Un main event à la hauteur des attentes : Yodlekpet vs. Mammadov
Le combat tant attendu entre le quadruple champion du monde de Muay Thai, Yodlekpet "The Destroyer" Or Atchariya, et l’Azerbaïdjanais Anar Mammadov, a tenu toutes ses promesses. Dès les premières secondes, Yodlekpet a imposé un rythme effréné, enchaînant les low kicks et les combinaisons de coups de poing avec une précision chirurgicale. Mammadov, connu pour sa résistance, a tenté de riposter avec des crochets puissants, mais la défense impeccable du Thaïlandais a fait la différence.
Le deuxième round a vu Yodlekpet accentuer la pression, multipliant les attaques aux jambes qui ont visiblement affaibli son adversaire. Malgré une belle tentative de clinch de Mammadov en fin de reprise, le Thaïlandais a maintenu son avance. Les juges ont finalement rendu un verdict unanime en faveur de Yodlekpet (50-45, 49-46, 49-46), une décision logique au vu de la domination technique affichée.
Pourquoi ce combat est historique : Avec cette victoire, Yodlekpet confirme qu’il reste l’un des meilleurs nak muays de sa génération, malgré une carrière déjà bien remplie. Une performance qui pourrait lui ouvrir les portes d’un combat pour le titre ONE Flyweight Muay Thai, actuellement détenu par Rodtang Jitmuangnon.
Le choc franco-russe : Abdelali terrasse Ramazanov en 2 rounds
L’affrontement entre le Français Elies Abdelali et l’ancien champion de kickboxing Alaverdi Ramazanov était annoncé comme un duel de styles. Et quel duel ! Dès l’ouverture des hostilités, Abdelali a surpris en adoptant une stratégie agressive, contraignant Ramazanov à reculer. Le Russe, habitué à dicter le tempo, s’est retrouvé déséquilibré face à la puissance des teeps (coups de pied frontaux) et des crochets du Français.
Le tournant du combat est survenu à 1 minute 30 du 2ᵉ round : un crochet du gauche d’Abdelali a envoyé Ramazanov au tapis. Bien que ce dernier se soit relevé, l’arbitre a stoppé le combat après une série de coups non défendus, offrant à Abdelali une victoire par KO technique. Une performance qui propulse le Français parmi les prétendants sérieux dans la catégorie poids plume.
"Je savais qu’il était dangereux en contre, mais j’ai travaillé mon timing pour le surprendre. Ce KO, c’est pour la France !", a déclaré Abdelali en post-combat, sous les ovations du public thaïlandais.
Dedduanglek TDed99 : le roi des KO frappe encore
Si un combattant incarne la philosophie "one strike can change everything" de ONE Championship, c’est bien Dedduanglek TDed99. Opposé à Wuttikrai Wor Chakrawut en bantamweight Muay Thai, le Thaïlandais a une nouvelle fois prouvé pourquoi il est craint pour sa puissance. Dès les 20 premières secondes, un high kick dévastateur a envoyé Wuttikrai au sol, inconscient. L’arbitre n’a même pas eu besoin de compter : KO en 22 secondes.
Cette victoire porte le record de Dedduanglek à 10 KO en 12 combats sous la bannière ONE. Un palmarès qui lui vaut désormais d’être cité comme un futur challenger pour le titre, même si son style parfois trop offensif peut le rendre vulnérable face à des adversaires plus techniques.
Le saviez-vous ? Dedduanglek est également connu pour son entraînement extrême : il s’impose des sessions de pad work avec des gants lestés de 5 kg pour maximiser sa puissance.
Islay Erika Bomogao : l’invaincue philippine tient bon
En atomweight, la sensation philippine Islay Erika Bomogao (10-0) a affronté la Thaïlandaise Ploychompoo PU Phabai dans un combat où l’enjeu était clair : confirmer son potentiel face à une adversaire expérimentée. Les deux femmes ont livré un échange technique, avec Bomogao utilisant sa mobilité pour éviter les coups puissants de Ploychompoo.
Le combat s’est joué dans les détails : Bomogao a marqué des points avec ses sweeps (balayages) et ses combinaisons rapides, tandis que Ploychompoo a dominé les phases de clinch. Les juges ont finalement tranché en faveur de Bomogao par décision partagée (29-28, 28-29, 29-28), une décision controversée qui a divisé les fans.
"Je respecte Ploychompoo, c’était un combat difficile. Mais je sais que je mérite cette victoire. Maintenant, je veux un titre !", a-t-elle déclaré, ambitieuse.
Les autres résultats marquants
ONE Friday Fights 134 a également offert son lot de surprises et de performances notables :
- Petr Yanov (Russie) a dominé Singtongnoi Por Telakun par décision unanime en bantamweight Muay Thai, grâce à un jeu de jambes supérieur.
- Le jeune Shamil Gaziev (20 ans) a impressionné en battant Yodpanomrung Jitmuangnon par décision, annonçant l’arrivée d’une nouvelle génération.
- En MMA, Danial Williams a soumis Rafael Uche avec un rear-naked choke au 1ᵉʳ round, prouvant que le grappling reste une arme redoutable.
Avec 6 combats terminés avant la limite sur les 10 de la carte, ONE Friday Fights 134 a confirmé sa réputation d’événement spectaculaire, où chaque seconde compte.
Ce que ces résultats changent pour la suite
Les implications de cette soirée sont multiples :
- Yodlekpet Or Atchariya pourrait bien obtenir un combat pour le titre contre Rodtang, même si ce dernier reste sur une série de victoires impressionnante.
- Elies Abdelali, avec son KO contre Ramazanov, se positionne comme un outsider crédible dans la catégorie poids plume, où Tawanchai PK Saenchai règne en maître.
- Dedduanglek TDed99 devra affiner sa défense s’il veut prétendre à la ceinture, mais son pouvoir de frappe en fait un adversaire dangereux pour quiconque.
- Côté féminin, Islay Erika Bomogao devra probablement enchaîner une ou deux victoires supplémentaires avant de viser Stamp Fairtex, la reine incontestée de l’atomweight.
ONE Championship continue de prouver que ses événements Friday Fights ne sont pas de simples galas de "seconde zone", mais bien des tremplins pour les futures stars. La question maintenant : qui de ces athlètes saura saisir sa chance en 2024 ?

