Le combat fantôme qui hante l'UFC
Le 30 mars 2024, le MMA retenait son souffle. Ciryl Gane, le Français au style élégant, affrontait Tom Aspinall, le Britannique au KO dévastateur, dans ce qui devait être le combat de l'année chez les poids lourds. Pourtant, à peine 1 minute et 23 secondes après le gong initial, l'arbitre stoppait le combat après un coup de genou accidentel de Gane... No-contest. La frustration était palpable, les fans hurlaient à l'injustice, et une question brûlait toutes les lèvres : Quand aura lieu le vrai combat ?
Depuis, cette question est devenue une obsession pour Fernand Lopez. L'entraîneur emblématique du MMA Factory a transformé sa quête en une véritable croisade. "On ne peut pas laisser ça comme ça. Ce combat doit avoir lieu, et vite", martèle-t-il lors d'une interview exclusive. Mais dans l'univers impitoyable des négociations de l'UFC, les bonnes volontés ne suffisent pas toujours...
Doha 2024 : l'offre qui fait trembler les observateurs
C'est le coup de poker de Fernand Lopez : organiser le rematch le 22 novembre 2024 à Doha, dans le cadre d'un UFC Fight Night. Une date audacieuse, mais surtout un package financier qui fait rêver. Selon nos informations, un partenaire qatari aurait proposé une prime exceptionnelle de 50% supérieure à la normale pour les deux combattants. "Une offre qu'on ne peut pas refuser", glisse un proche du dossier.
Pourtant, depuis trois semaines, le camp d'Aspinall reste silencieux comme une tombe. Aucun retour aux appels, aux emails, aux messages envoyés par l'intermédiaire de l'UFC. Cette attitude a fini par éveiller les soupçons de Lopez : "Soit ils ont peur, soit ils jouent la montre pour une raison précise. Dans les deux cas, ce n'est pas très professionnel."
L'hypothèse d'une stratégie délibérée prend du poids quand on analyse le calendrier d'Aspinall. Le Britannique, connu pour ses performances explosives, pourrait-il craindre le style technique de Gane après avoir étudié leurs 83 secondes de combat ? Certains analystes, comme Robin Black, pensent que oui : "Aspinall a peut-être réalisé que Gane avait trouvé la faille dans son jeu dès le premier échange. Attendre lui donne plus de temps pour corriger ça."
Janvier 2025 : la date de la dernière chance ?
Face à ce mur de silence, même Dana White commence à s'impatienter. Le président de l'UFC, qui avait initialement promis un rematch avant la fin 2024, semble maintenant se résigner à une échéance en janvier 2025. "On veut ce combat, c'est sûr. Mais il faut que les deux camps jouent le jeu", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Fernand Lopez, lui, n'a pas dit son dernier mot. Il multiplie les contacts, sollicite des partenaires au Moyen-Orient, et n'exclut pas de faire monter les enchères : "Si le Qatar ne marche pas, on a d'autres options. L'Arabie Saoudite a montré son intérêt, et même la France pourrait entrer dans la danse." Une référence à peine voilée aux rumeurs d'un possible UFC Paris 2 en préparation.
Pendant ce temps, Ciryl Gane suit un programme d'entraînement digne d'un soldat en temps de guerre. Deux séances par jour, travail spécifique sur les prises de dos (son point fort contre Aspinall), et des sparrings avec des partenaires imitant le style du Britannique. "Il est prêt à 200%. Le jour où on lui annoncera la date, il pourra monter dans la cage le lendemain", confie un membre de son équipe.
Derrière les coulisses : quand la politique s'en mêle
Ce que peu de gens savent, c'est que ce rematch dépasse largement le simple cadre sportif. Des enjeux géopolitiques se cachent derrière les négociations. Le Qatar, qui a déjà accueilli plusieurs événements UFC, voit dans ce combat une opportunité de briller sur la scène internationale. "Un Gane vs Aspinall à Doha, ce serait un coup médiatique énorme, surtout avec la Coupe du Monde de football qui a montré l'attrait du pays pour les grands événements", explique un expert en marketing sportif.
Mais il y a un hic : Aspinall est sous contrat avec Reebok, tandis que Gane a récemment signé un partenariat avec Venum. Deux équipementiers en concurrence directe, ce qui complique les négociations de sponsoring. "C'est un détail qui peut tout faire capoter", confie une source proche des discussions.
Autre élément troublant : les rumeurs d'une possible blessure cachée chez Aspinall. Bien que rien n'ait été confirmé, certains médecins de l'UFC auraient émis des réserves sur sa capacité à enchaîner deux combats rapprochés. Une information que le camp britannique dément catégoriquement, mais qui persiste dans les coulisses.
Le scénario catastrophe que tout le monde redoute
Et si, finalement, ce rematch n'avait jamais lieu ? L'hypothèse fait frémir les fans, mais elle est de plus en plus évoquée dans les cercles spécialisés. "Si Aspinall continue à temporiser, l'UFC pourrait décider de tourner la page et d'offrir à Gane un autre adversaire", prévient le journaliste Ariel Helwani.
Parmi les noms qui circulent : Sergei Pavlovich, le Russe qui monte en puissance, ou même un troisième combat contre Jon Jones, bien que ce dernier semble plus intéressé par un affrontement avec Stipe Miocic. Pour Gane, ce serait un coup dur. Après deux combats annulés ou controversés (contre Jones à l'UFC 285, puis Aspinall), le Français a besoin d'une victoire claire pour relancer sa carrière vers le titre.
Fernand Lopez, lui, reste optimiste malgré tout : "Je connais Dana. Il veut ce combat autant que nous. Et je connais aussi Tom. C'est un guerrier, il ne reculera pas éternellement." Avant d'ajouter, malicieux : "Et puis, s'il refuse trop longtemps, on trouvera bien un moyen de le motiver... peut-être en lui rappelant que Gane l'avait dominé avant l'arrêt du combat !"

