20 secondes pour entrer dans la légende du bare-knuckle
Le 13 octobre 2023, lors du BKFC 82, Mike Trizano a marqué les esprits en envoyant J.C. Deleon au tapis d’un direct du droit monstrueux après seulement 20 secondes de combat. Un chrono qui place ce K.O. parmi les plus rapides de l’année, toutes organisations confondues. Pour les fans de combats sans gants, cette performance rappelle les exploits d’un autre ancien de l’UFC, Artem Lobov, devenu une icône du bare-knuckle grâce à son style agressif et ses victoires spectaculaires.
Ce qui frappe dans ce K.O., au-delà de sa rapidité, c’est sa précision clinique. Les ralentis montrent une mécanique parfaite : Trizano pivote sur sa hanche gauche, aligne son épaule et frappe la tempe de Deleon avec une trajectoire idéale. Pas de force brute ici, mais une technique de boxeur pur, adaptée à l’univers impitoyable du bare-knuckle. Un détail qui n’a pas échappé aux experts, comme l’a souligné le commentateur de la BKFC : *« C’est du travail de pro. Une seule frappe, et c’est fini. »*
Avec ce deuxième succès en BKFC – après une première victoire par K.O. contre Luke Rilett en juin 2023 –, Trizano affiche un bilan impeccable de 2-0, avec 100 % de victoires avant la limite. Des statistiques qui en font déjà l’un des combattants les plus redoutés de la division. Mais comment expliquer une adaptation aussi fulgurante ?
"The Ultimate Fighter" devient "The Ultimate Striker" : l’incroyable reconversion de Trizano
Mike Trizano n’est pas un inconnu dans le monde des sports de combat. Vainqueur de The Ultimate Fighter 27 en 2018, il a cumulé 8 victoires en UFC, dont 4 par K.O., avant de quitter l’organisation en 2022. Pourtant, c’est dans le bare-knuckle qu’il semble enfin libérer tout son potentiel. *« En UFC, j’avais des limites à cause des gants et des règles. Ici, je peux frapper comme je l’entends, sans restriction »*, confiait-il en conférence de presse après son combat.
La différence ? Dans l’Octogone, Trizano affichait un taux de K.O. de 50 %. En BKFC, ce chiffre atteint 100 % en deux combats. Une progression qui s’explique par plusieurs facteurs :
- L’absence de gants : ses coups, déjà puissants, gagnent en efficacité grâce à un contact direct avec l’adversaire.
- Un style adapté : son jeu de jambes et sa capacité à placer des contres rapides sont idéaux pour le bare-knuckle, où les échanges sont souvent plus courts mais plus violents.
- Une mentalité de finisseur : contrairement à certains combattants qui cherchent à dominer sur la durée, Trizano vise systématiquement le K.O. dès les premières secondes.
À 33 ans, une âge où beaucoup de combattants commencent à décliner, Trizano prouve qu’il est encore en pleine ascension. *« Je me sens plus fort et plus confiant que jamais »*, déclarait-il après sa victoire. Une reconversion qui rappelle celle de Joey Beltran, autre ancien de l’UFC devenu champion en bare-knuckle après une carrière mitigée en MMA.
Derrière le K.O. : la stratégie secrète de Trizano
Ce que peu de gens savent, c’est que Mike Trizano a passé des mois à étudier les combats de bare-knuckle avant même de signer avec la BKFC. *« J’ai regardé des centaines d’heures de combats, analysé les erreurs des autres, et travaillé des enchaînements spécifiques »*, révélait-il dans une interview exclusive. Contrairement à beaucoup d’anciens de l’UFC qui se lancent dans le bare-knuckle sans préparation, Trizano a abordé cette transition comme un projet scientifique.
Son entraîneur, Mark Henry (ancien boxeur professionnel), a joué un rôle clé : *« On a modifié sa garde pour protéger ses mains, car en bare-knuckle, un mauvais angle peut briser des os. On a aussi travaillé des feintes pour forcer les ouvertures. »* Résultat ? Un direct du droit qui semble sortir de nulle part, comme contre Deleon.
Autre détail marquant : Trizano a perdu 5 kg avant ce combat pour gagner en vitesse. *« En UFC, j’étais plus lourd pour résister aux projections. Ici, la mobilité prime »*, expliquait-il. Une approche qui paie, comme en témoigne sa victoire éclair.
Et maintenant ? Vers un titre BKFC ou un duel des légendes ?
Avec deux victoires en deux combats, la question n’est plus si Trizano obtiendra un combat pour le titre, mais quand. Le président de la BKFC, David Feldman, a déjà laissé entendre qu’un affrontement contre Arnold Adams (5-0 en BKFC, 13 K.O. en carrière) pourrait être organisé d’ici 2024. *« Mike a prouvé qu’il était un vrai danger. Adams est le champion, donc ça a du sens »*, a-t-il déclaré.
Un combat qui s’annonce explosif : Adams, connu pour sa puissance dévastatrice, n’a jamais été mis K.O. en bare-knuckle. Face à Trizano, dont les deux victoires se sont soldées par un K.O. au premier round, le choc des styles promet d’être historique. *« Ce serait le test ultime. Si je gagne, je deviens champion. Si je perds… bah, je ne compte pas perdre »*, lance Trizano avec un sourire.
Certains observateurs, comme l’analyste Robin Black, tempèrent cependant l’enthousiasme : *« Trizano a battu deux adversaires solides, mais Adams est d’un autre niveau. Il faudra voir s’il peut tenir plus de 20 secondes. »* Un défi que Trizano semble prêt à relever, avec une confiance inébranlable : *« Je frappe plus fort et plus vite qu’en UFC. Adams n’a encore rien vu. »*
Bare-knuckle vs. MMA : pourquoi tant de combattants de l’UFC font le saut ?
Le parcours de Trizano s’inscrit dans une tendance plus large : celle des combattants de MMA qui se tournent vers le bare-knuckle pour relancer leur carrière ou trouver de nouveaux défis. Parmi eux :
- Artem Lobov (UFC → BKFC) : 4 victoires en bare-knuckle, dont un combat légendaire contre Jason Knight.
- Joey Beltran (UFC/Bellator → BKFC) : champion des poids lourds en 2021.
- Eddie Alvarez (ancien champion UFC) : a signé avec la BKFC en 2023 pour un combat exhibition.
Les raisons ? Des règles plus simples (pas de sol, pas de soumissions), des combats plus courts (et souvent plus lucratifs), et une liberté de frappe qui séduit les frappeurs purs. *« En MMA, tu dois maîtriser 10 disciplines. Ici, si tu sais boxer, tu peux gagner »*, résume Trizano.
Reste une question : le bare-knuckle est-il l’avenir pour les combattants en fin de carrière MMA, ou simplement une mode passagère ? Avec des athlètes comme Trizano qui y excellent, la réponse pencherait plutôt pour la première option.
Avec son K.O. en 20 secondes contre J.C. Deleon, Mike Trizano a envoyé un message clair : il est venu pour dominer le bare-knuckle. Son mélange de technique chirurgicale et de puissance explosive en fait un adversaire redoutable, capable de conclure un combat avant même que le public n’ait eu le temps de s’asseoir. À 33 ans, l’ancien vainqueur de The Ultimate Fighter prouve qu’une seconde carrière est possible – et qu’elle peut être encore plus spectaculaire que la première.
La suite ? Un duel contre Arnold Adams pour le titre BKFC, qui pourrait bien être le combat de l’année 2024. Entre temps, une chose est sûre : dans l’univers impitoyable du bare-knuckle, Mike Trizano est désormais un nom à retenir. Et à surveiller de très près.

