Bangkok s’apprête à trembler : le contexte explosif de ONE Friday Fights 134
Le 21 novembre 2024, le Lumpinee Boxing Stadium de Bangkok deviendra l’épicentre des arts martiaux mixtes. ONE Friday Fights 134 n’est pas un événement comme les autres : c’est une vitrine où se jouent des carrières, où des légendes locales côtoient des talents internationaux, et où chaque combat peut basculer en un instant. Avec douze affrontements au programme – dont six en Muay Thai, quatre en kickboxing et deux en MMA – la soirée promet une diversité technique et une intensité rare.
Ce qui rend cet épisode particulièrement captivant, c’est son format unique : une compétition à élimination directe où les vainqueurs se rapprochent d’un contrat de 100 000 $ et d’une place dans le roster principal de ONE Championship. Une aubaine pour des athlètes comme Anar Mammadov ou Ploychompoo PU Phabai, qui rêvent de briller sur la scène mondiale. Mais aussi un ultime test pour des vétérans comme Yodlekpet, dont la réputation n’est plus à faire, mais qui doivent prouver qu’ils méritent encore leur place parmi l’élite.
"ONE Friday Fights, c’est l’occasion pour les fighters de montrer qu’ils ont ce qu’il faut pour monter d’un niveau. La pression est immense, mais c’est ça qui rend les combats si intenses.", explique un observateur local. Et cette pression, on la sentira dès le premier gong.
Yodlekpet "The Destroyer" vs Anar Mammadov : quand l’expérience affronte la précocité
Le combat phare de la soirée oppose deux philosophies martiales. D’un côté, Yodlekpet Or Atchariya, 34 ans, quadruple champion du monde de Muay Thai avec un palmarès de 131 combats (98 victoires). Un homme qui a tout vu, tout vécu, et dont le surnom – "The Destroyer" – résume à lui seul son style : une puissance dévastatrice dans les coups de genou et les low kicks, couplée à une endurance à toute épreuve. De l’autre, Anar Mammadov, 25 ans, représentant de l’Azerbaïdjan et protégé de Mehdi Zatout, légende française du kickboxing.
Mammadov, c’est l’archétype du kickboxeur néerlandais moderne : jeu de jambes fluide, enchaînements rapides et un taux de finition impressionnant (70% de ses victoires par KO). Formé au Team Zatout, il a hérité d’une rigueur tactique qui contraste avec l’instinct brut de Yodlekpet. "Anar a une intelligence de combat rare. Il sait où frapper et quand reculer. Contre Yodlekpet, il devra gérer la pression constante et les assauts en clinch," analyse un coach présent à Bangkok.
Le contraste des styles rend ce duel imprévisible. Yodlekpet, habitué aux règles strictes du Muay Thai (coups de coude, genou, clinch prolongé), devra s’adapter au format ONE Super Series, où les règles hybrides avantagent parfois les kickboxeurs. À l’inverse, Mammadov devra résister à l’usure et aux techniques de corps-à-corps où le Thaïlandais excelle. Un combat où la stratégie pourrait l’emporter sur la force brute.
Le saviez-vous ? Yodlekpet a déjà affronté des kickboxeurs dans le passé, avec un bilan mitigé. En 2021, il avait été battu par Davide Benazzi en kickboxing, preuve que son style, aussi dominant soit-il en Muay Thai, peut être contré par des adversaires mobiles. Mammadov en a-t-il pris note ?
Abdelali vs Ramazanov : le Français en série face à un tueur silencieux
Si le combat principal promet du spectacle, celui opposant Elies Abdelali à Alaverdi "Babyface Killer" Ramazanov pourrait bien voler la vedette. Le Français, invaincu depuis 2022 avec huit victoires consécutives, incarne la régularité et l’agressivité. Son style ? Un mélange de boxe anglaise et de low kicks dévastateurs, le tout porté par un mental d’acier. "Elies est un animal de compétition. Il ne recule jamais, et c’est ça qui use ses adversaires," confie un membre de son équipe.
Face à lui, Ramazanov, ancien champion du monde de kickboxing, est un maître de la contre-attaque. Son surnom, "Babyface Killer", n’est pas usurpé : derrière un visage juvénile se cache un technicien froid, capable de placer un coup précis après avoir encaisse des dizaines de frappes. "Il attend, il observe, et quand tu penses avoir le dessus, boum – c’est fini," résume un journaliste spécialisé.
La clé du combat ? Le rythme. Abdelali, habitué à imposer un tempo élevé, devra se méfier des pièges tendus par Ramazanov. Ce dernier, moins endurant, mise tout sur des explosions courtes et mortelles. Un seul faux pas, une seule ouverture, et le combat pourrait basculer en un clin d’œil. À noter : Ramazanov a déjà battu des Français par le passé, dont Dylan Salort en 2023. Une statistique qui ne manquera pas de motiver Abdelali.
Fun fact : Les deux hommes se sont déjà croisés en 2019 lors d’un stage en Thaïlande. À l’époque, Ramazanov avait dominé les sparrings. Abdelali a-t-il gardé cette défaite en mémoire ?
Bomogao vs Ploychompoo : 16 ans contre l’invincibilité
Parmi les combats les plus attendus (et les plus surprenants) de la soirée, celui opposant Islay Erika Bomogao à Ploychompoo PU Phabai a tout pour devenir historique. D’un côté, une Philippin de 28 ans, invaincue en trois combats sous la bannière ONE, connue pour ses coups de pied tournants et sa défense solide. De l’autre, une Thaïlandaise de 16 ans, déjà auréolée de titres nationaux et considérée comme la plus jeune prodige du Muay Thai féminin.
Ploychompoo, malgré son âge, affiche un sang-froid déconcertant. "Quand elle entre sur le ring, elle n’a pas peur. Elle sourit, comme si elle savait quelque chose que les autres ignorent," raconte un promoteur local. Son atout ? Une vitesse de frappe exceptionnelle et une lecture du combat bien au-delà de ses années. Bomogao, plus expérimentée, mise sur sa puissance physique et sa capacité à gérer la distance.
L’enjeu dépasse le simple combat. Pour Bomogao, c’est l’occasion de confirmer son statut de prétendante au titre atomweight. Pour Ploychompoo, c’est une chance de devenir la plus jeune combattante à signer un contrat avec ONE Championship. "Si elle gagne, elle pourrait révolutionner la catégorie. Imaginez : une championne de 16 ans !", s’enthousiasme un commentateur.
Le détail qui tue : Ploychompoo est la protégée de Buakaw Banchamek, légende du Muay Thai. Ce dernier, connu pour son mental d’acier, a personnellement supervisé sa préparation. Un atout psychologique non négligeable.
Les autres combats à ne pas manquer
Si les trois affrontements précédents captent l’attention, le reste de la carte mérite aussi le détour :
- Muay Thai : Singdam Kiatmuu9 (Thaïlande) vs Mohamed Ali (Maroc) – Un duel entre un spécialiste des coups de coude et un kickboxeur polyvalent.
- Kickboxing : Petchtanong Banchamek (Thaïlande) vs Asa Ten Pow (Japon) – Un choc entre deux stylistes, l’un connu pour ses enchaînements, l’autre pour sa précision.
- MMA : Ritika Singh (Inde) vs Bi Nguyen (Vietnam/USA) – Un combat féminin où l’agressivité de Singh rencontrera l’expérience de Nguyen, vétérane de l’UFC.
Chaque combat, même ceux moins médiatisés, offre son lot de défis tactiques et de récits personnels. Par exemple, Mohamed Ali, le Marocain, lutte pour obtenir un visa de travail en Thaïlande. Une victoire lui ouvrirait des portes bien au-delà du ring.
Pourquoi cet événement est un tournant pour ONE Championship
ONE Friday Fights 134 n’est pas qu’un simple gala. C’est un laboratoire de talents, où la direction de ONE Championship observe de près les performances pour recruter ses futures stars. Avec la création récente d’une division atomweight féminine et l’expansion du MMA en Asie, chaque victoire ici peut mener à des opportunités inédites.
"Nous cherchons des athlètes qui ne se contentent pas de gagner, mais qui captivent le public. Des personnalités, des histoires, des styles uniques," explique un responsable de ONE. Dans ce contexte, des combattants comme Ploychompoo (pour son âge) ou Mammadov (pour son potentiel médiatique) ont tout pour attirer l’attention.
Autre enjeu : la rivalité Thaïlande vs Reste du Monde. Avec six Thaïlandais sur la carte, l’orgueil local est en jeu. Une défaite de Yodlekpet ou de Ploychompoo serait perçue comme un séisme dans le pays du Muay Thai.
Enfin, cet événement s’inscrit dans une stratégie globale de ONE Championship pour dominer le marché asiatique. En organisant des galas hebdomadaires à Bangkok, la promotion renforce son ancrage local tout en attirant des talents internationaux. Un modèle qui fonctionne : les ONE Friday Fights battent régulièrement des records d’audience sur YouTube.
Comment suivre l’événement ?
ONE Friday Fights 134 sera diffusé en direct et gratuitement sur :
- La chaîne YouTube officielle de ONE Championship (début des combats à 20h30, heure locale, soit 14h30 en France).
- L’application ONE Super App, disponible sur iOS et Android.
- Certains bookmakers et sites partenaires (comme ONE’s website) proposeront des streams alternatifs.
Pour les fans francophones, des commentaires en français seront disponibles sur certaines plateformes, une première pour les Friday Fights. Une façon de toucher un public européen en pleine croissance.
Conseil : Si vous ne pouvez pas tout suivre, concentrez-vous sur les combats Yodlekpet vs Mammadov (main event), Abdelali vs Ramazanov (co-main) et Bomogao vs Ploychompoo (pour l’aspect historique). Les trois devraient débuter après 22h, heure locale.

