"Je veux ce combat depuis des mois" : la quête obsessionnelle de Hooker
Quand Dan Hooker monte sur la balance ce vendredi à Doha, ce n’est pas seulement pour un combat de plus. C’est pour **laboutissement d’une stratégie mûrie depuis des mois**. *"J’ai presque supplié l’UFC de me donner Tsarukyan"*, avoue-t-il sans détour. Pourquoi lui ? Parce que l’Arménien, classé n°5 mondial, représentait **le seul adversaire capable de propulser Hooker vers un duel pour le titre** sans passer par trois autres combats.
La confirmation de Dana White, qualifiant ce match de **"combat n°1 pour le titre"**, a agi comme un électrochoc. *"Ce n’était pas une surprise, mais entendre le PDG le dire officiellement… ça change tout"*, confie Hooker. Pour un combattant de 34 ans, avec **40 combats professionnels** au compteur (dont 20 à l’UFC), cette opportunité sent **la dernière chance**. Ou du moins, la plus belle.
Pourtant, Hooker reste méfiant. *"Un combat n°1, ça ne veut pas dire grand-chose si le champion ne veut pas te combattre"*, tempère-t-il. Et Ilia Topuria, sacré en juin 2023 après un KO **spectaculaire** contre Charles Oliveira (un coup de genou volant à 3:30 du 1er round), n’a toujours pas défendu sa ceinture. Les rumeurs parlent d’un retour en **janvier 2026**, dans le cadre d’un méga-événement lié à un partenariat avec **Paramount**. *"Si Topuria attend, je ne peux pas attendre avec lui"*, lance Hooker.
Topuria vs Pimblett : le match que tout le monde veut… sauf Hooker
Pendant que Hooker se prépare pour Tsarukyan, un autre nom s’invite dans les discussions : Paddy Pimblett. L’Anglais, **invaincu à l’UFC** (6 victoires, 0 défaite), a construit une rivalité médiatique avec Topuria, alimentée par des échanges **virulents** sur les réseaux sociaux. *"Pimblett ? Il n’a aucune chance contre Topuria"*, tranche Hooker. *"Il est bon, mais il n’a pas encore affronté le top 5. Moi, je l’ai fait. Plusieurs fois."*
Les chiffres donnent raison à Hooker :
- Pimblett a battu des adversaires classés **n°12 (Tony Ferguson)** et **n°15 (Jared Gordon)**.
- Hooker, lui, a affronté **6 combattants du top 10** (dont Dustin Poirier, Michael Chandler, et Islam Makhachev).
- Topuria, avant son titre, avait déjà dominé **Josh Emmett (n°3)** et **Yair Rodriguez (ex-champion intérimaire)**.
Pourtant, l’UFC adore les **rivalités vendeuses**, et un Topuria vs Pimblett en Angleterre (à Londres ou Manchester) ferait **exploser les records d’audience**. *"Si l’UFC veut ce combat pour l’argent, je ne peux pas les blâmer"*, reconnaît Hooker. *"Mais sportivement, ce n’est pas logique. Pas encore."*
"Je ne suis pas un fairy tale" : la lucidité brutale de Hooker
À 34 ans, avec une carrière débutée en **2009**, Dan Hooker n’est plus un jeune espoir. *"Je ne suis pas là pour raconter une belle histoire"*, assène-t-il. *"Je suis là pour gagner. Point."*
Son parcours est celui d’un **survivant** :
- Une série de **3 défaites** en 2020-2021 (contre Poirier, Chandler, et Makhachev) l’avait éloigné des discussions pour le titre.
- Depuis, il a enchaîné **3 victoires** (dont un KO contre Claudio Puelles en juillet 2023), prouvant qu’il était toujours **dans la course**.
- Contre Tsarukyan, il affronte un adversaire **10 ans plus jeune**, mais avec un style (lutte + boxe) qui lui convient. *"Je dois le garder debout. Si le combat va au sol, je suis mort."*
Hooker assume aussi les **risques** : *"Si je perds, c’est peut-être la fin. Mais je préfère perdre en essayant de devenir champion que de finir ma carrière en combattant des mecs classés n°15."* Une philosophie qui résume son état d’esprit : **tout ou rien**.
Scénarios post-victoire : Topuria, Pimblett… ou l’attente ?
Si Hooker bat Tsarukyan, trois scénarios se dessinent :
- Le duel contre Topuria : Le plus logique sportivement, mais **peu probable avant 2026**. *"Si Topuria veut un combat facile, il prendra Pimblett. S’il veut un vrai défi, il me choisira."*
- Un combat intérimaire : L’UFC pourrait organiser un **tournoi à 4** (Hooker, Pimblett, Beneil Dariush, et un autre prétendant) pour désigner un challenger officiel.
- L’attente forcée : Si Topuria refuse de combattre avant janvier 2026, Hooker pourrait devoir **affronter un autre top 5** (comme Mateusz Gamrot ou Rafael Fiziev) pour rester actif.
*"Je ne contrôle pas les décisions de l’UFC ou de Topuria"*, soupire Hooker. *"Mais je peux contrôler ma performance samedi. Et si je gagne, ils ne pourront plus m’ignorer."* Une certitude : avec une victoire, **il deviendra le prétendant le plus légitime** – et le plus dangereux – pour le titre.
Tsarukyan, l’obstacle ultime avant la gloire
Arman Tsarukyan (21-3) n’est pas un adversaire lambda. À 27 ans, l’Arménien a déjà :
- Battu **Mateusz Gamrot** (n°6 mondial) en 2023.
- Dominé **Damir Ismagulov** (ex-champion M-1) en 2022.
- Un style **hybride** (lutte sambo + boxe précise) qui pose problème à la plupart des poids légers.
La clé ? **Le timing**. *"Je dois le toucher tôt, avant qu’il ne trouve son rythme"*, explique Hooker. *"S’il me prend au sol, c’est fini. Donc je dois le garder à distance avec mes coups de pied et mes jabs."* Une stratégie risquée, mais qui a fait ses preuves contre des lutteurs (comme contre **Gilbert Burns** en 2022).
*"Ce combat, c’est 5 rounds de stress ou 10 secondes de gloire"*, résume Hooker. *"Soit je le KO rapidement, soit je souffre pendant 25 minutes. Mais dans les deux cas, je sors vainqueur."*
*"Je ne suis pas là pour participer. Je suis là pour gagner ce putain de titre."* Le message est clair. Maintenant, il ne reste plus qu’à le prouver.

