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« Je ne sais même pas qui tu es » : Renato Moicano explique pourquoi il n’a pas répondu à l’appel d’Esteban Ribovics

« Je ne sais même pas qui tu es » : Renato Moicano explique pourquoi il n’a pas répondu à l’appel d’Esteban Ribovics

Renato Moicano, tête d’affiche de l’UFC Vegas 115, révèle pourquoi il n’a pas donné suite à la provocation d’Esteban Ribovics, préférant se concentrer sur son affrontement contre Chris Duncan. Entre stratégie médiatique et réalisme sportif, le Brésilien assume pleinement son approche pragmatique du MMA moderne.

L'essentiel

  1. Moicano avoue ne pas suivre les réseaux sociaux et n’avoir découvert l’appel de Ribovics que par hasard, via un ami.
  2. Le Brésilien assume son manque d’intérêt pour les combats "sans enjeu", privilégiant l’exposition médiatique à la bourse de l’UFC.
  3. Initialement réticent à affronter Chris Duncan (son partenaire d’entraînement à l’American Top Team), Moicano a finalement accepté pour l’opportunité de headliner.
  4. Stratégie annoncée : un combat au sol "ennuyeux" pour dominer Duncan, inspiré par le style de Charles Oliveira.
  5. Ribovics, lui, avait qualifié Moicano de "pire investissement" possible, une provocation restée sans réponse.

L’art du callout ignoré : quand Moicano joue la carte de l’indifférence stratégique

Le monde du MMA regorge de provocations, de défis lancés sur les réseaux sociaux et de rivalités savamment orchestrées pour attirer l’attention. Pourtant, Renato Moicano, vétéran brésilien des poids légers, a choisi une voie radicalement différente : celle de l’ignorance calculée. Lorsque Esteban Ribovics, un combattant encore méconnu du grand public, a tenté de le provoquer en déclarant qu’il représentait un "mauvais investissement", Moicano n’a même pas daigné répondre. Et pour cause : il n’avait tout simplement aucune idée de qui il s’agissait.

« Un ami m’a montré la vidéo après quelques jours, où Ribovics disait : *‘Moicano, si tu penses que je suis de l’argent facile, signe le contrat.’* Ma réaction ? *‘Si je pense que tu es de l’argent facile ? Je ne sais même pas qui tu es’* [rires] », a confié Moicano à MMA Fighting. Une réponse qui en dit long sur sa philosophie actuelle. À 35 ans, après plus d’une décennie dans le circuit, le Brésilien a compris une chose : le buzz médiatique prime sur les considérations purement sportives. « Je ne suis plus aussi préoccupé par l’argent de l’UFC. Je me concentre sur l’exposition que ça peut m’apporter, car je suis sûr de gagner plus d’argent en dehors de l’UFC qu’à l’intérieur », explique-t-il. Une déclaration qui résume à elle seule l’évolution du MMA moderne, où les revenus annexes (sponsoring, réseaux sociaux, merchandising) dépassent souvent les bourses de combat.

De l’UFC 316 à Vegas 115 : comment Moicano a transformé un désistement en opportunité

Tout avait pourtant bien commencé pour Moicano. Initialement programmé pour affronter Brian Ortega en tête d’affiche de l’UFC 316, un événement majeur opposant également Charles Oliveira et Max Holloway, le Brésilien s’est retrouvé sans adversaire après le forfait de son rival. C’est alors qu’Esteban Ribovics, un combattant avec un palmarès modeste (10-2 en MMA professionnel) mais une présence remarquée sur YouTube, a tenté de saisir sa chance. Sans succès.

« Ortega aurait été un excellent combat, une revanche passionnante, a reconnu Moicano. Mais Ribovics ? Un gars sans notoriété, sans buzz… Je n’ai rien contre lui, mais ce n’était pas mon intérêt. » Pourtant, le Brésilien ne ferme pas totalement la porte à un affrontement futur. « Si l’UFC m’avait proposé Ribovics en tête d’affiche, je l’aurais fait. Je pense qu’il est un excellent combattant. » Une nuance importante, qui montre que Moicano n’écarte pas les opportunités, à condition qu’elles servent ses objectifs médiatiques.

Finalement, c’est Chris Duncan, un Écossais évoluant sous la bannière de l’American Top Team (ATT), qui a hérité du combat principal de l’UFC Vegas 115. Un choix qui n’a pas enchanté Moicano dans un premier temps. « Duncan vit en Écosse mais s’entraîne à l’ATT, comme moi. Au début, ça m’ennuyait de affronter un partenaire d’entraînement », avoue-t-il. Pourtant, après une discussion avec Hunter Campbell, un cadre de l’UFC, Moicano a revu sa position. « Campbell m’a expliqué qu’avec autant de poids légers de haut niveau à l’ATT, il était inévitable qu’on finisse par s’affronter un jour. Alors autant le faire maintenant, en tête d’affiche. »

Pour Duncan, ce combat représente une chance de percer dans le top 15 de la division. Pour Moicano, c’est l’opportunité de rebondir après deux défaites consécutives (contre Jalin Turner et Beneil Dariush) et de renforcer sa visibilité. « Que nous nous entraînions ensemble ou non, il a une chance de briser le plafond. Moi, j’ai celle de headliner et de revenir dans le cercle des vainqueurs. Alors j’ai mis de côté cette histoire de partenaire d’entraînement. La vie continue, allons-y. »

Duncan, l’outsider explosif : un profil atypique dans le paysage des poids légers

Chris Duncan n’est pas un inconnu pour Moicano. Bien que les deux hommes ne s’entraînent pas régulièrement ensemble (Duncan n’ayant pas le même style que les derniers adversaires du Brésilien, comme Benoit Saint Denis ou Jalin Turner), ils ont déjà roulé au sol à plusieurs reprises. Avec un palmarès de 14 victoires pour 5 défaites en MMA professionnel, dont 6 succès en 7 combats à l’UFC, Duncan s’est forgé une réputation de finisseur redoutable. Trois de ses victoires dans l’octogone se sont conclues par soumission, dont une impressionnante clé de bras en première reprise contre Terrance McKinney en décembre 2023.

Pourtant, avant son arrivée à l’UFC, Duncan était surtout connu pour ses victoires par KO. Un paradoxe pour un combattant évoluant dans une division où le grappling domine souvent les débats. « C’est un gars explosif, reconnaît Moicano. Mais moi, je vais le maintenir au sol pendant cinq rounds. On y va pour staller, pas pour échanger debout. » Une stratégie assumée, presque provocatrice, qui rappelle celle de Charles Oliveira lors de son combat contre Max Holloway. « Ne vous attendez pas à ce que Moicano reste debout et trade. Je vais l’amener au sol, le contrôler. S’il glisse, je le soumets. Sinon, je vais le cuisiner aux coudes. Point. »

Interrogé sur cette approche, Moicano assume pleinement son pragmatisme : « Je sais ce que je vais faire, il sait ce que je vais faire, les fans savent. Attendez-vous à un combat ennuyeux. Je veux juste gagner, je m’en fous [rires]. Je vais faire comme Charles [Oliveira vs. Holloway], juste pour que les gens râlent. *‘Putain, c’est le BMF et tu vas le wrestler ?’* Bien sûr, mec. Évidemment. C’est exactement ce que je vais faire. »

L’American Top Team, un microcosme où les rivalités internes deviennent inévitables

L’American Top Team (ATT) est l’une des plus prestigieuses écuries de MMA au monde, comptant dans ses rangs des champions comme Joanna Jedrzejczyk, Thiago Santos ou encore Dustin Poirier. Pourtant, cette concentration de talents pose un problème récurrent : comment éviter que les partenaires d’entraînement ne finissent par s’affronter sur la scène de l’UFC ? La réponse, selon Moicano, est simple : c’est inévitable.

« Hunter Campbell m’a dit : *‘ATT a tellement de poids légers de haut niveau que vous finirez par vous affronter un jour ou l’autre.’* Et il a raison », explique le Brésilien. Cette réalité reflète une tendance plus large dans le MMA moderne, où les camps d’entraînement deviennent des usines à champions, mais aussi des pépinières de futurs adversaires. Duncan, bien qu’Écossais, a choisi de s’installer en Floride pour bénéficier de l’expertise de l’ATT. Une décision qui, ironiquement, l’a placé sur la route de Moicano.

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres affrontements emblématiques entre partenaires d’entraînement, comme Kamaru Usman vs. Gilbert Burns (tous deux formés à la Sanford MMA) ou Israel Adesanya vs. Marvin Vettori (qui se sont entraînés ensemble avant leur premier combat). Dans ces cas, comme pour Moicano et Duncan, la logique sportive a primé sur les liens personnels. « Au début, ça m’ennuyait, admet Moicano. Mais bon, la vie continue. On est là pour se battre, pas pour faire des câlins. »

Moicano vs. Duncan : un combat qui dépasse le cadre sportif

Au-delà de l’enjeu sportif, le combat entre Renato Moicano et Chris Duncan illustre plusieurs tendances majeures du MMA contemporain. D’abord, l’importance croissante de la visibilité médiatique. Moicano l’a clairement exprimé : il mise davantage sur l’exposition que sur les bourses de l’UFC. Une stratégie qui reflète l’évolution du sport, où les revenus annexes (sponsoring, réseaux sociaux, apparitions publiques) peuvent dépasser les gains directs liés aux combats.

Ensuite, ce duel met en lumière la complexité des relations au sein des grands camps d’entraînement. L’ATT, comme d’autres écuries prestigieuses, se retrouve régulièrement confrontée à des situations où deux de ses combattants doivent s’affronter. Une dynamique qui peut créer des tensions, mais qui est aussi une preuve de la qualité du camp.

Enfin, ce combat est révélateur de l’approche tactique de Moicano. À 35 ans, le Brésilien n’a plus rien à prouver en termes de technique. Son objectif est clair : gagner, quel qu’en soit le prix. Quitte à livrer un combat « ennuyeux » aux yeux des puristes. « Je vais faire ce qu’il faut pour l’emporter, point final », résume-t-il. Une philosophie qui rappelle celle de Khabib Nurmagomedov, champion incontesté des poids légers connu pour ses dominations au sol implacables.

Pour Duncan, ce combat représente une opportunité en or. Une victoire contre un vétéran comme Moicano lui ouvrirait les portes du top 15, voire du top 10. Mais pour y parvenir, il devra déjouer la stratégie de Moicano, qui mise tout sur le grappling. « Il est explosif, mais je connais son jeu, explique le Brésilien. S’il veut gagner, il devra me surprendre. Et ça, ce n’est pas gagné. »

Renato Moicano incarne une nouvelle génération de combattants, où la stratégie médiatique prime parfois sur les considérations purement sportives. Son refus de répondre à Esteban Ribovics, son acceptation pragmatique d’affronter Chris Duncan, et sa stratégie annoncée pour l’UFC Vegas 115 montrent une approche calculée et assumée du MMA moderne.

Ce combat, bien plus qu’un simple affrontement entre deux poids légers, est le reflet des enjeux actuels du sport : l’importance de la visibilité, la complexité des relations au sein des camps d’entraînement, et l’évolution des stratégies de combat. Que Moicano l’emporte par soumission ou que Duncan crée la surprise en KO, une chose est sûre : ce duel marquera les esprits, bien au-delà du résultat final.

Et si l’UFC Vegas 115 s’avère aussi « ennuyeux » que Moicano le promet, une chose est certaine : les réseaux sociaux s’enflammeront, offrant au Brésilien exactement ce qu’il recherche – une exposition maximale, quitte à froisser quelques puristes.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

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