2026 : L’année où l’UFC pourrait enfin briser le plafond de verre
Depuis sa création en 1993, l’UFC a toujours été dominé par les combats masculins. Les main events féminins ? Une rareté. Pourtant, les temps changent. Avec l’arrivée de Paramount en tant que partenaire médiatique – et un chèque faramineux de 7,7 milliards de dollars sur la table – l’organisation semble prête à tourner une page. Selon les informations exclusives d’Ariel Helwani, journaliste réputé pour ses scoops dans le monde du MMA, le premier événement de 2026 pourrait bien être marqué par un duel 100 % féminin en tête d’affiche. Un choix symbolique, mais aussi stratégique, qui reflète l’évolution des mentalités et des audiences.
Pourquoi maintenant ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis 2020, l’audience féminine de l’UFC a augmenté de 30 %, une croissance portée par des stars comme Ronda Rousey, Joanna Jędrzejczyk, ou plus récemment, Valentina Shevchenko. Les femmes ne sont plus des filling fights (combats de remplissage), mais de véritables attractions. Et si Paramount a investi une telle somme, c’est bien pour exploiter ce filon.
Harrison vs Nunes : Le duel des extrêmes
Si ce combat se concrétise, il opposera deux athlètes aux parcours radicalement différents, mais tout aussi impressionnants.
Kayla Harrison, 34 ans, est l’archétype de la combattante moderne : invaincue en 16 combats (15 victoires, 1 nul), elle a dominé le PFL avant de rejoindre l’UFC en 2024. Ancienne judokate olympique (médaille d’or en 2012 et 2016), elle incarne la puissance brute et une technique implacable. Son style agressif, basé sur des takedowns et un ground-and-pound dévastateur, en fait une menace pour quiconque ose lui tenir tête. Pourtant, malgré son palmarès, elle n’a jamais affronté une adversaire du calibre d’Amanda Nunes.
À 36 ans, Amanda Nunes est tout simplement la GOAT – la Greatest Of All Time – du MMA féminin. Double championne (poids coq et poids plume), elle a terrassé des légendes comme Cris Cyborg, Holly Holm, ou Miesha Tate. Son KO contre Valentina Shevchenko en 2020 reste gravé dans les mémoires. Même après sa retraite en 2023, les rumeurs de retour n’ont jamais cessé. Un comeback contre Harrison serait l’occasion parfaite de sceller définitivement son héritage.
Sur le papier, le contraste est saisissant : d’un côté, la jeunesse et l’invincibilité de Harrison ; de l’autre, l’expérience et la légende de Nunes. Un choc de générations, mais aussi de philosophies. Harrison, ultra-dominatrice au sol, contre Nunes, redoutable en striking. Qui l’emporterait ? Les bookmakers seraient divisés, et les fans en ébullition.
Pourquoi ce combat changerait tout pour le MMA féminin
Placer Harrison vs Nunes en main event ne serait pas qu’un coup marketing. Ce serait un message fort : le MMA féminin n’est plus un simple complément, mais une discipline à part entière, capable de porter un événement. Plusieurs facteurs jouent en sa faveur :
1. L’effet "Paramount" : Avec un contrat aussi colossal, le géant médiatique va vouloir maximiser son retour sur investissement. Miser sur un combat féminin, c’est toucher un public plus large et plus diversifié, notamment les jeunes femmes et les nouveaux fans. Les études montrent que les événements avec des têtes d’affiche féminines attirent 20 % de téléspectateurs en plus parmi les 18-34 ans.
2. La fin d’un tabou : Historiquement, l’UFC a toujours privilégié les combats masculins pour ses main events, par peur de perdre en audience. Pourtant, des affrontements comme Rousey vs Holm (UFC 193, 2015) ou Nunes vs Shevchenko 2 (UFC 270, 2022) ont prouvé que le public était au rendez-vous. Avec Harrison et Nunes, l’enjeu serait encore plus grand : deux superstars, une légende et une prétendente au trône.
3. Un héritage pour les futures générations : Un tel combat enverrait un signal clair aux jeunes combattantes : elles aussi peuvent rêver de clôturer un événement UFC. Kayla Harrison l’a d’ailleurs souligné dans une interview récente : "Si on me donne cette chance, ce ne sera pas juste pour moi. Ce sera pour toutes les petites filles qui regardent et qui se disent : ‘Un jour, ce sera mon tour.’"
Les obstacles à surmonter
Malgré l’enthousiasme, plusieurs défis se dressent sur la route de ce main event historique.
1. La santé d’Amanda Nunes : Après sa retraite en 2023, la Brésilienne a évoqué des problèmes de santé, notamment des migraines chroniques. Un retour à la compétition ne serait pas sans risques. Dans une interview accordée à ESPN Brasil en décembre 2024, elle a déclaré : "Je ne fermes pas la porte à 100 %, mais mon corps doit suivre. Ce ne serait pas juste pour un combat, mais pour un combat qui compte." Un duel contre Harrison remplirait clairement ce critère.
2. La pression médiatique : Un combat aussi attendu générerait une hype sans précédent… et une pression énorme. Les attentes seraient démesurées, surtout pour Harrison, qui n’a jamais affronté une adversaire de ce niveau. Une défaite pourrait freiner son ascension, tandis qu’une victoire la propulserait directement parmi les légendes.
3. La logique sportive : Certains puristes pourraient critiquer ce choix, arguant que Harrison n’a pas encore fait ses preuves face à l’élite de l’UFC. Joe Rogan, commentateur emblématique, a d’ailleurs émis des réserves : "Kayla est incroyable, mais Nunes est une autre paire de manches. Si ce combat a lieu, ce sera un baptême du feu." Une défaite de Harrison pourrait être interprétée comme un recul pour le MMA féminin, plutôt qu’une avancée.
Et si tout cela n’était qu’un coup de poker ?
Bien sûr, rien n’est encore officiel. Les rumeurs dans le MMA sont monnaie courante, et Dana White, le président de l’UFC, est connu pour ses retournements de situation. Pourtant, plusieurs indices laissent penser que ce scénario est sérieux :
- Les négociations avec Paramount : Le contrat inclurait des clauses pour promouvoir davantage le MMA féminin, une demande explicite du diffuseur.
- Les déclarations de Harrison : Lors de son dernier combat en novembre 2025, elle a lancé un défi direct à Nunes : "Si tu veux vraiment savoir qui est la meilleure, on n’a qu’à régler ça dans la cage."
- L’agenda de l’UFC : Le premier événement de 2026 est prévu pour le 20 janvier, une date symbolique pour lancer l’année. Un combat aussi médiatique serait parfait pour marquer les esprits.
Reste une question : et si ce n’était qu’une manœuvre pour créer du buzz ? Après tout, l’UFC maîtrise l’art de la hype. Mais cette fois, les enjeux semblent trop grands pour que ce ne soit qu’un leurre. Entre l’argent de Paramount, la soif de reconnaissance du MMA féminin et le désir de légende de Nunes, tous les ingrédients sont réunis pour un moment historique.
Derrière les projecteurs : Les coulisses d’un combat qui pourrait tout changer
Ce que le public ne voit pas, ce sont les mois de négociations et de stratégies qui précèdent un tel événement. Selon une source proche de l’UFC, les discussions entre Endeavor (la maison mère de l’UFC) et Paramount ont débuté dès mi-2025, avec un objectif clair : "Créer un moment qui fera date, comme le premier combat de Conor McGregor en main event."
Du côté des athlètes, les préparations seraient déjà en cours. Harrison s’entraînerait depuis septembre 2025 avec Henri Hooft, célèbre coach néerlandais, pour affiner son striking – son talon d’Achille face à une frappeuse comme Nunes. Quant à la Brésilienne, elle aurait repris les entraînements en novembre, sous la houlette de son mari et coach, Nina Ansaroff (elle-même ancienne combattante UFC).
Un détail intrigant ? Les deux femmes se seraient croisées lors d’un événement caritatif en octobre 2025. Aucun échange musclé, mais un regard appuyant de Nunes, comme pour dire : "À bientôt." Harrison, elle, aurait simplement souri.
Enfin, il y a l’aspect financier. Un combat de cette envergure rapporterait des millions en pay-per-view, mais aussi en sponsors. Des marques comme Reebok, Monster Energy, ou même Louis Vuitton (qui a récemment signé un partenariat avec l’UFC) seraient prêtes à investir massivement. Pour Harrison, une victoire pourrait signifier un contrat à 7 chiffres par combat – un record pour une femme dans l’organisation.
Que ce combat ait lieu ou non, une chose est sûre : l’UFC est à l’aube d’une nouvelle ère. Avec Paramount comme partenaire et une audience féminine en pleine expansion, l’organisation n’a plus le choix. Elle doit innover, surprendre, et surtout, donner sa chance au MMA féminin. Harrison vs Nunes ne serait pas qu’un simple combat. Ce serait un symbole, une preuve que les femmes peuvent, elles aussi, porter un événement sur leurs épaules.
Si les rumeurs se confirment, le 20 janvier 2026 pourrait bien devenir une date historique. Non pas seulement pour les fans de MMA, mais pour tous ceux qui croient que le sport, comme la société, doit évoluer. Et si tout se passe comme prévu, une question se posera inévitablement : après Harrison et Nunes, qui sera la prochaine à briser les barrières ?

