Une défaite assumée, mais un esprit intact
Le 22 novembre 2023, l’UFC Fight Night 265 a marqué un tournant pour Dan Hooker. Opposé à Arman Tsarukyan, alors 5ᵉ du classement des poids légers, le Néo-Zélandais a subi une défaite qui aurait pu briser bien des combattants. Pourtant, lors de son entretien avec The Mac Life, Hooker a démontré une lucidité rare : "Quand vous affrontez le numéro un mondial [ndlr : une référence à Tsarukyan, souvent cité comme un futur champion], vous devez accepter que la défaite fasse partie du jeu." Une déclaration qui résume son état d’esprit : celui d’un guerrier qui tire des leçons de chaque combat, sans jamais douter de son potentiel.
Tsarukyan, connu pour son grappling dominant et sa précision technique, a en effet étouffé les tentatives de Hooker, notamment au sol. Malgré cela, "The Hangman" a su marquer les esprits avec des échanges debout mémorables, rappelant pourquoi il reste l’un des combattants les plus appréciés des fans. Son coach, Eugene Bareman (de la célèbre équipe City Kickboxing), a d’ailleurs salué sa résilience : "Dan a montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs, même dans les moments difficiles. C’est ça, un vrai combattant."
Renato Moicano : un adversaire sur mesure pour un retour en force
Plutôt que de s’attarder sur sa défaite, Hooker a rapidement tourné la page en désignant Renato Moicano comme son prochain adversaire. Un choix loin d’être anodin. Classé 10ᵉ, le Brésilien représente un défi à la fois accessible et prestigieux : une victoire contre lui permettrait à Hooker de consolider sa position dans le Top 5, tout en offrant aux fans un duel stylistique fascinant.
Moicano, ancien champion du World Series of Fighting (WSOF) et spécialiste du jiu-jitsu brésilien, incarne en effet l’antithèse du style de Hooker. Là où le Néo-Zélandais excelle dans les échanges debout et les knockouts spectaculaires (11 de ses 22 victoires), le Brésilien mise sur un jeu au sol étouffant et des soumissions (7 victoires par submission). "C’est le genre de combat qui peut tout changer pour moi. Moicano est un adversaire respecté, et le battre enverrait un message clair : je suis toujours là", a confié Hooker. Une confrontation qui, sur le papier, promet d’être un clash de philosophies martiales.
"Sydney ou rien" : l’ambition d’un combat à domicile
Si le choix de l’adversaire est crucial, celui du lieu l’est tout autant. Dan Hooker a clairement exprimé son souhait d’affronter Moicano en Australie, idéalement à Sydney. Une demande qui n’a rien d’anecdotique : combattre près de chez lui, devant ses supporters, pourrait lui offrir un avantage psychologique non négligeable. "Rien ne remplace l’énergie d’un public qui vous soutient. À Sydney, ce serait comme avoir un sixième round dans mon coin", a-t-il expliqué.
Cette préférence n’est pas sans rappeler son combat légendaire contre Paul Felder en 2020, où l’absence de public (en raison de la pandémie) avait privé les fans d’une ambiance électrique. Un regret que Hooker ne souhaite pas revivre. D’autant que l’UFC a déjà organisé des événements en Australie par le passé, comme l’UFC 243 à Melbourne, qui avait battu des records d’affluence. Une opportunité en or pour la promotion, qui pourrait ainsi capitaliser sur la popularité croissante du MMA dans la région.
Derrière les gants : la pression d’un combattant en quête de légende
Ce qui frappe chez Dan Hooker, c’est sa capacité à transformer chaque défaite en carburant. Après son KO face à Michael Chandler en 2021, il avait enchaîné avec une victoire éclatante contre Nasrat Haqparast. Une résilience qui s’explique en partie par son parcours atypique : ancien pompier, Hooker a débuté le MMA sur le tard, à 21 ans, après une carrière en kickboxing. "Je n’ai pas grandi en rêvant de devenir champion. Je me bats parce que j’aime ça, et parce que je veux laisser une trace", confie-t-il.
Pourtant, la pression monte. À 33 ans, Hooker n’est plus tout jeune dans un sport où la fenêtre de succès est étroite. Son équipe, City Kickboxing (qui compte aussi Israel Adesanya et Alexander Volkanovski), mise gros sur lui. Une défaite contre Moicano pourrait le reléguer dans la hiérarchie, tandis qu’une victoire le propulserait vers des affrontements encore plus prestigieux, comme un éventuel rematch contre Dustin Poirier (qu’il a déjà affronté en 2018). "Je ne pense pas à la retraite. Je pense à mon prochain combat, et à comment je peux devenir meilleur", martèle-t-il.
Analyse tactique : comment Hooker peut-il battre Moicano ?
Pour l’emporter face à Moicano, Dan Hooker devra exploiter ses atouts majeurs : sa boxe longue distance et sa résistance cardio. Contrairement à Tsarukyan, qui excelle dans le contrôle au sol, Moicano a montré des faiblesses face à des frappeurs mobiles, comme lors de sa défaite contre Rafael Fiziev en 2022. Hooker, avec son allonge (1,88 m) et sa capacité à enchaîner les coups de pied, pourrait ainsi dicter le rythme debout.
En revanche, il devra absolument éviter les prises de grappling prolongées. Moicano, ceinture noire en jiu-jitsu, est un maître des sweeps et des étranglements. La clé pour Hooker ? Rester mobile, varier les angles d’attaque, et éviter le sol à tout prix. Une stratégie qu’il a déjà employée avec succès contre Gilbert Burns en 2018, où il avait dominé les échanges debout avant de s’incliner (controversément) aux points.
Son coach, Eugene Bareman, a d’ailleurs insisté sur ce point : "Dan doit utiliser son pied avant comme une épée. Toucher, reculer, répéter. Moicano n’aime pas quand on lui impose un rythme effréné." Une approche qui, si elle est bien exécutée, pourrait bien lui offrir une 23ᵉ victoire en carrière.
Et si l’UFC disait non ? Les autres options sur la table
Bien que Hooker ait clairement Moicano en ligne de mire, l’UFC pourrait lui proposer d’autres adversaires. Parmi les noms qui circulent :
- Jalin Turner (12ᵉ) : Un jeune loup des poids légers, connu pour ses knockouts fulgurants. Un combat qui offrirait un contraste générationnel intéressant.
- Rafael dos Anjos (14ᵉ) : Un vétéran expérimenté, idéal pour tester la maturité de Hooker dans un combat tactique.
- Mateusz Gamrot (7ᵉ) : Un défi plus risqué, mais qui pourrait le propulser vers le Top 3 en cas de victoire.
Cependant, Hooker semble déterminé à obtenir son duel contre Moicano. "Je ne veux pas d’un combat facile. Je veux un combat qui a du sens, pour moi et pour les fans. Moicano, c’est ça." Une déclaration qui résonne comme un ultime argument pour convaincre l’UFC.

