Un retour en grâce après une période difficile
Renato "Moicano" Carneiro, l'un des visages les plus emblématiques de la division des poids-légers de l'UFC, a connu des hauts et des bas ces dernières années. Après deux défaites consécutives qui avaient remis en question sa place dans le top 10, le Brésilien a retrouvé le chemin de la victoire lors de l'UFC Vegas 115, en dominant Chris Duncan, un adversaire classé en dehors des 15 premiers. Ce succès, obtenu par décision unanime, marque un tournant dans sa carrière, mais aussi le début d'une nouvelle bataille : celle pour obtenir des combats à la hauteur de ses ambitions.
À 36 ans, Moicano n'a plus de temps à perdre. Dans une interview exclusive accordée à Ag Fight, il a clairement indiqué que ses prochains défis devaient "avoir du sens". Pour lui, cela signifie affronter des adversaires qui non seulement correspondent à son niveau sportif, mais aussi à son potentiel commercial. "Je suis prêt à prendre ma retraite si on me propose des combats qui n'ont pas de sens. Pas parce que je le veux, mais parce que ça doit être logique", a-t-il déclaré, laissant planer le doute sur son avenir au sein de l'organisation.
Cette prise de position n'est pas anodine. Moicano, membre de l'American Top Team, l'une des écuries les plus prestigieuses du MMA, a toujours été un combattant exigeant. Son palmarès parle pour lui : 18 victoires en 28 combats, dont des succès contre des noms comme Brian Ortega ou Kevin Lee. Pourtant, malgré son expérience et son statut, il estime ne pas avoir été traité à sa juste valeur ces derniers temps.
Quatre noms dans le viseur : qui affrontera Moicano ?
Pour prouver qu'il est toujours un acteur majeur de la division, Moicano a dressé une liste de quatre adversaires qu'il juge dignes de son niveau. En tête de liste, on retrouve Paddy Pimblett, la star britannique au style spectaculaire, et Dan Hooker, un vétéran connu pour ses guerres épiques. Mais le Brésilien n'a pas hésité à ajouter deux autres noms à son radar : Brian Ortega, qu'il devait affronter avant que ce dernier ne se blesse, et Benoit St-Denis, un Canadien qu'il a déjà battu en 2024.
"Les combats qui ont du sens, ce sont Dan Hooker, Paddy Pimblett, Brian Ortega ou Benoit St-Denis. Avec ce dernier, je suis prêt à lui accorder une revanche. Il est mauvais. Vous avez vu son combat contre Dan Hooker ? Hooker a abandonné alors qu'il était en train de gagner. Et pourtant, St-Denis est bien classé. On peut tester ça. Il ne mérite pas d'être dans le top 5. Ce serait du easy money", a-t-il lancé, sans mâcher ses mots.
Cette déclaration a de quoi surprendre, surtout venant d'un combattant aussi respectueux que Moicano. Mais elle reflète une frustration grandissante face à un système qu'il juge parfois injuste. Pour lui, l'UFC a les moyens de lui offrir des combats plus prestigieux, mais ne le fait pas toujours. "L'UFC est une machine géante, ils peuvent forcer les choses. Mais avec moi, ils ne forceront rien", a-t-il prévenu.
Parmi les noms cités, Paddy Pimblett est sans doute celui qui suscite le plus d'attention. Le Britannique, connu pour son charisme et son style agressif, a récemment affronté Justin Gaethje dans un combat spectaculaire. Moicano, qui avait sous-estimé Pimblett par le passé, reconnaît désormais qu'il est un adversaire coriace. "Je le respecte. Je pensais que ce serait plus facile, mais sa technique est limitée. Pourtant, c'est un vrai combattant. Il a tenu face à Gaethje, ce n'est pas rien", a-t-il admis.
L'UFC face à un dilemme : céder ou risquer de perdre un atout majeur
La victoire de Moicano contre Chris Duncan lui a permis de revenir dans le top 10 des poids-légers, une position qu'il n'avait plus occupée depuis plusieurs mois. Mais cette remontée dans les rankings s'accompagne d'une exigence claire : l'UFC doit lui proposer des adversaires à la hauteur, sous peine de le voir quitter la compétition prématurément.
Cette situation pose un véritable casse-tête pour la direction de l'UFC. D'un côté, Moicano est un combattant expérimenté, médiatique et respecté, capable d'attirer les foules. De l'autre, son ultimatum pourrait être perçu comme une provocation, surtout dans un sport où les athlètes sont souvent priés de se contenter de ce qu'on leur propose. Pourtant, le Brésilien n'est pas le premier à exprimer ce type de frustration. D'autres combattants, comme Conor McGregor ou Jon Jones, ont déjà menacé de prendre leur retraite pour obtenir des conditions plus favorables.
Pour l'UFC, la question est simple : faut-il céder aux demandes de Moicano et lui offrir un combat contre l'un de ses quatre cibles, ou risquer de le perdre définitivement ? La réponse pourrait bien déterminer l'avenir du Brésilien dans l'organisation. Si l'UFC décide de ne pas accéder à ses demandes, Moicano pourrait effectivement mettre fin à sa carrière, privant l'organisation d'un athlète de valeur. À l'inverse, si l'UFC accepte, cela pourrait envoyer un signal fort aux autres combattants, montrant que l'organisation est prête à écouter ses stars.
Une chose est sûre : Moicano ne bluffe pas. À 36 ans, il sait que chaque combat pourrait être le dernier. Et il est déterminé à ce que ses derniers chapitres dans la cage soient à la hauteur de sa carrière.
Benoit St-Denis : pourquoi Moicano le considère comme un "easy money"
Parmi les quatre noms cités par Moicano, Benoit St-Denis est sans doute celui qui suscite le plus de débats. Le Canadien, actuellement classé dans le top 5 des poids-légers, est perçu comme l'un des espoirs de la division. Pourtant, Moicano ne cache pas son mépris pour son niveau. "Il est mauvais. Il ne mérite pas d'être dans le top 5", a-t-il asséné, avant d'ajouter qu'il serait prêt à lui accorder une revanche pour prouver sa supériorité.
Cette déclaration a de quoi surprendre, surtout quand on sait que St-Denis a récemment dominé Dan Hooker, un combattant que Moicano considère pourtant comme un adversaire crédible. Pour le Brésilien, cette victoire est davantage le résultat d'une erreur de Hooker que d'une performance exceptionnelle de St-Denis. "Hooker a abandonné alors qu'il était en train de gagner. St-Denis a eu de la chance", a-t-il expliqué.
Cette rivalité entre les deux hommes remonte à leur premier affrontement en 2024, où Moicano avait dominé St-Denis avant de l'emporter par décision. Depuis, le Canadien a enchaîné les victoires, mais Moicano reste convaincu qu'il n'est pas à la hauteur des meilleurs. "Si l'UFC veut me tester, qu'ils me donnent St-Denis. Ce sera une formalité", a-t-il lancé, avec une confiance déconcertante.
Pourtant, St-Denis n'est pas un adversaire à sous-estimer. Avec un style agressif et une capacité à enchaîner les coups, il a su se faire une place dans une division ultra-compétitive. Son récent succès contre Hooker, un combattant expérimenté, prouve qu'il a le niveau pour rivaliser avec les meilleurs. Mais pour Moicano, cela ne suffit pas. "Il a peut-être battu Hooker, mais il ne m'impressionne pas. Je l'ai déjà battu une fois, je peux le refaire", a-t-il insisté.
Un avenir incertain : entre retraite et "main event" au Brésil
Si Moicano a clairement indiqué qu'il était prêt à prendre sa retraite si ses demandes n'étaient pas satisfaites, il a également évoqué une autre possibilité : un retour triomphal au Brésil. "Je veux combattre au Brésil, en main event. Évidemment, si Charles Oliveira n'est pas disponible pour tenir ce rôle. Mais si c'est nécessaire, mettez-moi en tête d'affiche, ça va cartonner", a-t-il déclaré, faisant référence à l'une des plus grandes stars brésiliennes de l'UFC.
Un combat au Brésil serait un rêve pour Moicano, qui n'a plus combattu dans son pays natal depuis 2018. À l'époque, il avait affronté Davi Ramos à São Paulo, dans un combat qui avait marqué les esprits. Depuis, il a enchaîné les combats aux États-Unis et en Europe, mais un retour au pays serait l'occasion de renouer avec ses racines et de galvaniser les fans brésiliens.
Pourtant, malgré cette lueur d'espoir, l'avenir de Moicano reste incertain. Entre ses exigences, son âge et les incertitudes liées à la gestion de l'UFC, rien n'est garanti. Une chose est sûre : le Brésilien ne compte pas se contenter de miettes. "Je ne suis plus un débutant. Je sais ce que je vaux, et je sais ce que je mérite. Si l'UFC ne veut pas me donner ce que je demande, je n'aurai pas d'autre choix que de partir", a-t-il conclu, laissant planer le doute sur la suite de sa carrière.
Dans un sport où les carrières sont souvent courtes et les opportunités limitées, Moicano a choisi de jouer cartes sur table. Reste à savoir si l'UFC acceptera de suivre.
Renato "Moicano" Carneiro se trouve à un carrefour de sa carrière. Après une victoire qui lui a permis de revenir dans le top 10 des poids-légers, il a lancé un ultimatum à l'UFC : soit il obtient des combats à la hauteur de son statut, soit il met fin à sa carrière. Cette prise de position, bien que risquée, reflète une réalité du MMA moderne, où les athlètes n'hésitent plus à exiger des conditions dignes de leur valeur.
L'UFC se retrouve désormais face à un choix crucial. Accéder aux demandes de Moicano pourrait non seulement lui offrir un combat spectaculaire, mais aussi envoyer un message positif aux autres combattants. À l'inverse, ignorer ses revendications pourrait pousser le Brésilien à quitter prématurément la compétition, privant l'organisation d'un athlète expérimenté et médiatique.
Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : Moicano ne bluffe pas. À 36 ans, il sait que chaque combat pourrait être le dernier, et il est déterminé à ce que ses adieux, s'ils doivent avoir lieu, soient à la hauteur de sa carrière. L'avenir nous dira si l'UFC saura répondre à ses attentes ou si le Brésilien écrira un nouveau chapitre en dehors de l'octogone.

