L'étincelle qui met le feu aux poudre : quand Pimblett s'en prend au nouveau roi
Tout a commencé par une interview anodine avec James Sweetnam, sur MMA Hook. Paddy Pimblett, connu pour son franc-parler, a lâché une bombe : "Ilia Topuria ? Je vais lui exploser le crâne. Son KO contre Oliveira ? De la chance. Moi, je vais le briser, pas juste le battre." Des mots qui ont immédiatement fait le tour des réseaux sociaux, relançant les spéculations sur un futur combat.
Pour comprendre l'audace de Pimblett, il faut remonter à l'UFC 317, en juin 2024. Ilia Topuria, alors challenger, y a livré une masterclass contre Charles Oliveira (34-10), champion en titre. Un KO au 3ème round qui a scellé son statut de nouveau roi des poids légers. Pourtant, là où la plupart voient un monstre invaincu, Pimblett y voit une opportunité. "Il a battu un Oliveira sur le déclin. Moi, je monte. Lui, il stagne déjà", a-t-il ajouté, provocateur.
Le problème ? Les chiffres ne mentent pas. Topuria, avec ses 17 victoires (dont 6 par KO et 5 par soumission), affiche une régularité impressionnante. Pimblett, lui, a connu 3 défaites – dont une récente contre Jared Gordon en 2023. Alors, arrogance ou stratégie marketing ?
"Pimblett joue un personnage, mais il a du talent. Le problème, c'est qu'il sous-estime Topuria. Oliveira était encore dans le top 3 mondial... Ce n'est pas un hasard si Ilia a gagné." – Daniel Cormier, commentateur UFC et ancien double champion.
Deux styles, deux philosophies : le brawl vs la précision chirurgicale
Si ce combat voit le jour, ce sera un choc de cultures martiales. Pimblett, c'est le style "Liverpool brawl" : pression constante, coups puissants, et un mental à toute épreuve. Son combat contre Tony Ferguson (victoire par soumission en 2022) en est l'exemple parfait – une guerre d'usure où il a brillé par sa résilience.
À l'inverse, Topuria incarne la précision géorgienne : des enchaînements techniques, un jeu de jambes fluide, et une capacité à s'adapter. Sa victoire contre Josh Emmett (2023) – où il a dominé un striker redouté – montre sa polyvalence. "Pimblett veut une guerre ? Je vais lui donner une leçon de MMA moderne", a-t-il répondu sur ESPN MMA.
Statistiquement, Topuria a l'avantage :
- 76% de précision en frappe (contre 62% pour Pimblett)
- 3.8 takedowns réussis par combat (1.2 pour Pimblett)
- Défense au sol à 85% (70% pour Pimblett)
Pourtant, Pimblett mise sur son "chin" légendaire (il n'a jamais été KO) et son expérience des combats chaotiques. "Les stats, c'est pour les geeks. Moi, je casse des gueules", a-t-il lancé lors d'une conférence de presse.
Liverpool vs Tbilissi : quand la rivalité dépasse l'octogone
Ce qui rend ce potentiel combat encore plus explosif, c'est le contexte extra-sportif. Pimblett, enfant de Liverpool, incarne l'esprit ouvrier britannique – franc, brut, et fier. Topuria, lui, représente la nouvelle génération géorgienne, technique et disciplinée. Deux visions du MMA qui s'affrontent.
Sur les réseaux, la guerre est déjà lancée. Les fans de Pimblett (1.8M sur Instagram) scandent "#BaddyForTheBelt", tandis que ceux de Topuria (1.2M) rétorquent "#GeorgianKing". Même Conor McGregor s'en est mêlé, tweettant : "Enfin un Britannique avec des couilles. Mais Topuria, c'est un autre niveau, Paddy."
L'UFC l'a bien compris : ce combat, c'est de l'or en barre. Dana White, le président, n'a pas encore officialisé la rencontre, mais les rumeurs parlent d'un UFC London en mars 2025. "Si Pimblett veut vraiment ce combat, il doit d'abord battre un top 10. Mais bon, si les fans veulent ça... on verra", a-t-il déclaré à TMZ Sports.
Le parcours qui mène à l'affrontement : Pimblett peut-il reproduire le miracle ?
Pour que ce combat ait lieu, Pimblett doit d'abord prouver qu'il mérite sa chance. Son prochain adversaire ? Probablement Arman Tsarukyan (n°5 des poids légers) ou Justin Gaethje (n°4), deux clients bien plus coriaces que ses récents adversaires.
Son parcours rappelle étrangement celui de Michael Chandler : un palmarès solide en Europe (Cage Warriors pour Pimblett), une arrivée tonitruante à l'UFC, puis des hauts et des bas. La différence ? Chandler a eu sa chance pour le titre (contre Oliveira en 2021). Pimblett, lui, devra faire ses preuves.
Topuria, de son côté, a déjà un plan : "Je vais défendre mon titre contre Islam Makhachev [champion des poids légers, ndlr] en 2025. Mais si Pimblett veut vraiment ce combat, qu'il gagne 2-3 combats contre des top 10, et on verra." Une réponse qui montre bien le fossé entre les deux hommes.
Pourtant, l'histoire du MMA regorge de surprises. Qui aurait parié sur Rose Namajunas battant Joanna Jedrzejczyk en 2017 ? Ou sur Leon Edwards assommant Kamaru Usman en 2022 ? "Dans ce sport, tout peut arriver en un coup. Pimblett a du cœur, et parfois, ça suffit", rappelle Bobby Green, vétéran des poids légers.
L'avis des experts : utopie ou futur choc historique ?
Les avis sont partagés. Joe Rogan voit en Topuria un "future GOAT" des poids légers, tandis que Chael Sonnen pense que Pimblett a "une chance, parce qu'il est imprévisible et que Topuria n'a jamais affronté un vrai brawler".
Côté bookmakers, les cotes sont sans appel :
- Ilia Topuria : 1.35
- Paddy Pimblett : 3.10
Mais comme le dit l'adage : "Les combats se gagnent dans l'octogone, pas sur le papier". Et si Pimblett a prouvé une chose, c'est qu'il ne recule jamais. "Je vais lui montrer ce que ça fait de se faire humilier devant le monde entier. Et après, je prendrai sa ceinture", a-t-il conclu, sourire aux lèvres.
Une chose est sûre : si ce combat a lieu, ce ne sera pas qu'une question de titre. Ce sera un choc de générations, de styles, et d'egos. Et l'UFC en salive déjà.

