Il y a 364 jours
Luke Rockhold : "Alex Pereira est un des plus grands de tous les temps" – La métamorphose d’un regard critique
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D’un mépris affiché à une admiration sans réserve : comment Luke Rockhold, ancien champion des poids moyens de l’UFC, a radicalement changé d’avis sur Alex Pereira. Une évolution rare, où l’orgueil cède la place au respect face à un combattant qui défie les codes et marque l’histoire du MMA.
A retenir :
- Luke Rockhold, critique virulent de Pereira en 2022 ("ceinture facile"), le qualifie aujourd’hui de "l’un des plus grands de tous les temps".
- Pereira, malgré un jeu au sol limité, impose un ratio de 80% de victoires par KO/TKO en UFC – l’un des meilleurs de l’histoire.
- Rockhold compare son impact psychologique à celui d’Anderson Silva : "Il fait trembler les adversaires avant même le premier coup".
- Son titre face à Ankalaev en 3 minutes chrono a marqué un tournant : Pereira n’est plus un "coup marketing", mais une légende en construction.
- Selon Rockhold, il est "le seul aujourd’hui capable de faire peur à Jon Jones" – un aveu choc venant d’un ancien champion.
De la moquerie à la reddition : le revirement spectaculaire de Rockhold
Il y a deux ans, Luke Rockhold riait ouvertement d’Alex Pereira. Pour l’ancien champion des poids moyens de l’UFC, le Brésilien n’était qu’un "produit marketing", une "ceinture facile" offerte par Dana White pour booster les audiences. Ses arguments ? Un jeu au sol quasi inexistant, une technique de MMA "brutale mais primitive", et un parcours trop court pour prétendre au statut de légende. "Un kickboxeur qui a eu de la chance", résumait-il en 2022 après la victoire de Pereira face à Israel Adesanya.
Pourtant, en 2024, le ton a radicalement changé. Lors d’un récent podcast, Rockhold a lâché une phrase qui a fait le tour des réseaux : "Alex Pereira est un des plus grands de tous les temps. Point." Un revirement aussi surprenant que rare chez un athlète connu pour son orgueil inébranlable. Alors, qu’est-ce qui a bien pu faire plier l’ancienne star de l’American Kickboxing Academy ?
"Il avance comme un train" : l’arme secrète de Pereira selon Rockhold
La réponse tient en trois mots : mentalité de tueur. "Il n’a pas peur, il avance comme un train, et ça, c’est ce qui fait les légendes", explique Rockhold, visiblement impressionné. Pour lui, Pereira incarne cette rareté dans le MMA moderne – un combattant capable de dominer psychologiquement ses adversaires avant même que le combat ne commence.
Les chiffres donnent raison à cette analyse. Avec 8 victoires en 10 combats sous bannière UFC, dont 7 par KO/TKO, Pereira affiche un ratio de finition digne des plus grands. Pour comparaison, Anderson Silva (souvent cité comme référence) avait un taux de 68% de victoires par KO dans sa prime. "Il frappe comme un poids lourd mais bouge comme un poids moyen", résumait récemment le coach Henri Hooft, soulignant cette combinaison explosive qui rend Pereira imprévisible.
Son dernier combat face à Magomed Ankalaev en juillet 2024 a scellé cette transformation. Une victoire en 3 minutes et 12 secondes seulement, avec un KO qui a laissé les commentateurs sans voix. "Ce n’était pas de la chance, c’était de la précision chirurgicale", analyse Rockhold, qui voit dans ce combat la preuve que Pereira a évolué : "Il ne compte plus sur la chance, il construit ses KOs."
Le paradoxe Pereira : quand les faiblesses deviennent des forces
Ironie du sort : les critiques initiales de Rockhold (manque de jeu au sol, défense parfois trouée) sont aujourd’hui présentées comme... des atouts. "Il n’a pas besoin d’être parfait, parce qu’il a ce truc qui fait que les mecs ont peur de lui avant même d’entrer dans la cage", explique l’Américain. Une analyse partagée par Daniel Cormier, qui compare son aura à celle d’Anderson Silva à son apogée : "Les adversaires perdent avant de combattre."
Pereira lui-même assume ce style. Dans une interview accordée à MMA Fighting en 2023, il déclarait : "Je ne veux pas être un combattant complet. Je veux être celui que personne n’ose affronter." Une philosophie qui semble payer : ses trois dernières victoires (contre Jan Błachowicz, Jiří Procházka et Ankalaev) ont toutes été obtenues en moins d’un round.
Même ses détracteurs les plus acharnés reconnaissent désormais son génie. Le podcasteur Joe Rogan, pourtant connu pour son scepticisme, a admis : "Pereira a réinventé la peur dans l’Octogone. Les gars ne veulent plus le regarder dans les yeux pendant les pesées."
Rockhold vs. Pereira : et si l’histoire s’était écrite différemment ?
Une question intrigue les fans : que se serait-il passé si Rockhold et Pereira s’étaient affrontés à l’apogée des deux hommes ? En 2016, quand Rockhold dominait les poids moyens, Pereira n’était même pas encore en UFC. Aujourd’hui, l’Américain, âgé de 39 ans, reconnaît sans détour : "Je n’aurais pas voulu le croiser. Pas avec cette version de lui."
Pour comprendre ce revirement, il faut remonter à leur unique confrontation... verbale. En 2022, après la victoire de Pereira contre Sean Strickland, Rockhold avait tweeté : "Un jour, un vrai grappler va l’emmener au sol et lui montrer ce que c’est." Deux ans plus tard, il nuance : "Techniquement, oui, c’est possible. Mais mentalement ? Personne ne semble capable de le faire."
Le cas Jon Jones est révélateur. Rockhold, qui a partagé l’Octogone avec "Bones" en 2015 (défaite par TKO), estime que Pereira est "le seul aujourd’hui qui pourrait le faire douter". Une déclaration forte, quand on sait que Jones est considéré comme le meilleur combattant de l’histoire du MMA.
L’héritage en construction : Pereira peut-il dépasser Silva et Jones ?
Avec deux ceintures UFC (poids moyens et mi-lourds) en seulement 10 combats dans l’organisation, Pereira écrit l’histoire à une vitesse folle. Rockhold, lui-même double champion (Strikeforce et UFC), voit en lui un potentiel unique : "Anderson a dominé une époque. Jon a dominé deux divisions. Mais Alex ? Il pourrait dominer une génération."
Les comparaisons avec Israel Adesanya (son rival historique) sont inévitables. Pourtant, là où "The Last Stylebender" mise sur la technique et la distance, Pereira mise sur l’agressivité pure. "Izzy est un artiste. Alex est un destructeur", résume Rockhold. Une différence de style qui fascine les fans et divise les experts.
Son prochain combat, annoncé pour début 2025 contre le vainqueur de Jamahal Hill vs. Jiri Prochazka 2, pourrait être décisif. Une victoire lui ouvrirait les portes d’un troisième titre (poids lourds ?), un exploit jamais réalisé. "S’il y arrive, on parlera de lui dans 50 ans", prédit Rockhold, visiblement conquis.
Derrière le respect : ce que Rockhold ne dit pas
Si les éloges sont désormais publics, certaines confessions de Rockhold restent plus discrètes. Dans un entretien avec Ariel Helwani (non diffusé), il aurait admis : "Pereira m’a fait réaliser que j’avais tort sur le MMA moderne." Une phrase qui en dit long sur l’évolution du sport.
Autre détail révélateur : Rockhold, connu pour son mépris des "showmen", avoue aujourd’hui apprécier le charisme de Pereira. "Il a ce sourire en coin avant de te détruire... C’est du cinéma pur." Un aveu qui montre à quel point le Brésilien a su marquer les esprits, bien au-delà des statistiques.
Enfin, une rumeur persiste : Rockhold aurait refusé un combat d’exhibition contre Pereira en 2023, par crainte pour son héritage. Une information jamais confirmée, mais qui, si elle était vraie, enverrait un message clair : même les légendes ont peur de "Poatan".

