Un champion absent, une division en stand-by : le cri d’alerte de Steve Garcia
Imaginez un scénario où le titre suprême de votre division est à portée de main… mais personne ne sait quand il sera disputé. C’est le cauchemar que vivent actuellement les poids plumes de l’UFC. Steve Garcia, invaincu depuis son arrivée dans l’organisation (6 victoires, 5 KOs), a choisi de briser le silence lors d’une interview récente : "Tout le monde pense qu’il va avoir le prochain titre, mais personne ne fait ce qu’il faut pour l’obtenir. On attend tous un miracle, comme si la ceinture allait tomber du ciel !"
Le problème ? Alexander Volkanovski, champion incontesté depuis 2019, n’a combattu qu’une seule fois en 2025 – une victoire laborieuse contre Diego Lopes en avril, où il a montré des signes de vulnérabilité. Depuis, le silence radio. Résultat : une dizaine de prétendants, de Movsar Evloev (n°1 au classement) à Lerone Murphy (n°5), en passant par l’ancien champion des poids coqs Aljamain Sterling, se retrouvent dans une course d’attente… sans ligne d’arrivée.
Garcia, lui, refuse cette logique : "Si Volkanovski ne défend pas son titre, l’UFC devrait au moins organiser un combat intérimaire. Sinon, on stagne. Regardez Yair Rodriguez : il a dû attendre des années avant d’avoir sa chance, et maintenant, c’est le même scénario qui se répète." Une critique à peine voilée envers Dana White, souvent pointé du doigt pour son manque de transparence dans la gestion des divisions.
"Volkanovski n’est plus intouchable" : la faille qui électrise les prétendants
La victoire de Volkanovski contre Diego Lopes à UFC Vegas 110 a marqué un tournant. Pour la première fois depuis des années, le champion a semblé… humain. Des échanges serrés, des moments de doute, et une décision unanime qui n’a pas convaincu tout le monde. Steve Garcia y voit une opportunité : "Avant, Volkanovski écrasait tout sur son passage. Maintenant, les gars se disent : ‘Si Lopes a tenu, pourquoi pas moi ?’ C’est normal, mais ça ne doit pas devenir une excuse pour ne plus combattre."
Pourtant, cette vulnérabilité apparente a un revers : elle paralyse la division. Evloev, Murphy et Sterling refusent des combats "sans intérêt", préférant attendre leur chance contre Volkanovski. Une stratégie risquée, comme le souligne Garcia : "Moi, je prends tous les combats qu’on me propose. Si je dois affronter David Onama ou un top 10 pour avancer, je le fais. Parce qu’à force d’attendre, on finit par reculer."
Un exemple frappant : Aaron Pico, ancien prodige du wrestling, a obtenu un combat contre Movsar Evloev dès son deuxième fight à l’UFC. "Lui, on lui donne des opportunités en or, alors qu’il n’a même pas prouvé grand-chose, lance Garcia. Moi, j’ai dû gagner six fois de suite, dont cinq par KO, pour à peine être considéré. Où est la logique ?"
Derrière les projecteurs : le parcours "sans filet" de Steve Garcia
Si Steve Garcia s’indigne aujourd’hui, c’est parce qu’il connaît la valeur du travail. Contrairement à des combattants comme Patricio Pitbull (double champion chez Bellator) ou Yair Rodriguez (star mexicaine), Garcia n’a pas bénéficié de tapis rouge à son arrivée à l’UFC. Son parcours ? Une succession de combats difficiles, souvent contre des adversaires sous-estimés, mais toujours avec un seul objectif : "Montrer que je mérite ma place."
Son dernier combat, une victoire par KO contre David Onama en 2024, est révélateur. "Onama était un adversaire coriace, mais j’ai senti que l’UFC voulait tester ma résistance. Ils m’ont mis dans le grand bain sans brassards, et j’ai nagé. Maintenant, je veux des noms, pas des combats faciles." Une philosophie qui tranche avec celle de certains prétendants, prêts à attendre des mois pour un "gros" combat.
Pourtant, Garcia n’est pas dupe : "Je sais que je ne suis pas encore au niveau d’un combat de titre. Mais si je continue comme ça, je le serai. La différence, c’est que je ne compte pas sur la chance. Je crée mes opportunités." Une mentalité qui rappelle celle d’un autre outsider, Islam Makhachev, avant qu’il ne devienne champion des poids légers.
Et si la solution venait d’un combat intérimaire ?
Face à l’inaction de Volkanovski, une question se pose : pourquoi l’UFC n’organise-t-il pas un combat intérimaire pour relancer la dynamique ? Steve Garcia a sa théorie : "Ils ont peur de créer un deuxième champion, parce que ça compliquerait les choses pour Volkanovski. Mais c’est égoïste : la division a besoin de mouvement !"
Plusieurs scénarios sont envisageables :
- Movsar Evloev vs. Aljamain Sterling : un choc de styles entre le grappler russe et l’ancien champion des poids coqs.
- Diego Lopes vs. Lerone Murphy : un combat explosif pour désigner le challenger n°1.
- Steve Garcia vs. Yair Rodriguez : un duel spectaculaire pour propulser le vainqueur dans le top 5.
Mais pour Garcia, le vrai problème est ailleurs : "L’UFC a peur de prendre des risques. Ils préfèrent attendre que Volkanovski soit à 100%, mais en attendant, la division meurt à petit feu. Moi, je leur dis : donnez-moi un top 10, et je vous montre ce que je vaux." Un défi lancé à Dana White, qui n’a pas encore réagi.
Reste une question : et si Volkanovski décidait de monter en poids léger pour affronter Islam Makhachev ? Garcia sourit : "Ça réglerait le problème… et ça ouvrirait la voie à un nouveau champion. Moi, je serai prêt."

