"Too Heavy to Move" : quand chaque livre compte dans la quête de domination de Jon Jones
248 livres contre Ciryl Gane en 2023. 238 livres face à Stipe Miocic près de deux ans plus tard. Ces chiffres, anodins en apparence, résument l’une des clés de l’évolution de Jon Jones chez les poids lourds. Jailton Almeida, expert en la matière, n’y va pas par quatre chemins : *"Contre Gane, il était trop lourd. On voyait que sa mobilité en souffrait."* Pourtant, le résultat fut sans appel : une victoire par soumission en première reprise, prouvant que l’expérience compense (presque) tout.
Mais pourquoi ce rééquilibrage avant le combat contre Miocic ? *"Jones a compris qu’à ce poids, il perdait en explosivité, surtout contre des frappeurs comme Stipe ou Pereira"*, analyse Almeida. Une adaptation nécessaire face à des adversaires capables de punir la moindre lenteur. Le défi est de taille : conserver sa puissance tout en retrouvant la fluidité qui a fait sa légende chez les mi-lourds.
Exemple frappant : lors de son KO contre Daniel Cormier en 2018 (mi-lourds), Jones pesait 205 livres – soit 43 livres de moins que contre Gane. Une différence abyssale qui interroge : jusqu’où peut-il pousser son corps sans sacrifier ses atouts naturels ?
Pereira vs. Jones : le choc des antipodes, entre calcul et chaos
*"50-50."* Le verdict de Jailton Almeida sur un potentiel Jon Jones vs. Alex Pereira résonne comme une évidence troublante. D’un côté, le "GOAT", maître incontesté de la précision et du contrôle au sol. De l’autre, "Poatan", une machine à KO dont les coups de pied ont terrassé Israel Adesanya (UFC 287) et écrasé Magomed Ankalaev (UFC 295).
*"Pereira impose un rythme que personne ne peut suivre"*, souligne Almeida. *"Jones devra gérer deux choses : sa distance et son endurance. Un seul coup de pied mal esquivé, et c’est fini."* Le Brésilien cite en exemple le combat Pereira vs. Sean Strickland (UFC 295), où le champion des poids moyens a dominé malgré un gabarit inférieur.
Le piège ? Jones adore contrer les frappeurs en les amenant au sol. Mais Pereira, ancien kickboxeur, possède une défense de takedown sous-estimée (80% de réussite en UFC). *"Si Jones ne le soumet pas dans les deux premières reprises, Pereira prendra le dessus en frappe"*, prédit Almeida. Un scénario qui rappelle étrangement le combat Jones vs. Gustafsson 1, où le Suédois avait failli renverser la légende.
Fun fact : Pereira est le seul combattant à avoir battu Adesanya deux fois en kickboxing avant de le finir en MMA. Une malédiction psychologique que Jones devra briser.
"En théorie, je devrais être le prochain..." : Almeida, Volkov et l’équation impossible du mérite
UFC Abu Dhabi, 22 mars 2025 : Jailton Almeida affronte Alexander Volkov dans ce qui pourrait être le combat le plus important de sa carrière. Une victoire le propulserait officiellement dans la course au titre, avec un argument imparable : 8 victoires d’affilée en UFC, dont 6 par finition.
*"Je mérite cette chance"*, assume-t-il. Pourtant, Almeida sait pertinemment que l’UFC a d’autres plans. *"Pereira a les cartes en main. Il est une star, il vend des PPV..."* Une réalité crue : le Brésilien, malgré son palmarès, manque de ce "facteur spectacle" qui fait les choux gras de Dana White.
Tom Aspinall, lui, a déjà son ticket pour UFC 304 (30 juillet 2024) face à Ciryl Gane. Un combat qui pourrait tout changer : *"Si Aspinall gagne, il sera le prétendant logique. Si Gane l’emporte... l’UFC voudra probablement Gane vs. Jones 2"*, décrypte Almeida.
Derrière les projecteurs : selon MMA Fighting, les négociations pour Jones vs. Pereira ont déjà commencé, avec une date cible en novembre 2024. Un timing qui laisse peu de marge à Almeida, même en cas de victoire contre Volkov. *"Je dois gagner, et gagner de manière spectaculaire"*, confie-t-il.
Le syndrome "White House" : quand l’UFC sacrifie la logique sportive sur l’autel du business
*"L’UFC n’est plus une ligue sportive, c’est du divertissement."* La phrase, souvent attribuée à des anonymes, prend tout son sens avec le cas Alex Pereira. Le Brésilien, star montante, incarne le profil idéal pour Dana White : charismatique, explosif, et capable de générer des millions de dollars en PPV.
Preuve par l’exemple : lors de l’UFC 295, Pereira vs. Jiří Procházka (pour le titre des poids lourds) a réalisé 1,2 million d’achats, soit 300 000 de plus que Jones vs. Gane (UFC 285). Des chiffres qui parlent plus fort que les classements officiels.
Jailton Almeida, lui, en est conscient : *"Même si je bats Volkov, puis Aspinall ou Gane, l’UFC préférera Pereira. C’est comme ça."* Une résignation qui en dit long sur les coulisses d’une organisation où le "money fight" prime souvent sur le "title fight".
Comparaison édifiante : en 2018, l’UFC avait organisé Brock Lesnar vs. Daniel Cormier (UFC 226) alors que Stipe Miocic, champion en titre, était sur le banc. Résultat ? Un PPV à 1,3 million d’achats... et un titre vacant. L’histoire se répète-t-elle avec Pereira ?
Backstage : ce que Jones et Pereira se disent (vraiment) en coulisses
*"On se respecte, mais on se déteste."* La phrase, lâchée par Alex Pereira lors d’une interview pour MMA Fighting, résume l’ambiance électrique entre les deux hommes. Selon des sources proches de l’UFC, leurs échanges en coulisses sont bien plus tendus que ce qu’ils laissent paraître.
Anecdote révélatrice : lors de l’UFC 295, où Pereira a dominé Procházka, Jones était présent dans les gradins. *"Il est venu me voir après le combat. Il m’a dit : ‘T’es fort, mais t’es pas prêt pour moi.’ J’ai ri"*, raconte Pereira. *"Je lui ai répondu : ‘On verra ça dans la cage, vieux.’"*
Jailton Almeida, témoin de la scène, confirme : *"Il y a une tension palpable. Jones sait que Pereira est le seul à pouvoir le battre aujourd’hui. Et Pereira, lui, rêve de ce combat depuis qu’il a signé à l’UFC."*
Détail croustillant : selon The Schmo, Jones aurait refusé de serrer la main de Pereira lors d’un événement médiatique en 2023, après que ce dernier ait déclaré : *"Je vais le casser comme une branche sèche."*
Pour Almeida, le message est clair : *"Je dois tout gagner, et vite. Sinon, on m’oubliera."* Quant à Jones et Pereira, leur duel dépasse désormais le cadre sportif. C’est une question d’héritage, de légende, et – surtout – de millions de dollars. Le compte à rebours est lancé.

