L’étincelle : quand Tsarukyan allume la mèche
Tout a commencé dans l’octogone de l’UFC Qatar, le 1er mars 2025. Arman Tsarukyan, alors en pleine démonstration face à Dan Hooker (victoire par décision unanime), n’a pas attendu la fin de son interview post-combat pour lancer une bombe. Interrogé par Michael Bisping, l’Arménien de 29 ans a pointé du doigt Ilia Topuria, champion des poids plumes, avec un message clair : « Je veux ce combat. Peu importe la catégorie. Moi, je monte. Lui, il descend. On règle ça. »
Une déclaration qui n’a rien d’anodin. Tsarukyan, invaincu depuis 2019 (5 victoires d’affilée, dont des succès contre Damir Ismagulov et Joel Alvarez), voit en Topuria bien plus qu’un adversaire : une cible idéale pour s’imposer comme le nouveau visage des poids légers. Problème ? Le Géorgien, lui, règne en maître chez les poids plumes — et n’a aucune intention de lâcher son titre sans combat.
Mais Tsarukyan joue un coup audacieux : en proposant de monter en poids (lui qui combat habituellement en poids légers), il force Topuria à envisager une ascension vers les 70 kg… ou à risquer de paraître craintif. Une stratégie calculée, qui rappelle celle d’Islam Makhachev face à Alexander Volkanovski en 2023. Sauf que cette fois, l’enjeu est double : qui dominera les deux catégories ?
« Il parle, il parle… mais quand on se croise, il baisse les yeux. » — Ilia Topuria, sur Twitter.
Topuria contre-attaque : la guerre psychologique est déclarée
La réponse de Ilia Topuria n’a pas tardé. Moins de 24 heures après les déclarations de Tsarukyan, le champion a posté une série de tweets aussi courts que tranchants. Son argument principal ? « Ce type est un canard apeuré. Chaque fois qu’on se voit en vrai, il évite le regard. » Une attaque personnelle, mais pas seulement : Topuria a ressorti une anecdote qui, selon lui, prouve son emprise mentale sur l’Arménien.
Tout remonte à un échange en coulisses, lors d’un événement UFC en 2023. Topuria aurait donné une tape amicale sur la nuque de Tsarukyan — un geste banal entre combattants. Sauf que ce dernier l’aurait mal pris, y voyant une provocation. « Il a cru que je le défiais. En réalité, je lui rappelais juste sa place », a ironisé le Géorgien. Une version des faits que Tsarukyan n’a, pour l’instant, pas commentée.
Mais le plus surprenant ? Topuria a aussi glissé un détail révélateur : « Il veut que je monte en poids légers ? Très bien. Mais il sait très bien que je peux le battre dans les deux catégories. » Une confidence qui laisse entendre que le champion envisage sérieusement de défier Islam Makhachev… après avoir "réglé son compte" à Tsarukyan.
Le saviez-vous ? Topuria et Tsarukyan se sont déjà croisés en compétition… de judo ! En 2015, lors d’un tournoi en Russie, les deux hommes s’étaient affrontés dans une catégorie inférieure. Résultat ? Une victoire de Topuria par ippon. Un détail qui, aujourd’hui, prend une saveur particulière.
Derrière les insultes : une rivalité qui dépasse le sport
Si les échanges entre les deux hommes font le buzz, c’est parce qu’ils dépassent le cadre sportif. Il y a d’abord la dimension géopolitique : Topuria (Géorgie) vs Tsarukyan (Arménie), deux pays au passé conflictuel. Ensuite, il y a leur style de combat opposé : Tsarukyan, lutteur technique et méthodique ; Topuria, boxeur explosif et imprévisible.
Mais surtout, il y a leur parcours similaire. Tous deux ont grimpé les échelons de l’UFC à une vitesse folle, tous deux sont considérés comme les héritiers de Makhachev et Volkanovski. Leur affrontement serait bien plus qu’un simple combat : une passe de témoin générationnelle.
Pourtant, certains observateurs tempèrent l’enthousiasme. Daniel Cormier, consultant pour ESPN, estime que « Topuria a tout à perdre. S’il monte en poids légers et perd, son règne chez les plumes en prend un coup. Tsarukyan, lui, n’a rien à perdre : il est déjà un outsider. » Un avis partagé par Chael Sonnen, qui voit dans cette rivalité « un piège médiatique plus qu’un vrai duel sportif. »
Scénarios possibles : quand, où, comment ?
Alors, ce combat aura-t-il lieu ? Plusieurs options se dessinent :
1. Topuria monte en poids légers (2025) : Le scénario le plus probable. Après une (éventuelle) défense de titre contre Brian Ortega ou Max Holloway, Topuria pourrait affronter Tsarukyan fin 2025, avec en ligne de mire un futur combat contre Makhachev.
2. Tsarukyan descend en poids plumes : Peu probable, mais pas impossible. L’Arménien a déjà évoqué cette possibilité, arguant que « les plumes, c’est trop petit pour moi. » Une façon de dire qu’il préfère attendre Topuria dans sa catégorie.
3. Un combat "catchweight" (poids intermédiaire) : Compromis idéal pour éviter les risques de déshydratation. L’UFC a déjà organisé ce type d’affrontement (ex : Conor McGregor vs Nate Diaz 1).
Quant à la date, tout dépend de Dana White. Le président de l’UFC adore les rivalités qui vendent — et celle-ci a tout pour plaire : nationalismes, egos surdimensionnés, et un enjeu sportif énorme. « Si ces deux-là veulent vraiment se battre, on peut organiser ça demain », a-t-il déclaré en conférence de presse.
Le chiffre clé : 70% C’est le taux de victoires par KO/TKO de Topuria en UFC (7 combats, 5 finitions). Tsarukyan, lui, n’a jamais été mis KO… mais n’a jamais affronté un frappeur aussi précis.
Ce que les fans en pensent : le MMA divisé
Sur les réseaux, le débat fait rage. Les supporters de Topuria mettent en avant son mental d’acier (voir sa victoire face à Volkanovski en 2024) et son style agressif. Ceux de Tsarukyan soulignent sa polyvalence (lutte, soumission, frappe) et son expérience contre des adversaires plus grands.
Un sondage réalisé par MMA Junkie révèle que 58% des fans pensent que Topuria l’emporterait par KO, contre 42% pour une victoire de Tsarukyan en décision ou soumission. Mais les avis divergent selon les régions : en Europe de l’Est, Tsarukyan est favori ; en Espagne (où Topuria est une star), c’est l’inverse.
Et puis, il y a les haters. Certains accusent Topuria de « fuir les vrais défis » en restant chez les plumes, tandis que d’autres reprochent à Tsarukyan de « surfer sur la hype » sans avoir battu de top 5 récent. Bref, un clash qui divise… et qui fait vendre.
L’ombre de Makhachev et Volkanovski
Impossible d’évoquer ce combat sans parler des deux rois actuels : Islam Makhachev (poids légers) et Alexander Volkanovski (poids plumes). Le vainqueur de Topuria-Tsarukyan pourrait bien hériter d’un combat de légende :
- Si Topuria gagne, un affrontement contre Makhachev devient inévitable. Deux champions invaincus, deux styles opposés, et une question : le judo géorgien peut-il contrer le sambo daghestanais ?
- Si Tsarukyan l’emporte, il pourrait exiger un combat contre Makhachev pour le titre des poids légers… ou descendre affronter Volkanovski, si ce dernier n’a pas encore pris sa retraite.
Bref, ce n’est pas qu’un combat. C’est un tremplin vers l’histoire du MMA.
Entre Ilia Topuria et Arman Tsarukyan, la tension est palpable, les egos sont surdimensionnés, et les enjeux sportifs sont colossaux. Ce n’est plus une question de si ce combat aura lieu, mais de quand. Une chose est sûre : quand ces deux-là monteront dans l’octogone, ce ne sera pas seulement pour un titre. Ce sera pour savoir qui, entre le Géorgien au sourire carnassier et l’Arménien au regard glacial, mérite de régner sur le MMA mondial.
Et si Dana White a un conseil à donner aux fans ? « Achetez vos billets dès maintenant. Parce que quand ces deux-là se rencontrent, ça va exploser. »

