2025 : L'année où Bonfim a tout changé
Quand Gabriel Bonfim est entré dans l’octogone de l’UFC pour la première fois en 2023, peu imaginaient qu’il deviendrait, deux ans plus tard, le nom à suivre chez les poids mi-moyens. Pourtant, son parcours en 2025 a été celui d’un métamorphose : trois combats, trois victoires, et une progression technique qui a laissé les analystes sans voix.
Son combat contre Mike Malott en novembre reste un tournant. En à peine 2 minutes et 13 secondes, Bonfim a combiné un travail de jambes chirurgical avec un crochet du gauche dévastateur, envoyant son adversaire au tapis. « C’était comme si son pied gauche était un métronome, et son poing, une masse », a commenté le spécialiste MMA Robin Black sur ESPN. Le bonus de performance de la soirée était une formalité.
Mais ce qui frappe surtout, c’est sa capacité à s’adapter. Face à Trevin Giles en mars, Bonfim a étouffé son adversaire au sol avec un jiu-jitsu d’une précision rare, prouvant qu’il n’était pas qu’un striker. « Il a le QI combat d’un vétéran, alors qu’il n’a que 26 ans », souligne son entraîneur, Rodrigo Minotauro, légende du MMA brésilien.
Hors de l’octogone, 2025 a aussi été l’année où Bonfim a structuré son héritage. Son équipe, Bonfim Brothers, passée de 3 à 8 athlètes pros, est devenue un vivier de talents au Brésil. « On veut créer une dynastie, pas juste des champions », confie-t-il à Combate. Une vision qui rappelle celle des Diaz Brothers ou des Nogueira en leur temps.
Le secret de son ascension : entre science et instinct
Ce qui distingue Bonfim, c’est son approche hybride. Ceinture noire de jiu-jitsu depuis 2020, il a peaufiné sa boxe avec Luiz Dórea, l’entraîneur de Paulo Costa. Résultat ? Un mélange explosif : 70% de strikes précis en moyenne sur ses 3 derniers combats (UFC Stats), et un jeu au sol qui force le respect.
Pourtant, certains sceptiques pointent un manque de tests contre le gratin. « Il n’a pas encore affronté un top 10. Attendons de voir contre un Shavkat Rakhmonov ou un Jack Della Maddalena », tempère l’analyste Chael Sonnen. Un argument que Bonfim balaye : « Je veux les meilleurs. Donnez-moi un top 5 en 2026, et je vous montre ».
Son atout maître ? Son mental. Après sa défaite contre Trevin Giles en 2024 (sa seule en UFC), il a passé 6 mois à étudier ses faiblesses. « J’ai regardé ce combat 50 fois. Chaque erreur est devenue une leçon », révèle-t-il. Une rigueur qui rappelle celle d’un Israel Adesanya dans ses débuts.
2026 : Le titre en ligne de mire... ou le piège du top 5 ?
Avec un bilan de 15-1 (dont 4-1 en UFC), Bonfim est aujourd’hui #12 au classement officiel. Pour atteindre le top 5 en 2026, il lui faudra probablement deux victoires contre des top 10. Les noms de Sean Brady (#7) ou Geoff Neal (#9) reviennent souvent.
Mais le Brésilien vise plus haut : « Je ne veux pas juste être top 5. Je veux la ceinture. Leon Edwards, je te regarde », a-t-il lancé après sa victoire contre Malott. Un objectif ambitieux, quand on sait qu’Edwards règne depuis 2022. Dana White, lui, est prudent : « Il a le potentiel, mais le chemin est long. Regardez Khamzat Chimaev : même lui a dû attendre ».
Le calendrier joue en sa faveur : avec 3 événements UFC prévus au Brésil en 2026, Bonfim pourrait bénéficier d’un push local. « S’il bat un top 10 à São Paulo en mars, l’UFC lui donnera un top 5 d’ici l’été », prédit Marcelo Alonso, journaliste à Globoesporte.
Reste un risque : la précipitation. Colby Covington, après une ascension similaire en 2018, avait buté sur Kamaru Usman en titre. « Bonfim a le niveau, mais il doit éviter de sauter des étapes », avertit Daniel Cormier. Une leçon que le Brésilien semble avoir retenue : « Je prends les combats qu’on me donne. Le reste, c’est du bruit ».
« Marretinha » : quand le surnom devient une arme psychologique
Son surnom, « Marretinha » (« petit marteau »), lui colle à la peau depuis l’enfance. « À 10 ans, je cassais tout avec un marteau en jouant. Mes parents m’ont appelé comme ça », rit-il. Aujourd’hui, c’est une marque de fabrique : il entre dans l’octogone avec un marteau imaginaire, qu’il « abat » après ses KOs.
Un détail qui n’échappe pas à ses adversaires. Mike Malott a avoué après leur combat : « Ce geste avant le KO... ça m’a distrait une seconde. Assez pour qu’il me touche ». Une stratégie psychologique que Bonfim assume : « Si ça peut me donner 1% d’avantage, je le fais ».
Sur les réseaux, le hashtag #MarretinhaTime explose, avec des fans brésiliens qui brandissent des marteaux en plastique lors de ses combats. Un phénomène qui rappelle l’ère Conor McGregor et son « The King is back ».
Le facteur X : sa vie hors de l’octogone
Janvier 2025 : naissance de sa fille, Sophia. Un événement qui a, selon lui, « changé sa vision du combat ». « Avant, je me battais pour moi. Maintenant, c’est pour elle. Ça rend chaque coup plus précis ».
Bonfim a aussi diversifié ses revenus : une ligne de vêtements (Bonfim Fight Wear), des partenariats avec Reebok et Monster Energy, et même un podcast, « Café com Marretinha », où il décrypte l’actualité MMA. « Je veux construire un empire, pas juste une carrière ».
Pourtant, il reste ancré dans ses origines. Chaque semaine, il retourne à Niterói, sa ville natale, pour entraîner des jeunes gratuitement. « Le MMA m’a sauvé. Je dois rendre ça », explique-t-il. Une démarche qui lui vaut un respect rare, même chez ses rivaux.

