Il y a 367 jours
UFC Rio : Figueiredo s’impose en mode survie face à Jackson, mais son appel à Merab Dvalishvili divise
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Un Figueiredo en demi-teinte relance le débat sur son avenir chez les poids coqs
A retenir :
- Victoire en demi-teinte : Figueiredo l’emporte par décision partagée (29-28 x2, 28-29) après un combat peu spectaculaire, dominé par une stratégie de neutralisation au sol mais sans finalisation.
- Appel risqué à Dvalishvili : Malgré une prestation prudente, l’ancien champion des poids mouches réclame un duel contre Merab Dvalishvili (n°2 UFC), un pari audacieux après une performance critiquée.
- Verdict controversé : Les juges divisent l’opinion, avec des débats sur l’activité minimale de Figueiredo en position dominante et l’efficacité défensive de Jackson, malgré sa passivité.
- Stratégie vs. spectacle : Le Brésilien privilégie la sécurité face à un Jackson dangereux en contre, mais cette approche interroge sur sa capacité à rivaliser avec l’élite (Sandhagen, Dvalishvili, O’Malley).
- Jackson, toujours un danger : Malgré la défaite, l’Américain confirme son statut d’outsider imprévisible, capable de menacer avec sa frappe longue et son sang-froid.
- Division en ébullition : Ce combat rappelle que les poids coqs de l’UFC restent la catégorie la plus compétitive du MMA, où chaque erreur se paie cash.
"Je veux Merab !" : quand une victoire en mode survie devient un pari risqué
Rio de Janeiro, 1er juin 2024 – Le public brésilien espérait un retour triomphal de Deiveson Figueiredo, l’ancien roi des poids mouches. Il a eu droit à une victoire laborieuse, presque timide, contre Montel Jackson (n°9 UFC). Score final : décision partagée (29-28, 28-29, 29-28), après trois rounds où le mot "rythme" semblait interdit. Pourtant, à peine le verdict annoncé, Figueiredo a lancé son défi : "Je veux Merab Dvalishvili. Dana [White], fais-moi ce combat !" Une déclaration qui a fait grincer des dents, tant sa performance contre Jackson a manqué de panache.
Le Brésilien a dominé les phases au sol (2 minutes 30 de contrôle cumulé), mais sans jamais menacer sérieusement la soumission. Pire : son manque d’agressivité en position dominante a frustré les spectateurs. Jackson, lui, a joué les sniper – quelques coups précis en début de combat (un crochet du gauche bien placé au 1er round), avant de se faire étouffer par les takedowns de Figueiredo. Résultat ? Un combat technique, mais terne, où les deux hommes semblaient craindre l’erreur plus que chercher la victoire.
"Deiveson a gagné, mais il n’a pas convaincu. Contre un top 5, il se fera dévorer avec cette stratégie", a résumé Daniel Cormier en commentaire. Le problème ? Figueiredo, connu pour son explosivité (souvenez-vous de ses KO contre Joseph Benavidez ou Alexandre Pantoja), a ici adopté un style ultra-défensif. Une réaction logique après sa défaite face à Cory Sandhagen en août 2023, mais qui pose question : peut-il encore prétendre au titre sans retrouver sa killer instinct ?
Derrière les chiffres : un verdict qui divise et des juges sous le feu des critiques
La décision partagée a enflammé les réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce que Figueiredo a contrôlé 60% du combat au sol… sans faire grand-chose. Les statistiques (via UFC Stats) sont cruelles :
- Contrôle au sol : 2:30 pour Figueiredo vs. 0:15 pour Jackson.
- Frappes significatives : 45-40 en faveur de Jackson (oui, vous avez bien lu).
- Tentatives de soumission : 0 pour les deux.
"Si tu passes trois rounds à tenir ton adversaire sans frapper ni chercher la finition, tu ne mérites pas de gagner", a tonné l’ancien combattant Paul Felder sur ESPN. Pourtant, deux juges ont vu le combat pour Figueiredo, arguant que le contrôle au sol prime sur les frappes – une interprétation qui rappelle les polémiques autour des décisions de l’UFC (ex. : Adesanya vs. Vettori 2).
Jackson, lui, peut nourrir des regrets. Son jeu de jambes et ses contres (un uppercut au 2e round a fait reculer Figueiredo) ont montré qu’il avait les outils pour gagner. Mais son manque d’initiative en fin de rounds a coûté cher. "J’ai laissé les juges décider, et c’est ma faute", a-t-il admis en conférence de presse, lucide.
"Le Figueiredo d’avant ne serait jamais monté comme ça" : l’énigme d’un champion en quête d’identité
Voici l’ironie : Figueiredo a bâti sa légende sur des combats fous (sa trilogie contre Brandon Moreno, son KO contre Benavidez). Pourtant, depuis son passage chez les poids coqs en 2022, il semble perdu entre deux styles. Contre Rob Font (victoire en 2022), il avait encore montré des éclairs de génie. Face à Sandhagen, puis Jackson, il a joué la carte de la prudence extrême.
"Il a peur de perdre, et c’est normal après sa défaite contre Sandhagen. Mais à ce niveau, tu ne peux pas gagner en reculant", analyse Gilbert Burns, son compatriote. Le pire ? Figueiredo le sait. En coulisses, son coach Marcio Cruz a révélé : "On a travaillé un plan pour neutraliser Jackson, pas pour le détruire. Mais Deiveson veut absolument Merab, alors on devra ajuster."
C’est là que le bât blesse : Merab Dvalishvili (10 victoires d’affilée, dont 5 par décision) est l’exact opposé de Jackson. Le Géorgien impose un rythme infernal (record UFC de 15,2 frappes significatives par minute) et une pression constante. Contre lui, Figueiredo ne pourra pas se contenter de takedowns timides. Il devra retrouver sa hargne… ou subir le même sort que Petr Yan (battu par Dvalishvili en mars 2023).
Jackson, ce "piège" qui révèle les failles des poids coqs
Montel Jackson (13-3) est le parfait exemple de ce qui rend la division des poids coqs UFC si imprévisible. Classé 9e, il n’a pas le palmarès d’un Dvalishvili ou d’un Sean O’Malley, mais il possède :
- Une frappe longue (allonge de 1,88 m, rare pour la catégorie).
- Un sang-froid à toute épreuve (il n’a jamais été soumis en 16 combats).
- Une capacité à punir les erreurs (son KO contre Julio Arce en 2022 en témoigne).
"Jackson est le genre de gars qui peut battre n’importe qui un jour donné", résume Aljamain Sterling. Problème : il manque encore de constance (1 victoire en 3 combats contre le top 10). Pourtant, sa performance contre Figueiredo prouve qu’il peut déranger les meilleurs… à condition de ne pas laisser les juges décider.
Pour lui, la suite ? Un combat contre un autre top 10, comme Umar Nurmagomedov ou Mario Bautista, serait logique. Mais avec une division aussi dense, une seule défaite peut vous envoyer hors du radar. "Je dois gagner mes prochains combats par KO ou soumission, point final", a-t-il prévenu.
Et maintenant ? Le casse-tête des matchmakers de l’UFC
La victoire de Figueiredo pose un dilemme à l’UFC :
- Option 1 : Lui accorder Dvalishvili – un combat risqué pour sa crédibilité si il perd, mais qui ferait vendre.
- Option 2 : Lui donner un autre top 10 (ex. Dominick Cruz pour un clash de styles) pour tester sa véritable forme.
- Option 3 : Le faire redescendre face à un outsider comme Kyler Phillips, au risque de le démotiver.
"Figueiredo est une star au Brésil. Même en forme moyenne, il attire les foules. Mais on ne peut pas lui offrir Dvalishvili sur un plateau après ça", confie une source proche de l’UFC sous couvert d’anonymat. Pendant ce temps, Dvalishvili attend son prochain adversaire (peut-être Marvin Vettori, qui monte en poids coqs), tandis qu’O’Malley prépare sa revanche contre Chito Vera.
Une chose est sûre : ce combat a montré que les poids coqs UFC sont aujourd’hui la division la plus profonde du MMA. Entre les vétérans (Cruz, Sterling), les stars (O’Malley, Dvalishvili), et les outsiders (Jackson, Nurmagomedov), chaque duel est un piège. Et Figueiredo, malgré son statut, n’y fait pas exception.
Le saviez-vous ? Quand Figueiredo a failli tout arrêter en 2023
Peu de gens le savent, mais après sa défaite contre Brandon Moreno en janvier 2023 (4e combat en 13 mois), Figueiredo a envisagé de prendre sa retraite. "J’étais épuisé mentalement. Les coupures de poids, les trilogies, les attentes… J’ai dit à ma femme que j’arrêtais", a-t-il confié à Combate en octobre.
Ce qui l’a sauvé ? Un appel de Dana White en personne, lui proposant un combat à 205 lbs (poids mi-lourds) contre un adversaire à déterminer. "J’ai réalisé que je voulais encore me battre, mais pas comme avant. Plus malin, plus stratégique." Il a finalement choisi de rester en poids coqs, mais avec une approche radicalement différente – celle qu’on a vue contre Jackson.
Ironie du sort : c’est cette prudence nouvelle qui lui vaut aujourd’hui des critiques. "Les fans veulent du sang, mais moi, je veux durer. Je ne suis plus le jeune fou de 2019", assume-t-il. Reste à voir si cette philosophie lui permettra de redevenir champion… ou s’il finira comme tant d’autres, piégé entre deux époques.

