Un Remake Sous Haute Tension : Ankalaev vs. Pereira, l’Affrontement qui Divise
Le T-Mobile Arena de Las Vegas a tremblé sous les pas des deux géants des poids mi-lourds. Magomed Ankalaev, champion en titre avec une série impressionnante de 12 combats sans défaite depuis 2018, affrontait pour la deuxième fois Alex Pereira, l’ancien roi de la catégorie, dans un duel qui promettait d’être bien plus explosif que leur première rencontre. En mars 2024, à l’UFC 313, Ankalaev avait remporté une victoire unanime, mais peu convaincante aux yeux de nombreux observateurs. Pereira, connu pour sa puissance dévastatrice (9 KO en 10 victoires en MMA), jurait cette fois-ci de ne laisser aucun doute.
Les styles s’opposaient à nouveau : d’un côté, le Russe, maître en fight IQ et en gestion de distance, capable d’étouffer ses adversaires avec un grappling méthodique (50% de réussite en takedowns en carrière) ; de l’autre, le Brésilien, dont chaque coup semble porter l’énergie d’un marteau-piqueur. Pereira, ancien champion des poids moyens, avait déjà prouvé qu’il pouvait dominer les mi-lourds avec son jeu de jambes lourd et ses crochets du gauche légendaires – comme en témoigne son KO contre Jan Blachowicz en 2022.
Mais Ankalaev n’est pas un adversaire comme les autres. Son jab précis et sa capacité à contrer les assauts les plus violents en ont fait l’un des combattants les plus redoutés de la division. Lors de leur premier duel, il avait su neutraliser Pereira en le maintenant à distance, tout en marquant des points cruciaux au sol. La question était simple : le Brésilien parviendrait-il à ajuster son approche, ou le champion confirmerait-il sa supériorité tactique ?
"Ce combat, c’est personnel. Pereira a parlé, il a dit que je n’étais pas un vrai champion. Maintenant, je vais lui montrer ce que ça signifie." – Magomed Ankalaev, en conférence de presse.
Dvalishvili vs. Sandhagen : Un Combat pour l’Histoire des Poids Coqs
Si le combat principal faisait rêver les fans de striking, la défense de titre entre Merab Dvalishvili et Cory Sandhagen s’annonçait comme un masterclass en grappling et en endurance. Le Géorgien, invaincu depuis 2018 (13 victoires d’affilée), est connu pour son style étouffant : un mélange de takedowns en chaîne (60% de réussite) et de contrôle au sol implacable. Ses deux défenses de titre précédentes, contre Petr Yan et Henry Cejudo, avaient démontré sa capacité à dominer les meilleurs strikers de la division.
Pourtant, Sandhagen n’est pas un adversaire facile. Malgré un parcours moins régulier (4 victoires en 5 combats), l’Américain a prouvé à maintes reprises qu’il pouvait surprendre. Son KO contre Song Yadong en 2023, suivi d’une soumission en moins d’une minute, avait rappelé au monde du MMA qu’il restait un prétendant sérieux. Son atout majeur ? Une créativité rare : spins kicks, soumissions inattendues, et une capacité à retourner les situations, comme lors de sa victoire contre Frankie Edgar en 2020.
Pour Dvalishvili, l’enjeu était clair : une troisième défense réussie le rapprocherait des légendes de la catégorie, comme Dominick Cruz (4 défenses) ou T.J. Dillashaw. Mais Sandhagen, lui, jouait sa dernière carte. Après deux tentatives de titre infructueuses (contre Aljamain Sterling en 2021 et Petr Yan en 2023), il savait que cette soirée pourrait être sa dernière chance de décrocher la ceinture.
"Merab est un monstre au sol, mais je ne suis pas Yan ou Cejudo. Je vais lui montrer qu’on peut me sous-estimer une fois de trop." – Cory Sandhagen, avant le combat.
"Le Chaos et la Méthode" : Prochazka vs. Rountree, le Duel des Finisseurs
Si les titres étaient en jeu dans les deux combats principaux, la carte réservait aussi un affrontement qui faisait saliver les fans de KO spectaculaires : Jiri Prochazka contre Khalil Rountree. Le Tchèque, ancien champion des poids mi-lourds, faisait son retour après une longue absence due aux blessures. Avec 11 victoires par KO en 14 combats (soit 85% de ses succès), Prochazka incarne le striking le plus imprévisible du MMA. Son style, à mi-chemin entre la danse et la destruction, avait déjà offert des moments inoubliables, comme son KO contre Glover Teixeira à l’UFC 275 – un combat qui lui avait valu le titre en 2022.
Face à lui, Khalil Rountree, en pleine forme avec 3 KO en 4 combats, représentait une menace sérieuse. Plus grand, plus lourd, et doté d’une précision chirurgicale (62% de striking accuracy), l’Américain avait lui aussi l’habitude d’envoyer ses adversaires au tapis. Son KO contre Johnny Walker en 2022, d’un crochet du droit monstrueux, reste l’un des plus violents de ces dernières années.
Les pronostics étaient partagés : Prochazka, avec son jeu de jambes erratique et ses coups venimeux, pouvait-il résister à la puissance pure de Rountree ? Ou bien le Tchèque, après une longue pause, montrerait-il des signes de rouille ? Une chose était sûre : dans un duel entre deux knockout artists, le public ne risquait pas de s’ennuyer.
"Je ne cherche pas les points. Je cherche le KO. Et Prochazka, il le sait." – Khalil Rountree, lors des pesées.
Derrière les Projecteurs : Les Coulisses d’un Événement Hors Norme
L’UFC 320 n’était pas qu’une simple soirée de combats. C’était aussi le résultat de mois de préparation, de stratégies secrètes, et de tensions palpables. Par exemple, saviez-vous que Alex Pereira avait changé d’équipe d’entraînement après sa défaite contre Ankalaev ? Il s’était tourné vers Glory MMA & Fitness, le gym où s’entraîne Israel Adesanya, pour affiner son striking et travailler ses contre-attaques. Une décision risquée, mais qui montrait sa détermination à ne pas répéter les mêmes erreurs.
Du côté de Merab Dvalishvili, les rumeurs parlaient d’un entraînement spécifique pour contrer le unorthodox striking de Sandhagen. Le Géorgien aurait passé des semaines à étudier les spins kicks de son adversaire, s’entraînant avec des partenaires imitant son style imprévisible. Une préparation méticuleuse, typique de son approche scientifique du MMA.
Enfin, le retour de Jiri Prochazka était entouré de mystère. Après des blessures à répétition, beaucoup se demandaient s’il pourrait retrouver son niveau d’avant. Pourtant, lors des entraînements ouverts aux médias, le Tchèque semblait plus explosif que jamais, comme s’il avait trop de rage à évacuer. Son coach, Eugene Bareman, avait d’ailleurs déclaré : "Jiri n’est pas revenu pour participer. Il est revenu pour détruire."
Et Maintenant ? Les Conséquences d’une Soirée Historique
Les résultats de l’UFC 320 allaient inévitablement redessiner le paysage des poids mi-lourds et des poids coqs. Pour Ankalaev, une victoire confirmerait sa domination et ouvrirait la porte à des défis encore plus ambitieux – peut-être un superfight contre Israel Adesanya ? Pour Pereira, une revanche réussie le replacerait au sommet, avec en ligne de mire un troisième combat contre Jan Blachowicz ou une montée chez les lourds.
Chez les poids coqs, Dvalishvili pourrait, s’il l’emporte, viser des records. Trois défenses de titre, et il entrerait dans le top 5 des meilleurs champions de l’histoire de la catégorie. Mais une défaite de Sandhagen soulèverait des questions : à 32 ans, combien de chances lui resteront-il ?
Quant à Prochazka et Rountree, le vainqueur se retrouverait instantanément propulsé dans le top 3 des poids mi-lourds. Un KO spectaculaire, et l’UFC aurait un nouveau prétendant au titre – avec, pourquoi pas, un troisième combat contre Ankalaev en perspective.

