Le Roi du Bare-Knuckle face à un dilemme : opportunité ou loyauté ?
Depuis son arrivée à la Bare Knuckle Fighting Championship (BKFC) en 2021, Mike Perry a redéfini les codes du combat à mains nues. Avec un palmarès impressionnant de 8 victoires sans défaite et un style aussi spectaculaire qu'impitoyable, l'ancien combattant de l'UFC est devenu la figure de proue de cette discipline en plein essor. Pourtant, malgré son statut de "King of Violence", Perry a choisi de mettre sa carrière en bare-knuckle entre parenthèses à deux reprises : d'abord pour affronter Jake Paul en boxe anglaise, puis pour défier Nate Diaz en MMA. Une décision qui a laissé David Feldman, président de la BKFC, sur sa faim.
"Nous n'avons pas eu grand-chose à voir avec cette décision", confie Feldman à MMA Fighting. "Je lui souhaite bonne chance, sincèrement. Ces gars risquent leur vie pour gagner de l'argent, et il va en gagner beaucoup. Mais ce n'était pas quelque chose dans lequel nous étions impliqués, et ça ne s'est pas passé comme je l'aurais voulu." Feldman révèle qu'un projet d'envergure était en préparation pour Perry, un combat qui aurait été "le plus grand nom qu'il ait jamais affronté, multiplié par cinq". Un mystère qui alimente les spéculations : s'agissait-il d'un affrontement contre un ancien champion de l'UFC, un boxeur de renom, ou même une légende du bare-knuckle comme Artem Lobov ?
Perry, de son côté, a justifié son choix en invoquant une clause de sortie dans son contrat avec la BKFC. "Ils voulaient faire les deux combats, mais le timing ne le permettait pas", explique Feldman. Une frustration palpable, d'autant que Perry reste lié à la promotion pour deux affrontements supplémentaires. Pourtant, son retour n'est pas garanti : "Vous le reverrez probablement en BKFC, mais je ne peux pas prédire quand. Tout va bien entre nous, il n'a jamais manqué de respect. Mais à la fin de la journée, il saisit des opportunités, et c'est normal."
Nate Diaz : un adversaire taillé pour le spectacle, mais pas pour le bare-knuckle
Le combat entre Mike Perry et Nate Diaz, prévu le 16 mai en co-main event du gala Ronda Rousey vs. Gina Carano, est déjà présenté comme l'un des affrontements les plus excitants de l'année. Pourtant, selon David Feldman, ce duel aurait pu être bien plus qu'un simple combat de MMA : "Cent pour cent mieux en bare-knuckle. Annoncer ce combat comme un affrontement à mains nues aurait généré dix fois plus d'engouement. Les gens veulent voir ça. On parle d'un bain de sang."
Pour comprendre cette déclaration, il faut revenir aux fondamentaux du bare-knuckle. Contrairement au MMA ou à la boxe, où les gants atténuent les impacts, les combats à mains nues exposent les combattants à des blessures bien plus graves. Les coupures, les fractures et les KO brutaux y sont monnaie courante. Perry, avec son style agressif et son menton en acier, excelle dans cet environnement. Diaz, en revanche, est un technicien du MMA, connu pour son jeu de jambes et ses enchaînements précis, mais moins pour sa résistance aux coups de poing nus.
Feldman va même plus loin : "Cinq ans plus tôt, ce combat n'aurait probablement pas été une bonne idée pour Perry. Mais aujourd'hui, avec le Nate Diaz qu'il affronte, c'est différent. Il est plus lent, moins explosif. Perry aurait pu en faire un carnage." Une analyse qui rappelle que Diaz, malgré son statut de légende, n'a plus disputé de combat depuis 2022 et approche des 40 ans. Pourtant, son nom reste un argument marketing imparable, capable de remplir les salles et de générer des millions de vues en pay-per-view.
Un événement sous le signe de l'incertitude : Rousey-Carano en question
Le gala du 16 mai promet d'être historique, avec un main event opposant Ronda Rousey à Gina Carano, deux icônes du MMA qui n'ont plus combattu depuis respectivement 2019 et 2016. Un écart de 27 ans combinés sans compétition, qui soulève des interrogations sur leur niveau actuel. Le co-main event, opposant Francis Ngannou à Philipe Lins, semble déséquilibré en faveur du Camerounais, champion incontesté de la puissance.
Dans ce contexte, le combat entre Perry et Diaz pourrait bien voler la vedette. "C'est probablement l'affrontement le plus attendu de la soirée", estime Feldman. Pourtant, il ne cache pas sa déception : "Si ce combat avait eu lieu en bare-knuckle, ce serait l'événement sportif de l'année. Imaginez le buzz : deux stars, un style de combat ultra-violent, et une rivalité qui transcende les disciplines."
Pourtant, malgré les regrets, Feldman reste pragmatique : "Perry a fait son choix, et je le respecte. Mais une chose est sûre : s'il revient un jour en BKFC, ce sera pour un combat encore plus grand. Et cette fois, nous ne le laisserons pas filer."
Bare-Knuckle vs. MMA : deux philosophies, un seul vainqueur ?
Le débat entre le bare-knuckle et le MMA ne date pas d'hier. Dès les années 2010, des promotions comme la BKB (Bare Knuckle Boxing) aux États-Unis ont tenté de relancer ce sport ancestral, sans grand succès. Il aura fallu l'arrivée de la BKFC en 2018, avec son approche moderne et médiatique, pour que le bare-knuckle retrouve ses lettres de noblesse. Aujourd'hui, la promotion organise des événements dans des salles combles et diffuse ses combats sur des plateformes comme DAZN ou FITE TV.
Pourtant, malgré son succès, le bare-knuckle reste un sport de niche comparé au MMA. Les raisons sont multiples : une image de brutalité extrême, un manque de reconnaissance officielle dans de nombreux pays, et une courbe d'apprentissage abrupte pour les combattants. "En MMA, tu peux te permettre de prendre des coups avec des gants. En bare-knuckle, un seul mauvais mouvement et c'est la fracture", explique Johnny Bedford, ancien combattant de la BKFC. "C'est un sport où la technique prime sur tout le reste. Perry a ça dans le sang."
À l'inverse, le MMA offre une palette technique bien plus large, avec des phases de lutte, de grappling et de soumission. Un combattant comme Diaz, spécialiste du jiu-jitsu brésilien, aurait été désavantagé en bare-knuckle, où les combats se gagnent souvent debout. "Nate est un génie du MMA, mais en bare-knuckle, il aurait été comme un poisson hors de l'eau", analyse Chael Sonnen, ancien rival de Diaz. "Perry, lui, est né pour ça."
L'avenir de Mike Perry : entre opportunités et fidélité à la BKFC
Alors que le combat contre Diaz approche, une question persiste : que réserve l'avenir à Mike Perry ? Avec deux combats restants dans son contrat avec la BKFC, son retour semble inévitable, mais les modalités restent floues. Feldman, malgré sa frustration, garde espoir : "Il a toujours été respectueux, et je sais qu'il aime ce sport. Mais il a aussi une carrière à construire, et des opportunités à saisir."
Parmi les scénarios possibles, un retour en grande pompe contre un adversaire de taille, comme Paulo Costa ou Jorge Masvidal, deux anciens rivaux de l'UFC qui ont exprimé leur intérêt pour le bare-knuckle. Une autre piste serait un combat revanche contre Luke Rockhold, que Perry a battu par KO en 2021 dans un affrontement mémorable. "Ce serait un carton", estime Dana White, président de l'UFC. "Deux gars qui se détestent, un style de combat ultra-violent... Les fans adoreraient."
Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : Perry ne restera pas éternellement éloigné du bare-knuckle. "C'est son ADN", conclut Feldman. "Il a ça dans le sang. Et tôt ou tard, il reviendra là où il est le plus dangereux." En attendant, les fans peuvent se réjouir d'un combat contre Diaz qui s'annonce déjà comme un classique du MMA moderne. Mais une question persiste : et si le vrai spectacle avait lieu à mains nues ?
Le combat entre Mike Perry et Nate Diaz, bien que prometteur, aurait pu atteindre des sommets s'il avait été organisé en bare-knuckle. David Feldman ne cache pas sa déception, mais reconnaît que les opportunités offertes à Perry étaient trop alléchantes pour être refusées. Pourtant, cette situation met en lumière un dilemme récurrent dans le monde des sports de combat : faut-il privilégier la loyauté envers une discipline ou saisir les opportunités qui se présentent ?
Quoi qu'il en soit, le bare-knuckle continue de gagner en popularité, et Perry reste l'un de ses ambassadeurs les plus charismatiques. Son retour, inévitable, pourrait bien marquer un tournant dans l'histoire de ce sport. En attendant, les fans peuvent se consoler avec un affrontement qui, malgré tout, promet d'être spectaculaire. Mais une chose est sûre : la prochaine fois que Perry montera sur un ring, ce sera peut-être pour un combat qui entrera dans la légende.

