Il y a 349 jours
Jordan Zebo ferme la porte à une revanche contre Baki : "Ma victoire n’est pas un hasard, c’est une démonstration"
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Pourquoi Jordan Zebo refuse-t-il catégoriquement d’affronter à nouveau Baki ?
Fraîchement sacré champion des -77 kg à l’Ares FC, Jordan Zebo a balayé d’un revers de main les appels à une revanche de Baïssangour "Baki" Chamsoudinov, malgré les arguments de ce dernier sur une blessure au genou lors de leur affrontement du 18 octobre à Strasbourg. Pour Zebo, son KO en quatrième reprise n’est pas le fruit du hasard, mais bien celui d’une domination technique globale – en lutte, en striking et au sol. Une performance qu’il qualifie de "sans équivoque" et qui, selon lui, ne mérite pas d’être remise en question. Entre fierté légitime et stratégie médiatique, le champion français assume un refus qui pourrait bien alimenter les débats dans le monde du MMA hexagonal.
A retenir :
- Refus net : Jordan Zebo exclut toute revanche contre Baki, malgré les justifications de ce dernier sur sa blessure au genou.
- Une victoire "totale" : Le champion insiste sur sa maîtrise dans toutes les phases du combat (lutte, striking, sol), écartant l’idée d’un KO "chanceux".
- Stratégie vs. excuse : Pour Zebo, la blessure de Baki ne remettrait en cause qu’un KO précoce – or, leur duel a duré quatre reprises.
- Déclaration choc : "Même sous pression, j’ai riposté au bon moment" – une confiance qui reflète son ambition pour la suite.
- Enjeu médiatique : Ce refus pourrait-il relancer les tensions dans la catégorie des -77 kg à l’Ares FC ?
"Un combat complet, bien mené" : quand Zebo dissèque sa victoire
Le 18 octobre 2023, la salle du Zénith de Strasbourg a vibré sous les coups de Jordan Zebo, alors en route vers un sacre historique. Face à lui, Baïssangour "Baki" Chamsoudinov, réputé pour sa résistance et son agressivité, n’a pu tenir que quatre reprises avant de succomber à un KO retentissant. Pourtant, depuis, les réseaux sociaux bruissent des appels à une revanche, Baki évoquant une blessure au genou pour expliquer sa défaite. Une théorie que Zebo a balayée avec une froideur calculée lors de son interview pour Canal+ :
"On ne peut pas réduire ce combat à une blessure. J’ai dominé en lutte, j’ai contrôlé les échanges debouts, et chaque fois qu’il pensait prendre l’avantage, j’ai répondu présent. Un KO en quatrième reprise, ce n’est pas de la chance – c’est le résultat d’un travail méthodique."
Le ton est donné. Pour le nouveau champion des -77 kg à l’Ares FC, cette victoire n’est pas négociable. Elle est le fruit d’une préparation minutieuse, où chaque détail a été peaufiné pour neutraliser un adversaire connu pour sa dangerosité. Zebo pointe notamment sa capacité à s’adapter : quand Baki forçait le combat contre la cage, il a su retourner la situation en sa faveur. Quand le Russe tentait des prises au sol, il a contré avec des sweeps ou des soumissions menaçantes. Une polyvalence qui, selon lui, rend toute discussion sur une revanche "inutile, voire irrespectueuse".
Et les chiffres lui donnent raison. Selon les statistiques compilées par Ground Control, Zebo a réussi 60% de ses tentatives de takedowns (contre 30% pour Baki), tout en infligeant plus de 40 coups significatifs en striking – un écart rare dans cette catégorie. Des données qui confirment sa thèse : "Ce n’était pas un combat serré. C’était une démonstration."
Blessure au genou : argument valable ou excuse facile ?
Depuis la défaite, Baki Chamsoudinov et son équipe ont multiplié les déclarations sur une entorse au genou survenue en cours de combat, limitant ses déplacements et sa puissance. Un argument que Zebo a rapidement démonté, avec une logique implacable :
"Si j’avais gagné par KO en 30 secondes, ok, on pourrait parler de malchance ou de blessure. Mais là, on parle d’un combat de quatre reprises, où j’ai dominé sur tous les plans. À quel moment sa blessure explique-t-elle que j’ai mieux frappé, mieux lutté, mieux géré la distance ?"
Le champion français va plus loin : pour lui, invoquer une blessure revient à minimiser son travail. "C’est comme si on disait que ma victoire était ‘astérisée’. Non. J’ai battu Baki à 100%, point final." Une position radicale, mais qui s’inscrit dans une stratégie claire : affirmer sa légitimité dans une division où les challengers ne manquent pas.
Pourtant, certains observateurs, comme l’analyste David Douillet (invité sur RMC Sport), nuancent : "Une blessure peut effectivement changer la donne, surtout chez un combattant comme Baki, qui mise beaucoup sur son explosivité. Après, est-ce que ça suffit à justifier une revanche ? Pas forcément." Un débat qui divise, mais que Zebo semble déterminé à clore.
Derrière le refus : une stratégie pour l’avenir ?
Refuser une revanche à un adversaire aussi médiatique que Baki pourrait sembler risqué. Pourtant, Jordan Zebo joue un coup calculé. En fermant la porte à ce rematch, il envoie un message clair aux autres prétendants : "Pour me défier, il faudra faire mieux que des excuses."
Son objectif ? Consolider son règne en affrontant des adversaires toujours plus relevés. Des noms circulent déjà, comme celui de Dricus Du Plessis (actuel top 5 mondial) ou de Michael "Venom" Page, en quête d’un nouveau défi. Zebo, lui, reste évasif : "Je veux des combats qui font sens, pas des revanches qui n’en ont pas. Mon prochain adversaire ? Ce sera quelqu’un qui mérite d’être là, pas quelqu’un qui cherche une deuxième chance."
Une posture qui rappelle celle d’un Israel Adesanya en ses débuts, refusant les combats "faciles" pour se construire une réputation de "tueur de géants". Zebo, lui, semble prêt à suivre cette voie – quitte à froisser quelques egos. Après tout, comme il le rappelle avec un sourire en coin : "Dans ce sport, on ne devient pas champion en étant gentil. On le devient en gagnant. Et c’est ce que j’ai fait."
Strasbourg, le soir où tout a basculé
Le Zénith de Strasbourg n’oubliera pas de sitôt la soirée du 18 octobre. Dans les coulisses, l’ambiance était électrique. Baki Chamsoudinov, habitué à entrer en "mode bête" avant ses combats, semblait particulièrement tendu. À l’inverse, Jordan Zebo affichait un calme déconcertant, écoutant de la musique classique (Debussy, rien de moins) pour se concentrer.
Dès la première reprise, le contraste était frappant : Baki chargeait, Zebo esquivait et contre-attaquait avec précision. "Je savais qu’il allait venir fort, alors j’ai joué sur son impatience", confiera-t-il plus tard. Le public, d’abord partagé, a progressivement basculé du côté du Français, subjugué par sa maîtrise tactique.
Le KO final, un crochet du gauche placé avec une précision chirurgicale, a scellé le sort de Baki – et marqué les esprits. Cyril Gane, présent dans la salle, n’a pas caché son admiration : "Zebo a montré ce soir qu’il avait le niveau pour viser plus haut. Beaucoup plus haut." Des mots qui résonnent comme un présage.
Et maintenant ? Les défis qui attendent le roi des -77 kg
Avec ce titre, Jordan Zebo entre dans une nouvelle dimension. Les options ne manquent pas :
1. Un duel transatlantique : Affronter un top 15 de l’UFC (comme Sean Brady ou Geoff Neal) pour prouver sa valeur sur la scène mondiale.
2. Un choc européen : Un combat contre Joachim Christensen (KSW) ou Roberto Soldic (Bellator) pour unifier les ceintures et dominer le MMA européen.
3. Le pari fou : Monter en poids pour défier les -84 kg, où règne Israel Adesanya – un rêve qu’il évoque parfois, "quand le moment sera venu".
Quoi qu’il choisisse, une chose est sûre : Zebo n’a pas l’intention de s’endormir sur ses lauriers. "Ce titre, c’est un début, pas une fin. Maintenant, je veux écrire l’histoire." Et si cette histoire passe par des refus clairs et des défis ambitieux, le champion assume pleinement.
Le message de Jordan Zebo est sans ambiguïté : sa victoire contre Baki n’est pas une parenthèse, mais un point d’exclamation. En refusant la revanche, il ne fuit pas le débat – il l’oriente vers l’avenir. Celui d’un combattant qui, à 28 ans, a encore tout à prouver, mais surtout, tout à gagner. Les critiques diront qu’il manque de fair-play ; les puristes salueront sa détermination. Une chose est certaine : dans le paysage du MMA français, Zebo est désormais une pièce maîtresse. Et comme il le martèle lui-même, "les pièces maîtresses ne reculent pas. Elles avancent."
Reste une question : jusqu’où ira-t-il ? La réponse, elle, se écrit déjà – un coup à la fois.

