Un KO qui résonne comme un avertissement
L’UFC Vegas 111 restera gravé dans les mémoires pour une raison : le premier KO de Gabriel Bonfim dans l’Octogone. Face à Randy Brown, un adversaire expérimenté et classé, le Brésilien a livré une performance clinique, couronnée par un genou dévastateur au second round. L’impact a été si violent que Brown s’est effondré, déclenchant une intervention immédiate de l’arbitre Mark Smith. Malgré les protestations de Brown, qui semblait se rétablir rapidement, Bonfim est formel : "Il était KO. Point final."
Ce KO n’est pas un hasard. Dès les premières minutes, Bonfim a imposé son rythme, martelant les mollets de Brown avec des low kicks précis et puissants. Une stratégie qui a progressivement affaibli son adversaire, limitant sa mobilité et ouvrant la voie au coup final. "Je savais qu’il allait s’effondrer. C’était juste une question de temps", a confié Bonfim en conférence de presse, révélant une confiance inébranlable.
Avec cette victoire, Bonfim porte son bilan à l’UFC à 6 victoires pour 1 défaite, un parcours qui force le respect dans une division des poids mi-moyens ultra-compétitive. Pourtant, ce succès est d’autant plus marquant qu’il intervient après une défaite controversée face à Nicolas Dalby en 2023. Un revers qu’il qualifie aujourd’hui de "tournant", l’ayant poussé à "changer complètement" son approche, tant physique que mentale. "J’ai compris que pour atteindre le sommet, il fallait tout repenser : mon entraînement, ma nutrition, même ma façon de gérer le stress", explique-t-il.
"Je veux Covington, et je veux le titre"
La victoire à peine digérée, Bonfim a déjà les yeux rivés sur un nouvel objectif : Colby Covington. Dans un sport où les provocations font souvent partie du jeu, le Brésilien n’a pas hésité à critiquer ouvertement l’ancien champion intérimaire, l’accusant de "bloquer la catégorie". "Covington n’a plus battu un combattant actif depuis 2018. Il est toujours dans le top 10, mais qu’a-t-il fait récemment ? Rien. Il prend de la place sans rien apporter", a-t-il lancé, sous les applaudissements des fans.
Pour Bonfim, un combat contre Covington serait bien plus qu’un simple affrontement : ce serait une déclaration d’intention. "Si je le bats, tout le monde saura que je suis prêt pour le top 5. Et après ? Le titre, bien sûr". Une ambition qui pourrait sembler prématurée pour certains, mais que Bonfim assume pleinement. "Je ne suis pas là pour faire de la figuration. Je veux dominer cette division", martèle-t-il.
Pourtant, tous ne partagent pas cet enthousiasme. Certains analystes, comme Daniel Cormier, estiment que Bonfim doit d’abord "prouver sa constance" contre d’autres noms du top 15 avant de viser Covington. "Un KO contre Brown, c’est impressionnant, mais Covington est un autre niveau. Il faut y aller étape par étape", tempère l’ancien champion. Une critique que Bonfim balaye d’un revers de main : "Les étapes, je les saute. Je n’ai pas de temps à perdre".
2026 : L’année du titre ?
Si Bonfim se projette déjà vers les sommets, son équipe, elle, reste prudente. "Gabriel a le potentiel pour être champion, mais il faut garder les pieds sur terre", confie son entraîneur, Rafael Cordeiro, connu pour avoir coaché des légendes comme Anderson Silva et Vitor Belfort. "Son KO contre Brown montre qu’il a la puissance et l’intelligence pour rivaliser avec les meilleurs. Mais le mental sera tout aussi crucial".
Le Brésilien, lui, ne cache pas ses ambitions : "D’ici 2026, je serai dans le top 5. Et en 2027 ? Champion. C’est écrit". Un calendrier ambitieux, mais qui repose sur une discipline de fer. Depuis sa défaite contre Dalby, Bonfim s’est entouré d’une équipe élargie, incluant des spécialistes en judo et en lutte, pour combler ses lacunes au sol. "Je ne veux plus laisser de place au doute. Quand je monterai dans la cage, ce sera pour gagner, peu importe le moyen", assure-t-il.
Son prochain combat n’a pas encore été annoncé, mais une chose est sûre : Bonfim ne compte pas attendre. "Qu’ils me donnent Covington, ou qu’ils me donnent un autre nom du top 10. Je suis prêt". Une détermination qui, si elle se concrétise, pourrait bien faire de lui la révélation de ces prochaines années dans une division où les places sont chères.
Derrière le KO : La machine Bonfim
Ce que peu de gens savent, c’est que le genou qui a terrassé Brown n’était pas un coup de chance. Derrière ce KO se cache des mois de préparation spécifique. Bonfim et son équipe ont étudié les faiblesses de Brown, notant sa tendance à reculer en ligne droite après des échanges. "On a répété ce genou des centaines de fois. Randy a marché droit dans le piège", révèle son coach en striking, Henrique Shogun.
Autre détail marquant : Bonfim a perdu 3 kg de muscle avant ce combat pour gagner en vitesse. "Je voulais être plus explosif, sans sacrifier la puissance. Le résultat est là", explique-t-il. Une approche scientifique qui rappelle celle d’un Israel Adesanya dans ses meilleurs jours. Même sa respiration a été travaillée pour optimiser ses frappes en fin de round, un détail qui a fait la différence contre Brown.
Enfin, Bonfim a introduit une routine de méditation quotidienne pour gérer le stress des grands événements. "Avant, j’étais trop nerveux. Maintenant, je contrôle mes émotions. Quand je suis entré contre Brown, j’étais calme. Comme si j’étais chez moi". Une sérénité qui tranche avec l’image du guerrier brésilien, et qui pourrait bien être son atout majeur pour les combats à venir.

