Un Rear-Naked Choke qui Tourne au Spectacle Viral
Islam Makhachev n’a pas besoin d’un octogone pour imposer sa domination. Lors d’une récente interaction avec l’animateur radio Kris Fade, connu pour son humour piquant, le champion des légers de l’UFC a transformé une blague anodine en une scène digne d’un sketch improvisé. Tout commence quand Fade, taquin, évoque un « problème de nuque » – une ouverture que Makhachev n’allait pas laisser passer. En un clin d’œil, le Dagestanais enroule ses bras autour du cou de l’animateur et applique un rear-naked choke d’une précision redoutable. Les images, devenues virales, montrent Fade passant du rire aux supplications étouffées : « Arrête, je vais mourir ! », avant que Makhachev ne le relâche avec un sourire en coin et cette réplique culte : « Appelle-moi si t’arrives pas à dormir. »
Cette scène, à la fois drôle et impressionnante, illustre à merveille le trash-talk physique dont Makhachev a le secret. Là où d’autres se contentent de mots, lui passe à l’acte – avec une technique si affûtée qu’elle en devient presque poétique. On pense à Conor McGregor et ses provocations verbales, mais Makhachev, lui, préfère les démonstrations in vivo. Une approche qui rappelle aussi l’héritage de son mentor, Khabib Nurmagomedov, pour qui le combat était une extension naturelle de la vie quotidienne. Sauf que Makhachev, avec son humour décalé, ajoute une touche de spectacle qui le rend encore plus attachant – et redoutable.
UFC 322 : Vers un Double Titre qui Ferait Entrer Makhachev dans la Légende
Si Makhachev excelle dans l’art de divertir hors de la cage, c’est bien à l’intérieur qu’il écrit les plus belles pages de sa carrière. Après avoir dominé la catégorie des légers avec quatre défenses de titre réussies, le combattant de 32 ans s’apprête à relever un défi encore plus ambitieux : conquérir la ceinture des welters. Son adversaire ? Jack Della Maddalena, un Australien en pleine ascension, mais qui n’a jamais affronté un grappler de ce calibre. Le combat est prévu pour l’UFC 322, le 15 novembre 2024 au Madison Square Garden – un lieu chargé d’histoire, où les légendes se font et se défont.
Ce saut de division n’est pas anodin. Makhachev s’inspire directement de Khabib Nurmagomedov, qui avait lui-même envisagé ce passage avant sa retraite prématurée. Avec un record de 27 victoires pour une seule défaite (subie très tôt dans sa carrière), le Dagestanais possède tous les atouts pour réussir : un grappling considéré comme le meilleur au monde, une endurance à toute épreuve, et une capacité à s’adapter à n’importe quel style. Pourtant, les sceptiques existent. Certains analystes, comme Daniel Cormier, soulignent le risque physique : « Les welters sont plus gros, plus puissants. Une erreur de calcul, et Makhachev pourrait payer cher. » Mais le champion, lui, semble serein : « Je ne monte pas pour l’argent ou la gloire. Je monte parce que je veux prouver que je suis le meilleur, point final. »
Entre Héritage Dagestanais et Ambition Sans Limites
Derrière cette quête de double titre se cache une dimension presque culturelle. Makhachev n’est pas seulement un combattant : il est l’ambassadeur d’une école, celle du Dagestan, région russe réputée pour son MMA et son sambo implacable. Son mentor, Khabib Nurmagomedov, avait ouvert la voie en écrasant la compétition des légers avant de prendre sa retraite invaincu. Makhachev, lui, veut aller plus loin. « Khabib a montré ce qu’un Dagestanais pouvait faire. Moi, je veux montrer qu’on peut dominer deux divisions. »
Pour y parvenir, il mise sur une préparation méticuleuse. Son équipe, basée à Eagle FC (le gym de Khabib), travaille depuis des mois sur les spécificités des welters : gestion de la puissance accrue, adaptation à des adversaires souvent plus grands, et perfectionnement de son striking – son seul point faible relatif. Mais Makhachev a un atout majeur : son mental. Comme il l’a prouvé contre Alexander Volkanovski (qu’il a soumis en 2023), il sait garder son sang-froid dans les moments critiques. « Quand je rentre dans la cage, je n’ai pas peur. Je sais que je suis le meilleur grappler du monde. Le reste, c’est juste une question de temps. »
Un Style qui Déchaîne les Passions – et les Débats
Makhachev divise, et c’est précisément ce qui le rend fascinant. Ses détracteurs lui reprochent un style parfois « trop sûr », basé sur le contrôle et les soumissions plutôt que sur des KO spectaculaires. Ses supporters, eux, y voient une maîtrise absolue du MMA, où chaque mouvement est calculé pour écraser l’adversaire sans prendre de risques inutiles. Joe Rogan, commentateur emblématique de l’UFC, résume bien ce clivage : « Certains veulent du sang et des KO. Moi, je veux voir un artiste au travail. Et Makhachev, c’est un putain d’artiste. »
Son humour, aussi, fait débat. Certains y voient une forme de bullying déguisé, surtout quand il « joue » avec des non-combattants comme Kris Fade. D’autres, au contraire, saluent sa capacité à dédramatiser la violence du MMA en la transformant en spectacle. Makhachev, lui, assume pleinement : « Je ne fais de mal à personne. Je montre juste ce que je sais faire. Si les gens trouvent ça drôle, tant mieux. Si ça les motive à s’entraîner, encore mieux. »
Une chose est sûre : que ce soit par ses performances ou ses blagues musclées, Makhachev ne laisse personne indifférent. Et avec l’UFC 322 qui se profile, une question persiste : et si on était en train de vivre l’émergence d’un nouveau GOAT – un combattant capable de dominer deux divisions avec la même aisance qu’il étouffe un animateur radio ?
Derrière les Projecteurs : Makhachev, l’Homme
Peu de gens le savent, mais Makhachev a un côté presque paternel en dehors des caméras. Père de famille, il passe une grande partie de son temps libre à coacher de jeunes combattants au Dagestan, insistant sur l’importance de l’éducation et du respect. « Beaucoup de gens voient le MMA comme un sport violent. Moi, je leur montre que c’est une école de vie. » Une philosophie qui tranche avec son image de « bad boy » médiatique.
Autre détail méconnu : sa passion pour la musique traditionnelle dagestanaise. Avant ses combats, il écoute souvent des chants folkloriques pour se concentrer. « Ça me rappelle d’où je viens. Ça me donne la force. » Un mélange de modernité et de traditions qui résume bien l’homme – à la fois ancré dans son héritage et déterminé à repousser les limites du possible.

