Makhachev, l’incontestable : quand la technique écrase les limites de poids
UFC 322 restera gravé comme le couronnement définitif d’Islam Makhachev en tant que phénomène transcatégorie. Face à Jack Della Maddalena, le Russe n’a pas seulement défendu son titre des poids légers — il l’a étendu aux poids mi-moyens, devenant le premier combattant de l’histoire à détenir simultanément deux ceintures dans ces divisions. Une performance en décision unanime (50-45 sur tous les tableaux), où chaque round a révélé l’abîme technique séparant Makhachev de ses adversaires.
*« Il est dans une autre dimension »*, a réagi Arman Tsarukyan, initialement programmé pour l’affronter en janvier à l’UFC 311. Le forfait de l’Arménien, dû à une blessure au dos survenue la veille du combat, avait suscité la colère de Dana White — *« Un des pires forfaits de l’histoire »*, avait tonné le patron de l’UFC. Pourtant, Tsarukyan assume aujourd’hui ce choix, y voyant une leçon cruciale : *« La santé prime. Même contre Makhachev, si tu n’es pas à 100%, tu n’as aucune chance. »*
La domination de Makhachev soulève une question : qui peut le stopper ? À 70 kg, Ilia Topuria (victorieux contre Charles Oliveira à l’UFC 317) semble le seul prétendant crédible. À 77 kg, les défis ne manquent pas, mais son sambō et son grappling asphyxiants rendent toute victoire hypothétique. *« Même en mi-moyens, il contrôle comme un léger »*, analyse Tsarukyan, qui connaît bien son compatriote pour s’être entraîné avec lui par le passé.
UFC Qatar : Hooker, l’obstacle parfait pour un retour en grâce
Ce samedi, à l’Ali Bin Hamad al-Attiyah Arena de Doha, Arman Tsarukyan (21-3) affronte Dan Hooker (23-12) dans un combat principal en cinq rounds, une première pour l’UFC au Qatar. Pour l’Arménien, l’enjeu est clair : *« Une victoire, et je reviens dans la course au titre. Une défaite, et je dois tout recommencer. »*
Hooker, vétéran respecté et 11ᵉ du classement, incarne un adversaire idéal : assez dangereux pour tester Tsarukyan (*notamment avec son boxing précis et son expérience*), mais pas insurmontable. *« Il a un bon jab, des coups de pied vicieux, et il sait gérer la distance »*, décrypte un coach de l’équipe de Tsarukyan. *« Mais Arman a travaillé son footwork et ses contre-attaques. S’il évite les échanges trop longs, il peut dominer. »*
Le Néo-Zélandais, lui, mise sur son mental d’acier : *« Tsarukyan est un killer, mais je l’ai déjà battu moralement »*, fait-il référence à leur face-à-face tendu lors des pesées de l’UFC 277 (où Hooker avait remporté une victoire controversée contre Clay Guida). *« Il a peur de moi. Je le vois dans ses yeux. »* Une provocation calculée pour déstabiliser l’Arménien, connu pour son tempérament explosif.
La leçon du forfait : quand le corps dit "stop"
Janvier 2024, UFC 311 : Tsarukyan est à quelques heures du combat le plus important de sa carrière. *« Je sentais mon dos se bloquer à l’échauffement. J’ai essayé de forcer, mais c’était comme si un couteau me transperçait »*, se souvient-il. Le forfait, annoncé in extremis, lui vaudra des mois de critiques — y compris des menaces de Dana White de le *« virer de l’UFC »*.
Aujourd’hui, il assume ce choix sans regret : *« J’ai appris que le surentraînement tue les carrières. Maintenant, je fais du vélo, de la randonnée… Des trucs qui préservent mon corps. »* Une philosophie inspirée de Georges St-Pierre, qui prônait l’équilibre pour prolonger sa longévité. *« Avant, je m’entraînais 6h par jour. Maintenant, 3h max, mais avec une intensité ciblée. »*
Cette approche porte ses fruits : ses derniers sparrings, filmés et analysés par son équipe, montrent une explosivité retrouvée et une meilleure gestion de l’énergie. *« Il est plus fluide, moins raide »*, confirme son entraîneur en jiu-jitsu brésilien. *« Contre Hooker, ce sera la preuve que sa préparation est enfin optimale. »*
Topuria, Oliveira, et l’équation impossible des poids légers
Même avec une victoire contre Hooker, Tsarukyan devra patienter avant de prétendre au titre. Depuis juin 2024, la division est sous l’emprise d’Ilia Topuria, qui a destitué Charles Oliveira (soumission au 3ᵉ round de l’UFC 317) dans un combat d’anthologie. *« Topuria a tout : la vitesse, la puissance, et un mental à toute épreuve »*, admet Tsarukyan. *« Mais les choses changent vite en MMA. Regardez Leon Edwards contre Kamaru Usman… »*
Le scénario idéal pour l’Arménien ? Une victoire éclatante contre Hooker, suivie d’un KO spectaculaire contre un top 5 (comme Beneil Dariush ou Mateusz Gamrot), pour forcer l’UFC à lui offrir un combat de titre. *« Je ne demande pas de faveur. Je veux mériter ma chance »*, insiste-t-il.
Charles Oliveira, lui, n’a pas dit son dernier mot. Malgré sa défaite contre Topuria, *« Do Bronx »* reste une légende active, et un éventuel trilogie contre Islam Makhachev (après leur duel controversé à l’UFC 280) fait déjà saliver les fans. *« Oliveira a encore le niveau pour battre n’importe qui »*, estime Tsarukyan. *« Sauf peut-être Makhachev… et Topuria. »*
Doha, le décor d’un rebond ou d’un déclin ?
L’UFC Qatar marque une étape historique : première incursion de l’organisation dans le Golfe, avec un card chargé de stars (Khamzat Chimaev, Robert Whittaker). Pour Tsarukyan, c’est l’occasion de briller sous les projecteurs d’une nouvelle région. *« Je veux montrer au monde que je suis de retour »*, déclare-t-il, conscient que Hooker ne sera pas un adversaire facile.
Les bookmakers donnent l’Arménien favori (1.65 contre 2.20 pour Hooker), mais les parieurs se méfient : *« Hooker a déjà créé la surprise contre des favoris comme Paul Felder ou Jim Miller »*, rappelle un analyste de Bet365. *« Tsarukyan doit éviter les pièges : les coups de pied bas de Hooker, et ses enchaînements en clinch. »*
Une chose est sûre : ce combat sera un test physique et mental. *« Si je gagne, je reviens dans le game. Si je perds… »* Tsarukyan s’interrompt, avant d’ajouter, sourire en coin : *« Je ne perds pas. Pas cette fois. »*

