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Israel Adesanya refuse de raccrocher : "Je ne pars pas, putain"

Israel Adesanya refuse de raccrocher : "Je ne pars pas, putain"

Après une quatrième défaite consécutive à l'UFC Seattle, Israel Adesanya réaffirme sa détermination à continuer, malgré les appels à la retraite. Une chute qui relance les débats sur l'avenir d'une légende du MMA.

L'essentiel

  1. Adesanya subit sa quatrième défaite d'affilée face à Joe Pyfer, mais refuse catégoriquement d'envisager la retraite.
  2. Le Néo-Zélandais, ancien champion des poids moyens, a été stoppé au deuxième round par TKO après avoir dominé le premier acte.
  3. Son approche agressive face à Pyfer, connu pour sa puissance, a été critiquée, mais Adesanya assume pleinement sa stratégie.
  4. Avec cinq défenses de titre à son actif, Adesanya reste l'une des figures les plus marquantes de l'histoire de la division.
  5. Sa série noire actuelle (depuis UFC 293) soulève des questions sur sa capacité à rebondir face à une nouvelle génération de combattants.

L'Octogone ne lâche pas ses légendes : Adesanya face au miroir de l'échec

L'image est devenue rare, presque incongrue : Israel Adesanya, debout au centre de l'octogone, le visage marqué par les coups, mais le regard toujours aussi fier. Ce samedi 15 juin 2024, sous les lumières de la Climate Pledge Arena de Seattle, "The Last Stylebender" a subi sa quatrième défaite consécutive, une troisième par KO technique en autant de combats. Pourtant, quand le micro lui est tendu, sa réponse claque comme un uppercut : "Je ne pars pas, putain. Vous ne m'arrêterez jamais." Une déclaration qui sonne comme un défi lancé à ses détracteurs, mais aussi à lui-même.

Pour comprendre l'ampleur de cette chute, il faut remonter à octobre 2019. Ce soir-là, à Melbourne, Adesanya terrassait Robert Whittaker en deux rounds pour s'emparer du titre des poids moyens. Cinq défenses de ceinture plus tard, le Néo-Zélandais était considéré comme l'un des meilleurs champions de l'histoire de l'UFC, toutes catégories confondues. Son style, mélange de précision chirurgicale et de charisme inégalé, avait redéfini les standards du MMA. Mais depuis sa défaite surprise face à Sean Strickland à l'UFC 293 en septembre 2023, quelque chose semble s'être brisé. Ou peut-être est-ce simplement le MMA qui a évolué, laissant Adesanya sur le bord du chemin.

Pyfer, ou l'art de punir les erreurs stratégiques

Joe Pyfer n'est pas un novice. Avec un palmarès de 12 victoires pour 3 défaites avant ce combat, le combattant américain avait déjà prouvé sa dangerosité, notamment grâce à une puissance de frappe dévastatrice. Pourtant, peu d'observateurs le voyaient l'emporter face à Adesanya, dont l'expérience et la technique semblaient supérieures. Mais dès les premières secondes du premier round, Pyfer a imposé son rythme : des coups lourds, des feintes agressives, et une pression constante. Adesanya, fidèle à son habitude, a choisi de rester debout, cherchant à imposer son jeu de jambes et ses contres précis. Une erreur fatale.

Le deuxième round a été une descente aux enfers. Après avoir encaissé plusieurs uppercuts, Adesanya a été envoyé au tapis. Pyfer, sans pitié, a enchaîné avec un ground-and-pound implacable, forçant l'arbitre à arrêter le combat à 4 minutes et 18 secondes. Dans les vestiaires, Adesanya a assumé son choix : "Je voulais me sentir dans un vrai combat. Il m'a donné exactement ce que je cherchais." Une déclaration qui en dit long sur son état d'esprit : après 13 mois d'absence, le champion voulait retrouver les sensations fortes, quitte à prendre des risques inconsidérés.

Les critiques n'ont pas tardé. Certains analystes, comme l'ancien combattant Chael Sonnen, ont pointé du doigt son manque d'adaptation : "Adesanya a toujours compté sur sa précision et son jeu de jambes, mais face à des puncheurs comme Pyfer ou Strickland, ça ne suffit plus. Il faut savoir changer de stratégie." D'autres, comme l'entraîneur Eugene Bareman de City Kickboxing, ont défendu leur poulain : "Israel a toujours été un combattant qui prend des risques. C'est ce qui fait sa grandeur, mais aussi sa vulnérabilité."

Le fantôme d'Alex Pereira et la malédiction des rematches

Pour saisir toute la complexité de la situation d'Adesanya, il faut revenir sur son histoire avec Alex Pereira. Les deux hommes se sont affrontés à deux reprises, avec un bilan de une victoire partout. Leur premier combat, en avril 2022, avait vu Pereira l'emporter par KO au premier round, grâce à un coup de poing dévastateur. Adesanya avait pris sa revanche en novembre 2022, récupérant le titre des poids moyens avec un KO spectaculaire au cinquième round. Un scénario hollywoodien, qui avait renforcé le statut de légende d'Adesanya.

Pourtant, depuis cette victoire, le Néo-Zélandais semble avoir perdu une partie de sa magie. Sa défaite face à Strickland, un combattant moins technique mais doté d'une résistance à toute épreuve, a marqué un tournant. Strickland, connu pour son style peu orthodoxe et son mental d'acier, a réussi là où d'autres avaient échoué : briser la confiance d'Adesanya. Et c'est peut-être là que le bât blesse. Dans un sport où la psychologie joue un rôle aussi crucial que la technique, Adesanya semble désormais douter de sa capacité à dominer les meilleurs.

Les parallèles avec d'autres légendes du MMA sont inévitables. Anderson Silva, autre champion des poids moyens, avait connu une fin de carrière similaire, enchaînant les défaites après avoir dominé la division pendant des années. Comme Adesanya, Silva avait refusé de raccrocher, malgré les signes évidents d'un déclin physique. La question n'est pas tant de savoir si Adesanya peut encore gagner, mais s'il peut encore gagner contre les meilleurs.

City Kickboxing, un camp divisé face à l'avenir d'Adesanya

Derrière chaque grand combattant se cache une équipe. Pour Adesanya, cette équipe, c'est City Kickboxing, l'un des camps les plus prestigieux de Nouvelle-Zélande. Fondé par Eugene Bareman et Doug Viney, le gym a vu passer des champions comme Jon Jones ou Dan Hooker. Mais aujourd'hui, l'avenir d'Adesanya divise.

Certains membres du staff estiment qu'il est temps pour lui de prendre du recul, voire de raccrocher. Un entraîneur, sous couvert d'anonymat, confie : "Israel a tout donné à ce sport. Il a marqué l'histoire. Mais chaque combattant a une date d'expiration, et la sienne est peut-être passée." D'autres, comme Bareman, restent fidèles : "On ne tourne pas le dos à un champion comme Israel. On travaille, on corrige les erreurs, et on revient plus fort."

Le problème, c'est que les erreurs d'Adesanya ne sont pas seulement techniques. Elles sont aussi mentales. Face à Pyfer, il a choisi de rester debout, malgré les signes évidents que cette stratégie était inefficace. Comme s'il refusait d'admettre que son corps ne répondait plus comme avant. Dans un sport où l'âge est un facteur déterminant (Adesanya a 34 ans), cette obstination pourrait lui coûter cher.

Pourtant, il serait injuste de réduire Adesanya à ses dernières défaites. Son palmarès parle pour lui : 24 victoires, 3 défaites, et une série de 12 combats sans défaite avant de rencontrer Pereira. Il a battu certains des meilleurs combattants de sa génération, comme Paulo Costa, Marvin Vettori ou Robert Whittaker. Et surtout, il a redéfini ce que signifiait être un champion des poids moyens. Avant lui, la division était dominée par des combattants comme Silva ou Chris Weidman, des techniciens hors pair. Adesanya a apporté quelque chose de différent : un mélange de charisme, de précision et de spectacle.

L'UFC a-t-il encore besoin d'Adesanya ?

La question peut sembler cruelle, mais elle est légitime. Dans un sport où les jeunes loups comme Khamzat Chimaev ou Paulo Costa attendent leur tour, l'UFC doit faire des choix. Et pour l'instant, Adesanya ne semble plus faire partie des priorités. Sa dernière défaite face à Pyfer, un combattant certes talentueux mais loin d'être une star, a relancé les débats sur sa place dans la division.

Pourtant, Dana White, le président de l'UFC, a toujours été clair : "Israel est une légende. Tant qu'il veut se battre, on lui donnera des combats." Une position qui contraste avec celle adoptée pour d'autres vétérans, comme Brock Lesnar ou Georges St-Pierre, poussés vers la sortie après des défaites. Mais Adesanya n'est pas n'importe quel combattant. Il est une figure médiatique, un atout pour les cartes payantes, et un ambassadeur du sport.

Reste à savoir si cette loyauté sera réciproque. Adesanya a toujours dit qu'il se battrait jusqu'à ce que son corps le lâche. Mais dans un sport aussi impitoyable que le MMA, les limites physiques ne sont pas toujours claires. Et si sa prochaine défaite était la dernière ?

Une chose est sûre : Adesanya ne partira pas sans combattre. Que ce soit face à un jeune espoir ou à un ancien rival, il reviendra. Parce que pour lui, l'octogone n'est pas qu'un ring. C'est une scène, un théâtre où il joue le rôle de sa vie. Et tant qu'il y aura des spectateurs pour l'applaudir, il refusera de quitter les projecteurs.

Israel Adesanya se trouve à un carrefour de sa carrière. Après quatre défaites consécutives, les appels à la retraite se multiplient, mais le Néo-Zélandais refuse de baisser les bras. Son combat contre Joe Pyfer a montré les limites de son approche actuelle, mais aussi sa détermination à continuer, coûte que coûte.

L'avenir d'Adesanya dépendra de sa capacité à s'adapter. S'il parvient à corriger ses erreurs stratégiques et à retrouver la confiance qui a fait de lui un champion, il pourrait encore écrire de belles pages. Dans le cas contraire, il risque de rejoindre la longue liste des légendes du MMA dont la fin de carrière a été moins glorieuse que le début.

Une chose est certaine : tant qu'Adesanya sera debout, il se battra. Parce que pour lui, le MMA n'est pas qu'un sport. C'est une passion, une obsession, et peut-être même une raison de vivre.

Article rédigé par SkimAI Révisé et complété par Nakmen

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