Le KO qui a tout changé : quand 13 secondes suffisent pour marquer l’histoire
Le Dirty Boxing Championship, un événement hybride mêlant règles de boxe et techniques de MMA, n’aura tenu qu’un souffle face à Gable Steveson. Le 27 avril 2024, le public présent à Minneapolis (États-Unis) a assisté à une démonstration de force aussi brève qu’impressionnante : 13 secondes. C’est le temps qu’il a fallu à l’Américain pour envoyer son adversaire, Billy Swanson, au tapis avec un uppercut ciselé, suivi d’une série de coups au sol qui ont scellé la victoire par KO. *« Je voulais montrer que je pouvais frapper aussi bien que je sais lutter »*, confiait-il après le combat, un sourire en coin.
Mais ce qui aurait pu n’être qu’un simple combat de gala a pris une tournure historique lorsque Mick Maynard, le célèbre matchmaker de l’UFC (celui qui décide des affrontements entre combattants), s’est levé pour applaudir. Assis dans les gradins, Maynard n’a pas caché son enthousiasme, un détail qui n’a pas échappé à Steveson. *« Quand j’ai vu Mick se lever, j’ai su que c’était le moment »*, a-t-il révélé en conférence de presse. Un échange de regards qui en dit long sur les coulisses des négociations en cours…
Pour les observateurs, cette performance rappelle étrangement le KO légendaire de Francis Ngannou contre Alistair Overeem (6 secondes en 2017), qui avait propulsé le Camerounais vers les sommets. *« Steveson a ce même mélange de puissance et d’instinct tueur »*, analyse Daniel Cormier, double champion UFC et commentateur pour ESPN. *« La différence, c’est qu’il vient de la lutte olympique, un vivier rare en MMA. Ça lui donne une dimension tactique que peu de poids lourds possèdent. »*
« Mick, vous avez vu ce que je peux faire » : l’appel qui fait vibrer les fans
La scène est devenue virale en quelques heures : micro en main, Gable Steveson fixe la caméra et lance, avec un calme déconcertant : *« Mick, vous venez de voir un aperçu de ce que je peux faire. J’aimerais vous montrer bien plus. J’espère que vous croyez en moi. »* Un message direct, presque provocant, qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux. *« C’est du jamais vu ! Un olympien qui challenge l’UFC comme ça, c’est du cinéma »*, s’exclame un utilisateur sur Twitter.
Derrière cette déclaration se cache une stratégie bien huilée. Steveson et son équipe savent que l’UFC cherche désespérément à renouveler sa division des poids lourds, après les départs de Francis Ngannou et Jon Jones. *« Gable représente l’avenir : jeune, charismatique, et avec un palmarès qui parle pour lui »*, explique Chael Sonnen, ancien combattant et analyste. *« Dana White adore les athlètes olympiques, et Steveson a en plus le profil médiatique idéal. »*
Pourtant, tous ne sont pas convaincus. Certains experts, comme Joe Rogan, tempèrent l’enthousiasme : *« La transition entre la lutte et le MMA n’est pas évidente. Regardez ce qui est arrivé à Henry Cejudo [champion olympique en lutte, NDLR] – il a mis des années à s’adapter. Steveson a du talent, mais il lui faut plus d’expérience. »* Un avis que Steveson semble prendre avec philosophie : *« Je respecte ces critiques. Mais je sais une chose : quand je frappe, les gens tombent. »*
De Tokyo 2020 à l’octogone : le parcours d’un prodige hors norme
Gable Steveson n’est pas un inconnu pour les amateurs de sports de combat. À 25 ans, il a déjà coché presque toutes les cases :
- Champion olympique en lutte libre aux JO de Tokyo 2020 (catégorie -125 kg), avec une victoire en finale contre le Géorgien Geno Petriashvili.
- Double champion NCAA (le championnat universitaire américain) avec l’équipe de l’Université du Minnesota.
- Victoire en 40 secondes lors de ses débuts en MMA au LFA 153 (février 2023), contre Aaron Felton, par KO technique.
Pourtant, Steveson a pris son temps avant de sauter le pas. *« Je voulais être sûr à 100% »*, confie-t-il. *« La lutte, c’est ma vie depuis l’enfance. Mais le MMA, c’est un nouveau défi, une nouvelle façon de me dépasser. »* Pour préparer cette transition, il s’est entouré d’une équipe de choc, incluant Trevor Wittman (l’entraîneur de Kamaru Usman et Justin Gaethje), réputé pour son travail avec les frappeurs.
Son style ? Un mélange explosif de prises de lutte olympique (avec un takedown dévastateur) et de frappes lourdes, inspirées par des légendes comme Brock Lesnar (un autre lutteur devenu star de l’UFC). *« Gable a cette capacité à dominer un combat au sol, mais il peut aussi finir les choses debout en un clin d’œil »*, analyse Sean O’Connell, son coach en jiu-jitsu brésilien. *« C’est ça qui le rend si dangereux. »*
L’UFC dans le viseur : quel avenir pour Steveson ?
La question n’est plus si Gable Steveson signera à l’UFC, mais quand. Selon des sources proches des négociations, un contrat serait déjà en discussion, avec une clause pour un combat d’essai dans une organisation partenaire (comme le LFA ou le PFL). *« Dana White veut le voir à l’œuvre contre un adversaire de niveau UFC avant de s’engager »*, révèle un initié sous couvert d’anonymat.
Plusieurs scénarios sont envisagés :
- Un combat d’introduction contre un vétéran comme Andrei Arlovski ou Aleksandr Volkov, pour tester sa résistance.
- Une entrée directe dans le top 15, face à un combattant comme Jailton Almeida (actuel n°7 des poids lourds).
- Un rôle dans The Ultimate Fighter, l’émission phare de l’UFC, pour bâtir sa popularité.
Steveson, lui, semble prêt à tout. *« Je ne veux pas juste combattre à l’UFC. Je veux dominer »*, martèle-t-il. *« Je veux être champion du monde, comme je l’ai été en lutte. Et je veux le faire rapidement. »* Avec une telle ambition, et un talent à la hauteur, les fans pourraient bien assister à l’émergence d’une nouvelle icône du MMA.
En attendant, une chose est sûre : Mick Maynard a reçu le message. Et si les rumeurs se confirment, Gable Steveson pourrait fouler l’octogone dès fin 2024. *« Préparez-vous »*, a-t-il lancé en quittant la salle. *« Le spectacle ne fait que commencer. »*

