Il y a 331 jours
UFC 322 : Makhachev et Shevchenko écrasent la concurrence, la relève explose au Madison Square Garden
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Un spectacle de domination et de révélations : l’UFC 322 entre dans la légende du MSG
L’UFC 322 a transformé le Madison Square Garden en arène de couronnement et de révélations. Islam Makhachev, déjà roi des légers, s’est offert un second titre en welters face à Jack Della Maddalena, tandis que Valentina Shevchenko a humilie Zhang Weili dans un cours de MMA féminin. Mais au-delà des stars, c’est une vague de jeunes loups – Bo Nickal, Benoit Saint Denis ou Michael Morales – qui a électrisé la foule avec des KO d’anthologie. Une soirée où l’élite a régné… et où la relève a frappé à la porte.
A retenir :
- Double couronne pour Makhachev : le Dagestanais devient le 8ᵉ double champion de l’histoire de l’UFC après une maîtrise implacable de Della Maddalena.
- Shevchenko vs Weili : un combat à sens unique où la Kirghize a exposé les limites de sa rivale chinoise, malgré son statut de favorite des bookmakers.
- La nuit des KO : 4 arrêts spectaculaires en carte principale, dont celui de Bo Nickal (36 secondes !) et le retour en grâce de Benoit Saint Denis.
- Le MSG en ébullition : 20 000 spectateurs et un PPV estimé à 1,2 million d’achats, faisant de l’UFC 322 l’un des événements les plus lucratifs de 2024.
- Controverse : les décisions des juges dans 2 combats préliminaires ont provoqué des réactions virulentes sur les réseaux sociaux.
Makhachev entre dans l’histoire : le règne sans fin du "Eagle"
Quand Islam Makhachev est entré dans l’octogone du Madison Square Garden, le 2 mars 2024, peu doutaient de l’issue du combat. Pourtant, l’enjeu était colossal : devenir le 8ᵉ double champion simultané de l’UFC, un club ultra-restrictif où figurent des légendes comme Conor McGregor ou Daniel Cormier. Face à lui, Jack Della Maddalena, un Australien invaincu en UFC (7-0) et réputé pour son striking explosif. Le scénario écrit par les bookmakers (Makhachev favori à 1,15) s’est transformé en réalité dès les premières minutes.
Dès le 1ᵉʳ round, le Dagestanais a imposé son grappling clinique. Une projection en single-leg suivie d’un contrôle au sol implacable : Della Maddalena, malgré des tentatives désespérées de soumission, a été étouffé sous le top pressure caractéristique de Makhachev. Les rounds 2 et 3 ont suivi le même schéma : 12 minutes de domination positionnelle, 3 rounds gagnés 10-9 par les trois juges, et un score final de 30-27 qui reflétait parfaitement la supériorité technique du champion.
"Je savais qu’il était dangereux debout, alors je l’ai gardé au sol. C’est là que je suis le plus fort", a déclaré Makhachev en conférence de presse, sobre comme à son habitude. Une stratégie payante, mais qui a laissé certains observateurs sur leur faim. "On s’attendait à plus de spectacle de la part d’un double champion", a critiqué le commentateur Joe Rogan, soulignant le manque de finition malgré la maîtrise affichée.
Avec cette victoire, Makhachev (25-1) rejoint un cercle très fermé. Mais déjà, la question se pose : qui pourra l’arrêter ? Les noms de Leon Edwards (champion des welters) ou Justin Gaethje (pour un 3ᵉ combat) circulent, mais le Russe semble intouchable. Une domination qui rappelle celle d’un autre Dagestanais : Khabib Nurmagomedov, son mentor.
"Khabib m’a appris une chose : la ceintures, c’est bien, mais la légende, c’est mieux. Je veux qu’on se souvienne de moi dans 20 ans." — Islam Makhachev, UFC 322
Shevchenko vs Weili : quand la reine écrase l’impératrice
Le combat le plus attendu de la soirée opposait deux légendes du MMA féminin : Valentina Shevchenko (23-4), championne des mouches depuis 2018, et Zhang Weili (24-4), ancienne championne des pailles et favorite des fans asiatiques. Sur le papier, un duel explosif entre la technique chirurgicale de la Kirghize et la puissance brute de la Chinoise. Dans les faits ? Un cours de MMA en 5 rounds.
Dès les premières secondes, Shevchenko a imposé son rythme. Un low kick précis a fait vaciller Weili, suivie d’une combinaison qui a envoyé la Chinoise au tapis dès la 1ʳᵉ minute. Le round 2 a confirmé la tendance : un takedown suivi d’un contrôle au sol et d’une tentative d’étranglement qui a failli mettre fin au combat. Weili, malgré son mental d’acier, semblait perdue face à la science du combat de Shevchenko.
Les rounds 3 à 5 ont été une démonstration de fight IQ : la championne a alterné entre striking précis (72% de strikes significatifs réussis) et grappling dominant, accumulant les points sans prendre de risques. Le score final (50-45 sur les trois cartes) reflétait l’écart abyssal entre les deux athlètes. "Elle m’a montré aujourd’hui pourquoi elle est la meilleure", a reconnu Weili, humilité rare pour une combattante de son calibre.
Cette victoire (la 7ᵉ défense de titre de Shevchenko) pose une question : qui reste-t-il pour la défier ? Les noms de Manon Fiorot ou Erin Blanchfield reviennent, mais l’écart semble trop grand. Certains évoquent même un super-combat contre Amanda Nunes (retraitée mais tentée par un retour), seul combat qui pourrait encore exciter les fans.
"La nuit des KO" : quand la relève explose au MSG
Si les combats de titres ont monopolisé l’attention, c’est bien la carte principale de l’UFC 322 qui restera dans les mémoires pour son taux de finition exceptionnel : 4 KO/TKO sur 5 combats, un record pour un événement PPV en 2024. Et des KO spectaculaires, qui ont fait vibrer les 20 000 spectateurs du Garden.
Bo Nickal, le prodige de 28 ans formé par Henry Cejudo, a besoin de 36 secondes pour envoyer Jamie Pickett au tapis d’un crochet du gauche. Un début de combat qui rappelle les grands noms du wrestling convertis au MMA, comme Brock Lesnar en son temps. "Je veux les meilleurs, donnez-moi Pereira ou Adesanya !", a lancé Nickal, déjà tourné vers les ceintures.
Benoit Saint Denis, lui, a confirmé son statut de finisher avec un TKO au 2ᵉ round contre Thiago Moises. Le Français, après une défaite controversée face à Matt Frevola en 2023, a prouvé qu’il méritait sa place parmi l’élite des légers. "La France est là, et je ne suis pas seul !", a-t-il crié, saluant la performance de son compatriote William Gomès (victoire par décision plus tôt dans la soirée).
Autre performance marquante : celle de Michael Morales, qui a stoppé Jake Matthews au 3ᵉ round après un combat acharné. À 24 ans, le Mexicain-Américain s’impose comme un outsider sérieux chez les welters. Carlos Prates, enfin, a clos la soirée avec un KO technique contre Trevin Giles, portant le total de finitions à 4/5 – un ratio digne des plus grandes cartes de l’histoire de l’UFC.
Ces performances ont un goût particulier : celui d’une génération montante qui n’a pas peur des légendes. "On n’est pas là pour faire de la figuration. On veut les ceintures, et on va les prendre", a résumé Nickal, résumant l’état d’esprit de cette nouvelle vague.
Dans les coulisses du MSG : chiffres, polémiques et anecdotes
L’UFC 322 n’a pas seulement été un succès sportif : c’est aussi un triomphe financier. Avec 1,2 million de PPV estimés (selon MMA Junkie) et une recette live dépassant les 10 millions de dollars, l’événement se place parmi les plus lucratifs de l’année. Le Madison Square Garden, temple du sport new-yorkais, a affiché complet 72h avant le début des combats – un record pour un UFC en 2024.
Mais la soirée n’a pas été sans controverses :
- Deux décisions de juges très critiquées : les victoires de William Gomès et Joel Álvarez par décision partagée ont provoqué l’incompréhension des fans et des médias. "Comment peut-on donner le 3ᵉ round à Álvarez après ce qu’a fait Gomès ?", s’est insurgé le commentateur Daniel Cormier.
- Un problème de cage : lors du combat Prates vs Giles, un panneau publicitaire s’est décroché, provoquant une interruption de 3 minutes. "On dirait un combat de catch des années 90", a ironisé un spectateur sur Reddit.
- L’absence de stars : malgré la présence de Makhachev et Shevchenko, certains regrettent l’absence de Jon Jones ou Conor McGregor pour booster l’audience.
Côté anecdotes, on retient :
- La réaction de Khabib Nurmagomedov, présent dans la salle, qui a pleuré de joie après la victoire de Makhachev. "C’est mon frère, et il vient de faire ce que peu ont réussi", a-t-il confié à ESPN.
- Le message subliminal de Shevchenko, qui a porté un t-shirt avec l’inscription "Like a Butterfly" en hommage à Muhammad Ali… et peut-être à son futur adversaire, Amanda Nunes (surnommée "The Lioness").
- Le selfie raté de Dana White avec Bo Nickal, où le président de l’UFC semble plus impressionné que le combattant lui-même. "Ce gars va être une superstar, et il le sait", a-t-il admis.
Et maintenant ? Les suites de l’UFC 322
Avec un événement aussi riche, les conséquences ne manquent pas. Voici ce qui pourrait suivre :
Pour Makhachev :
- Un super-combat contre Leon Edwards pour unifier les ceintures des welters ? Le Britannique a déjà exprimé son intérêt, mais Makhachev semble privilégier un retour chez les légers.
- Un 3ᵉ combat contre Justin Gaethje, pour régler définitivement leur rivalité. "Je lui dois une correction", a lancé le Russe.
- L’hypothèse Kamaru Usman, si ce dernier revient à son meilleur niveau.
Pour Shevchenko :
- Un combat contre Amanda Nunes en catchweight (63 kg), si la Brésilienne accepte de sortir de sa retraite.
- Une défense contre Manon Fiorot, seule combattante à avoir tenu tête à la championne récemment.
- L’éventualité d’un passage chez les coqs, où elle pourrait affronter Raquel Pennington.
Pour la relève :
- Bo Nickal pourrait affronter Khamzat Chimaev dans un combat explosif entre deux wrestlers.
- Benoit Saint Denis est en ligne pour un top 10 des légers, avec peut-être Arman Tsarukyan en prochain adversaire.
- Michael Morales pourrait défier Ian Machado Garry, autre jeune espoir des welters.
Enfin, l’UFC semble vouloir capitaliser sur ce succès en organisant un nouvel événement au MSG en 2025, avec peut-être un UFC 350 pour célébrer un anniversaire. "New York nous aime, et nous aimons New York", a confirmé Dana White.

