobile, a su contrer avec des coups de pied précis et des combinaisons de poings qui ont progressivement marqué son adversaire.
Le moment le plus frappant ? L’entaille béante au menton de Simon, probablement causée par un coup de coude accidentel ou un crochet bien placé. Les images partagées par Dana White sur Instagram ont rapidement fait le tour des réseaux, rappelant les risques inhérents au MMA. Malgré cette blessure – et les 10 points de suture qui ont suivi –, Simon n’a jamais baissé les bras, prouvant une fois de plus pourquoi il figure parmi lesoutsiders des poids coqs.
Pour Barcelos, cette victoire est bien plus qu’un simple ajout à son palmarès. À 38 ans, dans une division où la moyenne d’âge est bien inférieure, il défie les statistiques. "Je me sens comme à 25 ans", avait-il déclaré en conférence de presse, avant d’ajouter : "L’âge n’est qu’un nombre quand tu as la bonne préparation et la passion." Des mots qui résonnent particulièrement après ce combat où il a dominé un adversaire de 10 ans son cadet.
"Le roi des décisions unanimes" : quand la stratégie paie
Raoni Barcelos a un style bien à lui : peu de KO spectaculaires, mais des victoires nettes et sans contestation. Contre Ricky Simon, il a une nouvelle fois démontré pourquoi on le surnomme affectueusement "le roi des décisions unanimes" dans les cercles brésiliens. Avec 6 de ses 8 dernières victoires obtenues par décision, Barcelos prouve que le MMA n’est pas qu’une question de puissance, mais aussi d’intelligence combat.
Son approche repose sur trois piliers :
- La gestion du rythme : Il alterne phases d’attaque et moments de repli pour épuiser son adversaire.
- La précision des frappes : Ses coups de pied bas et ses jabs ont systématiquement touché Simon, accumulant les points.
- La défense au sol : Malgré les tentatives de soumission de Simon, Barcelos n’a jamais été en danger, grâce à un Brazilian Jiu-Jitsu affûté.
Cette méthode, bien que moins médiatique que les KO fulgurants, est redoutablement efficace. Comme l’a souligné l’analyste Daniel Cormier en commentaire : "Barcelos ne gagne pas par accident. Il construit ses victoires comme un architecte, brique par brique." Une philosophie qui pourrait bien le mener vers le top 10 des poids coqs, une position qu’il n’a plus occupée depuis 2021.
Derrière les projecteurs : le parcours d’un combattant qui refuse de vieillir
Ce que beaucoup ignorent, c’est que Raoni Barcelos a failli prendre sa retraite en 2022. Après une série de défaites et des blessures à répétition, il avait songé à raccrocher les gants. Mais c’était sans compter sur son équipe, et notamment son entraîneur Dedé Pederneiras (Nova União), qui l’a convaincu de repenser sa préparation. "On a tout revu : son alimentation, ses séances de récupération, même sa façon de dormir", confie Pederneiras. Le résultat ? Un Barcelos plus explosif, plus endurant, et surtout plus intelligent dans sa gestion des combats.
Son retour en forme coïncide avec une série impressionnante : victoires contre Payton Talbott (soumission), Cody Garbrandt (décision), et maintenant Simon. Trois combats, trois styles différents, mais une constante : l’adaptation. "Chaque adversaire est un puzzle, explique Barcelos. Mon travail, c’est de trouver la pièce manquante avant qu’il ne le fasse."
Un autre détail marquant : son régime d’entraînement "old school". Alors que beaucoup de fighters misent sur la technologie (capteurs de performance, analyses vidéo poussées), Barcelos privilégie le travail au feeling. "Je m’entraîne comme à l’époque de Royce Gracie, avec des sparrings durs et des heures de jiu-jitsu", avoue-t-il. Une approche qui peut sembler démodée, mais qui lui donne cette résilience mentale si précieuse dans les moments clés.
Et maintenant ? Vers le top 10 ou un dernier défi ?
Avec cette quatrième victoire d’affilée, la question se pose : jusqu’où peut aller Raoni Barcelos ? Les options ne manquent pas pour le Brésilien :
- Un combat contre un top 15 : Des noms comme Mario Bautista (n°12) ou Kyler Phillips (n°14) pourraient être des adversaires logiques.
- Un clash de vétérans : Un affrontement contre Dominick Cruz ou Urijah Faber (en légendes) ferait rêver les fans.
- Un test contre un jeune loup : Affronter un espoir comme Cameron Saaiman (invaincu) serait un moyen de prouver qu’il peut encore rivaliser avec la nouvelle génération.
Cependant, tous les observateurs ne sont pas convaincus. L’analyste Robin Black tempère : "Barcelos est en grande forme, mais la division des poids coqs est l’une des plus compétitives. Un combat contre un top 10 serait un vrai test pour son chin et son cardio." Un avis partagé par d’anciens adversaires, comme Khalil Rountree, qui estime que "son style fonctionne contre des fighters moyens, mais pas contre l’élite".
Du côté de Barcelos, l’ambition est claire : "Je veux un combat qui me rapproche du titre. Je ne suis pas là pour faire de la figuration." Avec Sean O’Malley champion et des prétendants comme Merab Dvalishvili ou Petr Yan, la route est longue. Mais si quelqu’un peut surprendre, c’est bien ce Brésilien qui refuse de se comporter comme un combattant de 38 ans.
Le mot de la fin : quand le sang et la sueur écrivent l’histoire
Au-delà des statistiques et des classements, ce combat restera symbolique. Symbolique d’un MMA où l’expérience peut encore triompher, malgré la jeunesse et l’athlétisme des nouvelles générations. Symbolique aussi de la violence inhérente au sport, avec cette blessure de Simon qui rappelle que chaque combat peut laisser des traces.
Pour les fans, une question persiste : Barcelos peut-il devenir le "GSP brésilien" des poids coqs, un combattant capable de dominer tard dans sa carrière ? Pour le savoir, il faudra suivre ses prochains pas. Une chose est sûre : à l’UFC Vegas 111, il a prouvé qu’il méritait d’être dans la conversation.

