Un rêve (presque) réalisé : le combat contre Tsarukyan, une promesse inachevée
Imaginez la scène : Ludovit Klein, assis dans les coulisses d’un événement UFC, reçoit une offre alléchante de la part de Mick Maynard (matchmaker de l’organisation) : "Gagne contre Gamrot, et on te donne Tsarukyan." Pour un combattant ambitieux comme le Slovaque, c’est l’équivalent d’une promotion express vers l’élite des poids légers. Sauf que… la défaite face à Gamrot en mai 2024 a tout changé. Ou presque.
Dans une publication Instagram post-combat, Klein a révélé cette discussion interne, confirmant que l’UFC voyait en lui un prétendant crédible pour affronter Arman Tsarukyan (actuellement n°7 du classement). "Ils m’ont dit clairement : si tu bats Gamrot, tu auras Tsarukyan. C’est toujours mon objectif, même si j’ai dû faire un détour par Rębecki," confie-t-il. Une déclaration qui en dit long sur sa détermination sans faille.
Mais pourquoi Tsarukyan ? Parce que le Russe, malgré son jeune âge (27 ans), incarne la nouvelle garde des poids légers : un grappler redoutable, une boxe précise, et une capacité à dominer des adversaires expérimentés (comme sa victoire contre Damir Ismagulov en 2023). Pour Klein, c’est l’occasion idéale de faire un bond dans le classement et de prouver qu’il mérite une place parmi les 10 meilleurs.
"Je ne veux pas juste gagner, je veux détruire. Tsarukyan est un grand nom, mais je sais que mon style peut lui poser problème," ajoute Klein, faisant référence à son agressivité constante et son jeu de coups puissants. Avec 71 % de ses victoires par KO ou soumission, le Slovaque a les armes pour tenir parole.
UFC 321 : la revanche sur soi-même (et un bonus bien mérité)
Le 25 octobre 2024, à l’UFC 321, Ludovit Klein avait quelque chose à prouver. Après sa défaite face à Gamrot – un combat où il avait été dominé au sol –, les critiques commençaient à murmurer : "Klein n’a pas le niveau pour le top 15." Qu’à cela ne tienne. Face à Mateusz Rębecki (un Polonais solide, connu pour sa résistance), le Slovaque a livré une performance tactique, remportant la victoire par décision majoritaire (29-28, 29-28, 29-28).
"Ce combat était une question de contrôle. Je savais que Rębecki était dur, alors j’ai joué sur les distances et les coups précis," explique Klein. Une stratégie payante : non seulement il a remporté le combat, mais l’UFC a récompensé les deux athlètes avec un bonus de 50 000 dollars pour leur performance. "C’est toujours agréable de recevoir ce genre de reconnaissance, mais ce qui compte, c’est la victoire. Chaque combat me rapproche de Tsarukyan," précise-t-il.
Ce succès a aussi permis à Klein de corriger une faille majeure : son jeu au sol. Contre Gamrot, il avait été étouffé par le grappling du Polonais. Face à Rębecki, il a montré une meilleure défense et une capacité à se relever rapidement après les amenées au sol. "J’ai travaillé ça à l’entraînement avec des partenaires comme Islam Makhachev (lors de stages en Russie). Ça paie," révèle-t-il.
"Je ne suis pas un combattant, je suis un finisseur" : le style qui fait peur
Avec 17 victoires par finition en 24 combats (12 KO, 5 soumissions), Ludovit Klein fait partie de ces rares athlètes qui ne laissent pas la décision aux juges. Son style ? Un mélange explosif de boxe agressive, de coups de pied puissants, et d’une pression constante qui use ses adversaires.
"Quand j’entre dans la cage, je veux que mon adversaire ressente chaque seconde. Je ne cherche pas les points, je cherche la finition," déclare-t-il. Une philosophie qui lui a valu des victoires spectaculaires, comme son KO en 1 minute contre Shane Young (UFC 267) ou sa soumission en guillotine contre Mike Davis (UFC Vegas 42).
Pourtant, ce style a aussi ses limites. Contre des grapplers de haut niveau comme Gamrot, Klein a du mal à imposer son jeu debout. "Je sais que je dois améliorer mon jitsu brésilien. Tsarukyan est un monstre au sol, alors je travaille là-dessus," reconnaît-il. Une lucidité rare chez un combattant aussi offensif.
Statistique clé : Depuis son arrivée à l’UFC en 2020, Klein a terminé 5 de ses 8 victoires (62,5 %). Un ratio impressionnant, mais qui chute face à des adversaires classés. Preuve qu’il doit encore élever son niveau pour prétendre au titre.
Derrière les gants : le parcours d’un combattant qui refuse d’abandonner
Né à Bratislava (Slovaquie), Ludovit Klein n’a pas eu un parcours linéaire. Avant de signer à l’UFC, il enchaînait les petits contrats en Europe de l’Est, avec des victoires… et des défaites douloureuses. "En 2018, j’ai perdu deux combats d’affilée. Beaucoup m’ont dit d’arrêter. Mais j’ai continué à m’entraîner, même sans argent," se souvient-il.
Son tournant ? Une victoire par KO en 12 secondes contre un adversaire invaincu en 2019. "Ce jour-là, j’ai compris que j’avais quelque chose de spécial. L’UFC m’a contacté peu après," raconte-t-il. Depuis, Klein a construit sa réputation sur trois piliers :
- La résilience : Après chaque défaite, il revient plus fort (ex. : victoire contre Rębecki après l’échec face à Gamrot).
- L’adaptabilité : Il corrige ses faiblesses entre chaque combat (ex. : travail du grappling après la défaite contre Gamrot).
- L’audace : Il n’hésite pas à affronter des adversaires mieux classés pour progresser (ex. : Gamrot, n°11 à l’époque).
"Beaucoup de gens voient l’UFC comme un rêve. Moi, je le vis, mais je sais que chaque combat peut être le dernier. Alors je donne tout," conclut-il, le regard déterminé.
Tsarukyan en ligne de mire : un combat qui pourrait tout changer
Alors, Klein vs. Tsarukyan, c’est pour quand ? Tout dépend de ses prochaines performances. L’UFC, prudente, pourrait lui imposer un autre test avant de lui offrir ce combat. "Je suis prêt à affronter n’importe qui. Mais Tsarukyan, c’est ma priorité," insiste-t-il.
Les observateurs sont partagés :
- Pour : Klein a le style pour surprendre Tsarukyan. Sa puissance et son agressivité pourraient déstabiliser le Russe, moins habitué à ce rythme.
- Contre : Tsarukyan est un grappler d’élite. Si Klein ne parvient pas à le garder debout, il risque de subir le même sort que contre Gamrot.
"Les gens sous-estiment mon QI de combat. Je ne fonce pas bêtement. Contre Tsarukyan, ce sera calculé," répond Klein aux sceptiques. Une chose est sûre : si ce combat a lieu, ce sera l’affrontement le plus important de sa carrière.

