« Je vais lui servir un plat qu’il n’oubliera pas » : La confiance inébranlable de Lessei
Quand Luke Lessei monte sur la balance avant un combat, ce n’est pas seulement son poids qu’il mesure, mais aussi celui de ses ambitions. À 29 ans, « The Chef » s’apprête à affronter Nico Carrillo, un adversaire redouté classé n°4 mondial en Muay Thai, lors du ONE Fight Night 37. Pour Lessei, ce combat n’est pas qu’une simple confrontation : c’est une déclaration d’intention. « Je ne viens pas pour participer, je viens pour dominer », lance-t-il, le regard déterminé.
Son surnom, « The Chef », n’est pas anodin. Comme un cuisinier étoilé, Lessei prépare ses combats avec une précision méticuleuse, dosant chaque ingrédient : technique, puissance, et une pointe d’audace. Face à Carrillo, invaincu depuis quatre combats (dont un KO spectaculaire contre la légende Sitthichai Sitsongpeenong), il sait qu’il devra sortir sa meilleure recette. « Il a du talent, mais je vais lui servir un plat qu’il n’oubliera pas », promet-il, confiant dans sa capacité à exploiter sa portée supérieure (1,88 m) et sa polyvalence de frappe.
Muay Thai vs Polyvalence : Un duel de styles à haut risque
Sur le papier, l’affrontement oppose deux philosophies de combat radicalement différentes. Nico Carrillo, pur produit du Muay Thai thaïlandais, mise sur des enchaînements de coups de pied et de genoux d’une précision chirurgicale. De son côté, Lessei incarne la modernité du combat hybride : un mélange explosif de boxe, de low kicks, et de projections calculées. « Il est dangereux, mais je peux le contrer sur tous les plans », analyse-t-il.
La clé du combat ? La gestion de la distance. Carrillo, plus compact, excelle dans les échanges rapprochés, tandis que Lessei doit imposer son jeu à moyenne portée. « Je vais le tenir à distance avec mes jabs et mes teeps (coups de pied poussés), puis le punir quand il tentera de rentrer », détaille-t-il. Une stratégie qui rappelle celle d’un autre Français, Fabrice Fairbairn, maître dans l’art de déséquilibrer ses adversaires avec des techniques de pied.
Mais attention : Carrillo n’est pas du genre à se laisser dicter le tempo. Son KO contre Sitthichai, un combattant réputé pour sa défense, prouve qu’il peut retourner une situation en un clin d’œil. « Je ne sous-estime pas sa puissance, mais je suis prêt à absorber et à riposter », tempère Lessei.
« J’ai appris à perdre pour mieux gagner » : La résilience comme arme secrète
Le parcours de Luke Lessei sous la bannière ONE ressemble à un roman à rebondissements. Après des débuts prometteurs en décembre 2023, il a enchaîné les épreuves : une défaite controversée face à Jo Nattawut (où beaucoup ont crié à l’injustice), une victoire laborieuse contre Eddie Abasolo, puis un KO brutal infligé par Bampara Kouyate. Des revers qui auraient pu briser un moins déterminé.
Pourtant, Lessei a transformé ces échecs en carburant. « Chaque défaite m’a appris quelque chose. Contre Kouyate, j’ai compris que je devais mieux gérer mon énergie. Contre Nattawut, que les juges ne font pas toujours la différence… alors il faut finir le combat avant la limite », confie-t-il avec lucidité. Son retour en grâce contre Cody Jerome, où il a dominé les trois rounds, a marqué un tournant. « Ce combat m’a redonné confiance en mes capacités. »
Dans les coulisses : La préparation qui change tout
Pour ce combat, Lessei a révolutionné sa préparation. Exit les entraînements solitaires : il s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire, incluant un préparateur physique spécialisé dans les sports de combat et un nutritionniste. « J’ai travaillé spécifiquement ma résistance et ma puissance sur 5 rounds. Carrillo a l’habitude de finir fort, mais cette fois, ce sera moi qui vais monter en régime », explique-t-il.
Autre nouveauté : des séances de sparring avec des partenaires imitant le style de Carrillo. « On a analysé ses combats pendant des heures. Je connais ses habitudes, ses angles d’attaque… Je vais le surprendre avec des contre-attaques qu’il n’a jamais vues », révèle-t-il, un sourire en coin.
Côté mental, Lessei a aussi fait appel à un coach en psychologie sportive. « Le combat, c’est 80% mental. J’ai appris à rester calme sous pression, à visualiser la victoire. Quand je monterai dans la cage, ce sera comme si j’y étais déjà allé mille fois. »
Et après ? L’équation du titre
Une victoire contre Carrillo propulserait Lessei dans le top 5 des poids plumes, avec une ligne directe vers les prétendants au titre. Mais le chemin est semé d’embûches : devant lui, des monstres comme Superlek Kiatmoo9 (champion actuel) ou Rodtang Jitmuangnon (en passe de monter en poids plume) attendent leur tour.
« Je ne me projette pas trop loin, mais je sais que ce combat peut tout changer. Si je gagne, je veux un adversaire du top 3 ensuite. Mon objectif ? Être champion d’ici 2025 », déclare-t-il, ambitieux.
Reste une question : et si les juges entraient à nouveau en jeu ? Lessei a tiré les leçons du passé : « Je ne laisserai pas ce combat entre les mains des juges. Soit je le KO, soit je le domine tellement qu’il n’y aura aucun doute. » Une détermination qui, si elle se concrétise, pourrait bien faire de lui le prochain grand nom du Muay Thai français.
Nico Carrillo, lui, arrive en favori des bookmakers. Mais dans la cage, les pronostics ne pèsent rien face à la détermination. Une chose est sûre : le 22 juin, quand les deux hommes s’affronteront, ce ne sera pas qu’un combat. Ce sera une bataille pour l’avenir d’une division, et peut-être le début d’une nouvelle ère pour le Muay Thai français.

