L'Irlandais qui bouscule l'ordre établi
Ian Garry n'a pas attendu longtemps pour faire entendre sa voix. À seulement 26 ans, le combattant irlandais des poids mi-moyens (77 kg) s'est imposé comme l'une des figures les plus provocantes et ambitieuses de l'UFC. Son dernier coup d'éclat ? Une publication sur Instagram où il affiche un billet avec la phrase choc : "Je suis le prochain". Un message clair, destiné à Islam Makhachev, le champion en titre, mais aussi à tous ceux qui osent prétendre à sa place.
Dans sa légende, Garry ne mâche pas ses mots. Il s'adresse directement à ses rivaux, les uns après les autres, avec une assurance qui frise l'arrogance. Michael Morales ? "Assieds-toi. Tu n'as pas fait assez." Shavkat Rakhmonov ? "Rétablis-toi vite, je veux la revanche." Quant à Kamaru Usman, l'ex-champion et légende de la division, Garry le balaie d'un revers de main : "Il n'arrive même pas à la cheville."
Cette stratégie de communication agressive n'est pas nouvelle pour Garry. Depuis son arrivée à l'UFC en 2021, il a su se distinguer par son charisme et son culot, mais aussi par ses performances sur le ring. Avec un palmarès de 10 victoires en autant de combats, dont plusieurs face à des adversaires bien classés, il a rapidement grimpé les échelons. Pourtant, malgré ses succès, il reste dans l'ombre de Makhachev, dont le règne semble inébranlable.
Usman, le fantôme d'un passé glorieux
Parmi les cibles de Garry, Kamaru Usman occupe une place particulière. L'ancien champion, qui a dominé la division des poids mi-moyens pendant des années, est souvent cité comme un prétendant potentiel pour une revanche contre Makhachev. Mais Garry ne l'entend pas de cette oreille. Dans sa publication, il rappelle que depuis sa propre entrée à l'UFC – lors d'un événement au Madison Square Garden où Usman avait battu Colby Covington –, il a enchaîné les victoires, tandis qu'Usman n'en compte qu'une seule.
"Qui parle encore de lui est sur une autre planète", lance-t-il, avec une pointe de mépris. Cette comparaison n'est pas anodine. Usman, malgré son statut de légende, a connu des déboires ces dernières années, avec deux défaites consécutives contre Leon Edwards. Son retour en forme reste incertain, et Garry semble déterminé à effacer son héritage pour s'imposer comme le nouveau visage de la division.
Pourtant, Usman n'est pas le seul à faire les frais de la verve de Garry. Shavkat Rakhmonov, le Kazakh au style explosif, est également dans le viseur. Après leur combat en février 2024, où Garry l'avait emporté par décision unanime, Rakhmonov avait subi une blessure qui l'a éloigné des cages. Garry, lui, n'a pas oublié : "Je veux la revanche", écrit-il, comme pour rappeler que leur affrontement n'est pas terminé.
Makhachev, le champion intouchable ?
Islam Makhachev, le champion en titre, règne en maître sur la division des poids mi-moyens. Invaincu depuis 2020, il a défendu son titre à trois reprises, dont une victoire éclatante contre Alexander Volkanovski en 2023. Pourtant, malgré sa domination, son prochain adversaire reste un mystère. L'UFC n'a pas encore officialisé sa prochaine défense de titre, laissant le champ libre aux spéculations.
Garry, bien sûr, se voit déjà dans ce rôle. Mais il n'est pas le seul. Michael Morales, qui a récemment battu Max Griffin, est également en lice. Carlos Prates, que Garry a déjà battu, pourrait aussi revenir dans la course. Sans oublier Geoff Neal ou Jack Della Maddalena, deux combattants en pleine ascension qui pourraient surprendre.
Pourtant, Garry semble convaincu que sa place est déjà réservée. "Profitez du spectacle !", conclut-il dans sa publication, comme pour signifier que le débat est clos. Mais dans un sport aussi imprévisible que le MMA, rien n'est jamais acquis. Makhachev pourrait très bien choisir un adversaire inattendu, ou l'UFC pourrait décider de faire monter un combattant d'une autre division pour un combat plus médiatique.
Les réseaux sociaux, une arme à double tranchant
La stratégie de Garry ne se limite pas aux mots. Depuis plusieurs mois, il utilise les réseaux sociaux pour construire sa marque et faire pression sur la direction de l'UFC. Ses publications, souvent provocatrices, sont conçues pour attirer l'attention des fans et des médias. Mais cette approche comporte des risques.
En 2023, après sa victoire contre Neil Magny, Garry avait déjà provoqué la polémique en déclarant : "Je suis le meilleur poids mi-moyen du monde." Une affirmation qui avait suscité des réactions mitigées, certains y voyant de la confiance, d'autres de l'arrogance. Pourtant, force est de constater que ses performances lui donnent raison. Avec des victoires contre Daniel Rodriguez, Gabriel Green, et Rakhmonov, il a prouvé qu'il était capable de battre les meilleurs.
Mais dans un sport où les egos sont surdimensionnés, les provocations peuvent aussi se retourner contre lui. Si Garry obtient un combat pour le titre et perd, ses déclarations pourraient lui être reprochées. À l'inverse, s'il gagne, il deviendra une star incontestée. C'est ce pari risqué qu'il semble prêt à prendre.
L'UFC face à un dilemme : qui affronter Makhachev ?
Pour l'UFC, la situation est délicate. Makhachev est l'un des champions les plus dominants de l'histoire de l'organisation, et son prochain combat doit être à la hauteur. Choisir Garry, c'est miser sur un combattant jeune, charismatique et en pleine ascension, mais aussi sur un profil clivant, qui pourrait diviser les fans.
À l'inverse, opter pour Usman ou Rakhmonov, c'est jouer la carte de l'expérience et de la crédibilité. Usman, malgré ses récentes défaites, reste une légende du sport. Rakhmonov, lui, a montré qu'il pouvait tenir tête à Garry, même s'il a perdu. Quant à Morales ou Prates, ils représentent l'avenir, mais manquent encore de notoriété.
Une chose est sûre : l'UFC ne peut pas se permettre de se tromper. Un mauvais choix pourrait affaiblir la division et décevoir les fans. Pour l'instant, la direction semble jouer la montre, laissant les combattants s'affronter dans les médias pour créer du buzz. Mais cette stratégie a ses limites. Tôt ou tard, une décision devra être prise, et Garry compte bien être celui qui en bénéficiera.
En attendant, l'Irlandais continue de préparer son prochain combat. Et si l'UFC ne lui offre pas rapidement une chance pour le titre, il pourrait bien décider de forcer le destin. Après tout, comme il l'a lui-même écrit : "Je suis le prochain."
Ian Garry a réussi son pari : relancer le débat sur la prochaine défense du titre des poids mi-moyens. Avec une communication agressive et des performances solides, il s'est imposé comme le prétendant numéro un aux yeux des fans. Pourtant, la décision finale appartient à l'UFC, qui devra trancher entre expérience et jeunesse, crédibilité et charisme.
Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : Garry ne compte pas attendre sagement son tour. Son objectif est clair, et il est prêt à tout pour l'atteindre. Si Makhachev veut conserver son titre, il devra d'abord passer par lui. Et dans un sport où les surprises sont légion, personne ne peut prédire l'issue de ce futur affrontement.
Une chose est sûre : les prochains mois s'annoncent explosifs pour la division des poids mi-moyens. Entre provocations, rivalités et enjeux sportifs, l'UFC a tout pour offrir un spectacle à la hauteur des attentes.

